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VIAGGIO APOSTOLICO DI SUA SANTITÀ BENEDETTO XVI IN LIBANO IN OCCASIONE DELLA FIRMA E DELLA PUBBLICAZIONE DELL’ESORTAZIONE APOSTOLICA POST-SINODALE DELL’ASSEMBLEA SPECIALE PER IL MEDIO ORIENTE DEL SINODO DEI VESCOVI (14-16 SETTEMBRE 2012) (V), 15.09.2012


 

VISITA DI CORTESIA AL PRESIDENTE DELLA REPUBBLICA DEL LIBANO, NEL PALAZZO PRESIDENZIALE DI BAABDA

Alle ore 9.20 di questa mattina, il Santo Padre Benedetto XVI, dopo aver celebrato la Santa Messa in privato, lascia la Nunziatura Apostolica di Harissa e si trasferisce in auto al Palazzo Presidenziale di Baabda per la visita di cortesia al Presidente della Repubblica del Libano, Gen. Michel Sleiman. Al Suo arrivo, alle ore 10, il Papa è accolto all’ingresso principale dal Presidente della Repubblica e dalla Consorte.

Dopo il colloquio privato, vengono presentati al Santo Padre i familiari del Presidente. Quindi, ha luogo lo scambio dei doni, la firma del Libro d’Oro e la consegna da parte del Papa di una copia dell’Esortazione Apostolica Post-sinodale Ecclesia in Medio Oriente.

[01152-01.01]

INCONTRO PRIVATO CON IL PRESIDENTE DEL PARLAMENTO

Successivamente, nel Salone degli Ambasciatori del Palazzo Presidenziale di Baabda, il Santo Padre Benedetto XVI si intrattiene in colloquio privato con il Presidente del Parlamento, Sig. Nabih Berri. Dopo il colloquio privato e la presentazione dei familiari del Presidente, ha luogo lo scambio dei doni.

Nel corso dell’incontro, il Papa consegna al Presidente del Parlamento una copia dell’Esortazione Apostolica Post-sinodale Ecclesia in Medio Oriente.

[01153-01.01]

INCONTRO PRIVATO CON IL PRESIDENTE DEL CONSIGLIO DEI MINISTRI

Subito dopo, sempre nel Salone degli Ambasciatori del Palazzo Presidenziale di Baabda, il Santo Padre si intrattiene in colloquio privato con il Presidente del Consiglio dei Ministri, Sig. Nagib Mikati. Dopo il colloquio privato e la presentazione dei familiari del Presidente, ha luogo lo scambio dei doni.

Nel corso dell’incontro, il Papa consegna al Presidente del Consiglio dei Ministri una copia dell’Esortazione Apostolica Post-sinodale Ecclesia in Medio Oriente.

[01154-01.01]

INCONTRO CON I CAPI DELLE COMUNITÀ RELIGIOSE MUSULMANE, NEL PALAZZO PRESIDENZIALE DI BAABDA

Alle ore 10.50, nel Salone degli Ambasciatori del Palazzo Presidenziale di Baabda, il Santo Padre Benedetto XVI incontra i Capi delle Comunità musulmane Sunnita, Sciita, Drusa e Alawita. Con il Papa, sono presenti al colloquio il Cardinale Segretario di Stato Tarcisio Bertone, il Patriarca di Antiochia dei Maroniti, S.B. Béchara Boutros Raï, il Presidente del Pontificio Consiglio per il Dialogo Interreligioso, Card. Jean-Louis Tauran e il Nunzio Apostolico in Libano, S.E. Mons. Gabriele Giordano Caccia.

Anche ai Capi delle Comunità musulmane il Santo Padre dona una copia dell’Esortazione Apostolica Post-sinodale Ecclesia in Medio Oriente.

[01155-01.01]

INCONTRO CON I MEMBRI DEL GOVERNO, DELLE ISTITUZIONI DELLA REPUBBLICA, CON IL CORPO DIPLOMATICO, I CAPI RELIGIOSI E RAPPRESENTANTI DEL MONDO DELLA CULTURA, NEL PALAZZO PRESIDENZIALE DI BAABDA

 DISCORSO DEL SANTO PADRE

 TRADUZIONE IN LINGUA ITALIANA

 TRADUZIONE IN LINGUA INGLESE

A conclusione degli incontri privati del Santo Padre Benedetto XVI con le Autorità dello Stato e con i Capi delle Comunità musulmane, il Presidente della Repubblica, Gen Michel Sleiman, accompagna il Papa nell’attiguo giardino del Palazzo per una cerimonia simbolica in cui viene piantato un Cedro del Libano.
Quindi, alle ore 11.15, il Santo Padre e il Presidente entrano nel Salone "25 maggio" dove sono riuniti le Autorità istituzionali, i membri del Governo, il Corpo Diplomatico, i Capi religiosi e i rappresentanti del mondo della cultura, oltre ai membri del Seguito Papale ed ai Patriarchi e Vescovi libanesi.
Nel corso dell’incontro, dopo il discorso del Presidente della Repubblica, Gen. Michel Sleiman, il Papa pronuncia il discorso che riportiamo di seguito:

 DISCORSO DEL SANTO PADRE

Monsieur le Président de la République,
Mesdames et Messieurs les représentants des Autorités parlementaires, gouvernementales, institutionnelles et politiques du Liban,
Mesdames et Messieurs les Chefs de mission diplomatique,
Béatitudes, Responsables religieux,
chers frères dans l’Épiscopat, Mesdames, Messieurs, chers amis,

«سَلامي أُعطيكُم» [« Je vous donne ma paix »] (Jn 14, 27) ! C’est avec cette parole du Christ Jésus que je désire vous saluer et vous remercier de votre accueil et de votre présence. Je vous remercie, Monsieur le Président, non seulement pour vos paroles cordiales mais aussi pour avoir permis cette rencontre. Avec vous, je viens de planter un cèdre du Liban, symbole de votre beau pays. En voyant cet arbrisseau et les soins qu’il demandera pour se fortifier jusqu’à étendre ses branches majestueuses, j’ai pensé à votre pays et à sa destinée, aux Libanais et à leurs espérances, à toutes les personnes de cette Région du monde qui semble connaître les douleurs d’un enfantement sans fin. J’ai alors demandé à Dieu de vous bénir, de bénir le Liban et de bénir tous les habitants de cette Région qui a vu naître de grandes religions et de nobles cultures. Pourquoi Dieu a-t-il choisi cette Région ? Pourquoi vit-elle dans la tourmente ? Dieu l’a choisie, me semble-t-il, afin qu’elle soit exemplaire, afin qu’elle témoigne à la face du monde la possibilité qu’a l’homme de vivre concrètement son désir de paix et de réconciliation ! Cette aspiration est inscrite depuis toujours dans le plan de Dieu, qui l’a imprimée dans le cœur de l’homme. C’est de la paix que je désire vous entretenir car Jésus a dit : «سَلامي أُعطيكُم» [« Je vous donne ma paix »] .

Un pays est avant tout riche des personnes qui vivent en son sein. De chacune d’elles et de toutes ensemble dépend son avenir et sa capacité à s’engager pour la paix. Un tel engagement ne sera possible que dans une société unie. Cependant, l’unité n’est pas l’uniformité. La cohésion de la société est assurée par le respect constant de la dignité de chaque personne et la participation responsable de chacune selon ses capacités en engageant ce qu’il y a de meilleur en elle. Afin d’assurer le dynamisme nécessaire pour construire et consolider la paix, il faut inlassablement revenir aux fondements de l’être humain. La dignité de l’homme est inséparable du caractère sacré de la vie donnée par le Créateur. Dans le dessein de Dieu, chaque personne est unique et irremplaçable. Elle vient au monde dans une famille, qui est son premier lieu d’humanisation, et surtout la première éducatrice à la paix. Pour construire la paix, notre attention doit donc se porter vers la famille afin de faciliter sa tâche, pour ainsi la soutenir et donc promouvoir partout une culture de la vie. L’efficacité de l’engagement pour la paix dépend de la conception que le monde peut avoir de la vie humaine. Si nous voulons la paix, défendons la vie ! Cette logique disqualifie non seulement la guerre et les actes terroristes, mais aussi toute atteinte à la vie de l’être humain, créature voulue par Dieu. L’indifférence ou la négation de ce qui constitue la véritable nature de l’homme empêchent le respect de cette grammaire qu’est la loi naturelle inscrite dans le cœur humain (cf. Message pour la Journée mondiale de la paix 2007, n. 3). La grandeur et la raison d’être de toute personne ne se trouvent qu’en Dieu. Ainsi, la reconnaissance inconditionnelle de la dignité de tout être humain, de chacun de nous, et celle du caractère sacré de la vie impliquent la responsabilité de tous devant Dieu. Nous devons donc unir nos efforts pour développer une saine anthropologie qui intègre l’unité de la personne. Sans elle, il n’est pas possible de construire la paix véritable.

Pour être plus évidentes dans les pays qui connaissent des conflits armés - ces guerres pleines de vanités et d’horreurs -, les atteintes à l’intégrité et à la vie des personnes existent aussi dans d’autres pays. Le chômage, la pauvreté, la corruption, les diverses addictions, l’exploitation, les trafics de toutes sortes et le terrorisme entraînent, avec la souffrance inacceptable de ceux qui en sont victimes, un affaiblissement du potentiel humain. La logique économique et financière veut sans cesse nous imposer son joug et faire primer l’avoir sur l’être ! Mais la perte de chaque vie humaine est une perte pour l’humanité entière. Celle-ci est une grande famille dont nous sommes tous responsables. Certaines idéologies, en remettant en cause de façon directe ou indirecte, ou même légale, la valeur inaliénable de toute personne et le fondement naturel de la famille, sapent les bases de la société. Nous devons être conscients de ces atteintes à l’édification et à l’harmonie du vivre ensemble. Seule une solidarité effective constitue l’antidote à tout cela. Solidarité pour rejeter ce qui fait obstacle au respect de tout être humain, solidarité pour soutenir les politiques et les initiatives qui œuvrent en vue d’unir les peuples de façon honnête et juste. Il est beau de voir les actions de collaboration et de vrai dialogue qui construisent une nouvelle manière de vivre ensemble. Une meilleure qualité de vie et de développement intégral n’est possible que dans le partage des richesses et des compétences, en respectant l’identité de chacun. Mais un tel mode de vie convivial, serein et dynamique ne peut exister sans la confiance en l’autre, quel qu’il soit. Aujourd’hui, les différences culturelles, sociales, religieuses, doivent aboutir à vivre un nouveau type de fraternité, où justement ce qui unit est le sens commun de la grandeur de toute personne, et le don qu’elle est à elle-même, aux autres et à l’humanité. Là se trouve la voie de la paix ! Là est l’engagement qui nous est demandé ! Là est l’orientation qui doit présider aux choix politiques et économiques, à chaque niveau et à l’échelle planétaire !

Pour ouvrir aux générations de demain un avenir de paix, la première tâche est donc celle d’éduquer à la paix pour construire une culture de paix. L’éducation, dans la famille ou à l’école, doit être avant tout l’éducation aux valeurs spirituelles qui donnent à la transmission du savoir et des traditions d’une culture, leur sens et leur force. L’esprit humain a le goût inné du beau, du bien et du vrai. C’est le sceau du divin, la marque de Dieu en lui ! De cette aspiration universelle découle une conception morale ferme et juste, qui place toujours la personne au centre. Mais c’est seulement librement que l’homme peut se tourner vers le bien, car « la dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, personnellement, c’est-à-dire mû et déterminé de l’intérieur, et non sous l’effet de poussées intérieures aveugles ou d’une contrainte purement extérieure » (Gaudium et spes, 17). La tâche de l’éducation est d’accompagner la maturation de la capacité à faire des choix libres et justes, qui peuvent aller à contre-courant des opinions répandues, des modes, des idéologies politiques et religieuses. L’établissement d’une culture de paix est à ce prix ! Il faut évidemment bannir la violence verbale ou physique. Elle est toujours une atteinte à la dignité humaine, celle de l’auteur comme celle de la victime. Par ailleurs, en valorisant les œuvres pacifiques et leur rayonnement pour le bien commun, on crée aussi l’intérêt pour la paix. Comme en témoigne l’histoire, de tels gestes de paix ont un rôle considérable dans la vie sociale, nationale et internationale. L’éducation à la paix formera ainsi des hommes et des femmes généreux et droits, attentifs à tous, et particulièrement aux personnes les plus faibles. Pensées de paix, paroles de paix et gestes de paix créent une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité, où les fautes et les offenses peuvent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. Que les hommes d’État et les responsables religieux y réfléchissent !

Nous devons être bien conscients que le mal n’est pas une force anonyme qui agit dans le monde de façon impersonnelle ou déterministe. Le mal, le démon, passe par la liberté humaine, par l’usage de notre liberté. Il cherche un allié, l’homme. Le mal a besoin de lui pour se déployer. C’est ainsi qu’ayant offensé le 1er commandement, l’amour de Dieu, il en vient à pervertir le second, l’amour du prochain. Avec lui, l’amour du prochain disparaît au profit du mensonge et de l’envie, de la haine et de la mort. Mais il est possible de ne pas se laisser vaincre par le mal et d’être vainqueur du mal par le bien (cf. Rm 12, 21). C’est à cette conversion du cœur que nous sommes appelés. Sans elle, les ‘libérations’ humaines si désirées déçoivent car elles se meuvent dans l’espace réduit concédé par l’étroitesse d’esprit de l’homme, sa dureté, ses intolérances, ses favoritismes, ses désirs de revanche et ses pulsions de mort. La transformation en profondeur de l’esprit et du cœur est nécessaire pour retrouver une certaine clairvoyance et une certaine impartialité, le sens profond de la justice et celui du bien commun. Un regard nouveau et plus libre rendra capable d’analyser et de remettre en cause des systèmes humains qui conduisent à des impasses, afin d’avancer en tenant compte du passé pour ne plus le répéter avec ses effets dévastateurs. Cette conversion demandée est exaltante car elle ouvre des possibilités en faisant appel aux ressources innombrables qui habitent le cœur de tant d’hommes et de femmes désireux de vivre en paix et prêts à s’engager pour la paix. Or elle est particulièrement exigeante : il s’agit de dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner. Car seul le pardon donné et reçu pose les fondements durables de la réconciliation et de la paix pour tous (cf. Rm 12, 16b. 18).

Alors seulement peut croître la bonne entente entre les cultures et les religions, la considération sans condescendance des unes pour les autres et le respect des droits de chacune. Au Liban, la Chrétienté et l’Islam habitent le même espace depuis des siècles. Il n’est pas rare de voir dans la même famille les deux religions. Si dans une même famille cela est possible, pourquoi cela ne le serait-il pas au niveau de l’ensemble de la société ? La spécificité du Moyen-Orient se trouve dans le mélange séculaire de composantes diverses. Certes, elles se sont combattues, hélas aussi ! Une société plurielle n’existe qu’à cause du respect réciproque, du désir de connaître l’autre et du dialogue continu. Ce dialogue entre les hommes n’est possible que dans la conscience qu’il existe des valeurs communes à toutes les grandes cultures, parce qu’elles sont enracinées dans la nature de la personne humaine. Ces valeurs qui sont comme un substrat, expriment les traits authentiques et caractéristiques de l’humanité. Elles appartiennent aux droits de tout être humain. Dans l’affirmation de leur existence, les différentes religions apportent une contribution décisive. N’oublions pas que la liberté religieuse est le droit fondamental dont dépendent beaucoup d’autres. Professer et vivre librement sa religion sans mettre en danger sa vie et sa liberté doit être possible à quiconque. La perte ou l’affaiblissement de cette liberté prive la personne du droit sacré à une vie intègre sur le plan spirituel. La soi-disant tolérance n’élimine pas les discriminations, parfois elle les conforte même. Et sans l’ouverture au transcendant qui permet de trouver des réponses aux interrogations de son cœur sur le sens de la vie et sur la manière de vivre de façon morale, l’homme devient incapable d’agir selon la justice et de s’engager pour la paix. La liberté religieuse a une dimension sociale et politique indispensable à la paix ! Elle promeut une coexistence et une vie harmonieuses par l’engagement commun au service de nobles causes et par la recherche de la vérité qui ne s’impose pas par la violence mais par « la force de la vérité elle-même » (Dignitatis humanae, 1), cette Vérité qui est en Dieu. Car la croyance vécue conduit invariablement à l’amour. La croyance authentique ne peut pas conduire à la mort. L’artisan de paix est humble et juste. Les croyants ont donc aujourd’hui un rôle essentiel, celui de témoigner de la paix qui vient de Dieu et qui est un don fait à tous dans la vie personnelle, familiale, sociale, politique et économique (cf. Mt 5, 9 ; He 12, 14). L’inaction des hommes de bien ne doit pas permettre au mal de triompher. Il est pire encore de ne rien faire.

Ces quelques réflexions sur la paix, la société, la dignité de la personne, sur les valeurs de la famille et de la vie, sur le dialogue et la solidarité ne peuvent demeurer de simples idéaux énoncés. Ils peuvent et doivent être vécus. Nous sommes au Liban et c’est ici qu’ils doivent être vécus. Le Liban est appelé, maintenant plus que jamais, à être un exemple. Politiques, diplomates, religieux, hommes et femmes du monde de la culture, je vous invite donc à témoigner avec courage, à temps et à contretemps autour de vous, que Dieu veut la paix, que Dieu nous confie la paix. «سَلامي أُعطيكُم» [« Je vous donne ma paix »] (Jn 14, 27) nous dit le Christ ! Que Dieu vous bénisse ! Merci !

[01143-03.02] [Texte original: Français]

 TRADUZIONE IN LINGUA ITALIANA

Signor Presidente della Repubblica,
Signore e Signori rappresentanti delle Autorità parlamentari, governative, istituzionali e politiche del Libano,
Signore e Signori Capi delle missioni diplomatiche,
Beatitudini, Responsabili religiosi,
cari fratelli nell’Episcopato, Signore, Signori, cari amici!

«سَلامي أُعطيكُم» (Gv 14,27)! è con questa parola di Cristo Gesù che desidero salutarvi e ringraziarvi della vostra accoglienza e della vostra presenza. La ringrazio, Signor Presidente, non solo per le sue parole cordiali ma anche per aver permesso questo incontro. Assieme a Lei, ho appena piantato un cedro del Libano, simbolo del vostro bel Paese. Vedendo questo alberello e le cure di cui avrà bisogno per fortificarsi fino a stendere i suoi rami maestosi, ho pensato al vostro Paese e al suo destino, ai Libanesi e alle loro speranze, a tutte le persone di questa Regione del mondo che sembra conoscere i dolori di un parto senza fine. Allora ho domandato a Dio di benedirvi, di benedire il Libano e di benedire tutti gli abitanti di questa Regione che ha visto nascere grandi religioni e nobili culture. Perché Dio ha scelto questa Regione ? Perché essa vive nella tormenta? Dio l’ha scelta, mi sembra, affinché sia esemplare, affinché testimoni di fronte al mondo la possibilità che l’uomo ha di vivere concretamente il suo desiderio di pace e di riconciliazione! Questa aspirazione è inscritta da sempre nel piano di Dio, che l’ha impressa nel cuore dell’uomo. È sulla pace che desidero intrattenervi perché Gesù ha detto: «سَلامي أُعطيكُم».

Un paese è ricco anzitutto delle persone che vivono al suo interno. Da ciascuna di esse e da tutte insieme dipende il suo futuro e la sua capacità di impegnarsi per la pace. Un tale impegno non sarà possibile che in una società unita. Tuttavia, l’unità non è l’uniformità. La coesione della società è assicurata dal rispetto costante della dignità di ogni persona e dalla partecipazione responsabile di ciascuna secondo le sue capacità, impegnando ciò che di meglio vi è in essa. Al fine di assicurare il dinamismo necessario per costruire e consolidare la pace, occorre instancabilmente tornare ai fondamenti dell’essere umano. La dignità dell’uomo è inseparabile dal carattere sacro della vita donata dal Creatore. Nel disegno di Dio, ogni persona è unica e insostituibile. Essa viene al mondo in una famiglia, che è il suo primo luogo di umanizzazione, e soprattutto la prima educatrice alla pace. Per costruire la pace, la nostra attenzione deve dunque portarsi verso la famiglia, al fine di facilitare il suo compito, per sostenerla così e dunque promuovere dappertutto una cultura di vita. L’efficacia dell’impegno per la pace dipende dalla concezione che il mondo può avere della vita umana. Se vogliamo la pace, difendiamo la vita! Questa logica squalifica non solo la guerra e gli atti terroristici, ma anche ogni attentato alla vita dell’essere umano, creatura voluta da Dio. L’indifferenza o la negazione di ciò che costituisce la vera natura dell’uomo impediscono il rispetto di questa grammatica che è la legge naturale inscritta nel cuore umano (cfr Messaggio per la Giornata mondiale della pace 2007, 3). La grandezza e la ragion d’essere di ogni persona non si trovano che in Dio. Così, il riconoscimento incondizionato della dignità di ogni essere umano, di ciascuno di noi, e quella del carattere sacro della vita implicano la responsabilità di tutti davanti a Dio. Dobbiamo dunque unire i nostri sforzi per sviluppare una sana antropologia che comprenda l’unità della persona. Senza di essa, non è possibile costruire l’autentica pace.

Benché siano più evidenti nei Paesi che conoscono conflitti armati – queste guerre piene di vanità e di orrori –, gli attentati all’integrità e alla vita delle persone esistono anche in altri Paesi. La disoccupazione, la povertà, la corruzione, le diverse dipendenze, lo sfruttamento, i traffici di ogni sorta e il terrorismo implicano, assieme alla sofferenza inaccettabile di quanti ne sono vittime, un indebolimento del potenziale umano. La logica economica e finanziaria vuole continuamente imporci il suo giogo e far primeggiare l’avere sull’essere! Ma la perdita di ogni vita umana è una perdita per l’umanità intera. Questa è una grande famiglia di cui siamo tutti responsabili. Certe ideologie, mettendo in causa in modo diretto o indiretto, o persino legale, il valore inalienabile di ogni persona e il fondamento naturale della famiglia, minano le basi della società. Dobbiamo essere coscienti di questi attentati all’edificazione e all’armonia del vivere insieme. Solo una solidarietà effettiva costituisce l’antidoto a tutto questo. Solidarietà per respingere ciò che ostacola il rispetto di ogni essere umano, solidarietà per sostenere le politiche e le iniziative volte ad unire i popoli in modo onesto e giusto. È bello vedere le azioni di collaborazione e di vero dialogo che costruiscono una nuova maniera di vivere insieme. Una migliore qualità di vita e di sviluppo integrale non è possibile che nella condivisione delle ricchezze e delle competenze, rispettando la dignità di ciascuno. Ma un tale stile di vita conviviale, sereno e dinamico non può esistere senza la fiducia nell’altro, chiunque sia. Oggi, le differenze culturali, sociali, religiose, devono approdare a vivere un nuovo tipo di fraternità, dove appunto ciò che unisce è il senso comune della grandezza di ogni persona, e il dono che essa è per se stessa, per gli altri e per l’umanità. Qui si trova la via della pace ! Qui è l’impegno che ci è richiesto! Qui è l’orientamento che deve presiedere alle scelte politiche ed economiche, ad ogni livello e su scala planetaria!

Per aprire alle generazioni di domani un futuro di pace, il primo compito è dunque quello di educare alla pace per costruire una cultura di pace. L’educazione, nella famiglia o a scuola, dev’essere anzitutto educazione ai valori spirituali che conferiscono alla trasmissione del sapere e delle tradizioni di una cultura il loro senso e la loro forza. Lo spirito umano ha il gusto innato del bello, del bene e del vero. È il sigillo del divino, l’impronta di Dio in esso! Da questa aspirazione universale deriva una concezione morale ferma e giusta, che pone sempre la persona al centro. Ma è solo nella libertà che l’uomo può volgersi verso il bene, perché «la dignità dell’uomo richiede che egli agisca secondo una scelta consapevole e libera, cioè mosso e indotto personalmente dal di dentro, e non per un cieco impulso interno o per mera coazione esterna» (Gaudium et spes, 17). Il compito dell’educazione è di accompagnare la maturazione della capacità di fare scelte libere e giuste, che possano andare contro-corrente rispetto alle opinioni diffuse, alle mode, alle ideologie politiche e religiose. L’affermarsi di una cultura di pace ha questo prezzo! Occorre evidentemente bandire la violenza verbale o fisica. Essa è sempre un oltraggio alla dignità umana, sia dell’autore sia della vittima. D’altronde, valorizzando le opere pacifiche e il loro influsso per il bene comune, si crea anche l’interesse per la pace. Come testimonia la storia, tali gesti di pace hanno un ruolo considerevole nella vita sociale, nazionale e internazionale. L’educazione alla pace formerà così uomini e donne generosi e retti, attenti a tutti, e particolarmente alle persone più deboli. Pensieri di pace, parole di pace e gesti di pace creano un’atmosfera di rispetto, di onestà e di cordialità, dove gli sbagli e le offese possono essere riconosciuti in verità per avanzare insieme verso la riconciliazione. Che gli uomini di Stato e i responsabili religiosi vi riflettano!

Dobbiamo essere ben coscienti che il male non è una forza anonima che agisce nel mondo in modo impersonale o deterministico. Il male, il demonio, passa attraverso la libertà umana, attraverso l’uso della nostra libertà. Cerca un alleato, l’uomo. Il male ha bisogno di lui per diffondersi. È così che, avendo offeso il primo comandamento, l’amore di Dio, viene a pervertire il secondo, l’amore del prossimo. Con lui, l’amore del prossimo sparisce a vantaggio della menzogna e dell’invidia, dell’odio e della morte. Ma è possibile non lasciarsi vincere dal male e vincere il male con il bene (cfr Rm 12, 21). È a questa conversione del cuore che siamo chiamati. Senza di essa, le «liberazioni» umane tanto desiderate deludono, perché si muovono nello spazio ridotto concesso dalla ristrettezza di spirito dell’uomo, dalla sua durezza, dalle sue intolleranze, dai suoi favoritismi, dai suoi desideri di rivincita e dalle sue pulsioni di morte. La trasformazione in profondità dello spirito e del cuore è necessaria per ritrovare una certa chiaroveggenza e una certa imparzialità, il senso profondo della giustizia e quello del bene comune. Uno sguardo nuovo e più libero renderà capaci di analizzare e di mettere in discussione sistemi umani che conducono a vicoli ciechi, per andare avanti tenendo conto del passato, per non ripeterlo più con i suoi effetti devastanti. Questa conversione richiesta è esaltante perché apre delle possibilità facendo appello alle innumerevoli risorse che abitano il cuore di tanti uomini e donne desiderosi di vivere in pace e pronti ad impegnarsi per la pace. Ora essa è particolarmente esigente: si tratta di dire no alla vendetta, di riconoscere i propri torti, di accettare le scuse senza cercarle, e infine di perdonare. Perché solo il perdono dato e ricevuto pone le fondamenta durevoli della riconciliazione e della pace per tutti (cfr Rm 12,16b.18).

Solo allora può crescere la buona intesa tra le culture e le religioni, la stima delle une per le altre senza sensi di superiorità e nel rispetto dei diritti di ciascuna. In Libano, la Cristianità e l’Islam abitano lo stesso spazio da secoli. Non è raro vedere nella stessa famiglia entrambe le religioni. Se in una stessa famiglia questo è possibile, perché non dovrebbe esserlo a livello dell’intera società? La specificità del Medio Oriente consiste nella mescolanza secolare di componenti diverse. Certo, ahimè, esse si sono anche combattute! Una società plurale esiste soltanto per effetto del rispetto reciproco, del desiderio di conoscere l’altro e del dialogo continuo. Questo dialogo tra gli uomini è possibile solamente nella consapevolezza che esistono valori comuni a tutte le grandi culture, perché sono radicate nella natura della persona umana. Questi valori, che sono come un substrato, esprimono i tratti autentici e caratteristici dell'umanità. Essi appartengono ai diritti di ogni essere umano. Nell'affermazione della loro esistenza, le diverse religioni recano un contributo decisivo. Non dimentichiamo che la libertà religiosa è il diritto fondamentale da cui molti altri dipendono. Professare e vivere liberamente la propria religione senza mettere in pericolo la propria vita e la propria libertà deve essere possibile a chiunque. La perdita o l'indebolimento di questa libertà priva la persona del sacro diritto ad una vita integra sul piano spirituale. La sedicente tolleranza non elimina le discriminazioni, talvolta invece le rinforza. E senza l'apertura al trascendente, che permette di trovare risposte agli interrogativi del cuore sul senso della vita e sulla maniera di vivere in modo morale, l'uomo diventa incapace di agire secondo giustizia e di impegnarsi per la pace. La libertà religiosa ha una dimensione sociale e politica indispensabile alla pace! Essa promuove una coesistenza ed una vita armoniose attraverso l'impegno comune al servizio di nobili cause e la ricerca della verità, che non si impone con la violenza ma con «la forza stessa della verità» (Dignitatis humanae, 1), quella Verità che è in Dio. Perché la fede vissuta conduce inevitabilmente all'amore. La fede autentica non può condurre alla morte. L'artigiano di pace è umile e giusto. I credenti hanno dunque oggi un ruolo essenziale, quello di testimoniare la pace che viene da Dio e che è un dono fatto a tutti nella vita personale, familiare, sociale, politica ed economica (cfr Mt 5,9; Eb 12,14). L'inoperosità degli uomini dabbene non deve permettere al male di trionfare. E il non far nulla è ancora peggio.

Queste brevi riflessioni sulla pace, la società, la dignità della persona, sui valori della famiglia e della vita, sul dialogo e la solidarietà non possono rimanere ideali semplicemente enunciati. Possono e devono essere vissuti. Siamo in Libano ed è qui che devono essere vissuti. Il Libano è chiamato, ora più che mai, ad essere un esempio. Politici, diplomatici, religiosi, uomini e donne del mondo della cultura, vi invito dunque a testimoniare con coraggio intorno a voi, a tempo opportuno e inopportuno, che Dio vuole la pace, che Dio ci affida la pace. «سَلامي أُعطيكُم», dice Cristo (Gv 14,27)! Dio vi benedica! Grazie!

[01143-01.02] [Testo originale: Francese]

 TRADUZIONE IN LINGUA INGLESE

Mr President,
Representatives of the Parliamentary, Governmental, Institutional and Political Authorities of Lebanon,
Chiefs of Diplomatic Missions,
Your Beatitudes, Religious Leaders,
Brother Bishops, Ladies and Gentlemen, Dear Friends,

«سَلامي أُعطيكُم» (Jn 14:27)! With these words of Christ Jesus, I greet you and I thank you for your presence and your warm welcome. Mr President, I am grateful to you not only for your cordial words of welcome but also for having allowed this meeting to take place. With you, I have just planted a cedar of Lebanon, the symbol of your beautiful country. In looking at this sapling, and thinking of the care which it will need in order to grow and stretch forth its majestic branches, I think of this country and its future, the Lebanese people and their hopes, and all the people of this region which seems to endure interminable birth pangs. I have asked God to bless you, to bless Lebanon and all who dwell in these lands which saw the birth of great religions and noble cultures. Why did God choose these lands? Why is their life so turbulent? God chose these lands, I think, to be an example, to bear witness before the world that every man and woman has the possibility of concretely realizing his or her longing for peace and reconciliation! This aspiration is part of God’s eternal plan and he has impressed it deep within the human heart. So I would like to speak to you about peace, echoing Jesus’ invocation: «سَلامي أُعطيكُم».

The wealth of any country is found primarily in its inhabitants. The country’s future depends on them, individually and collectively, as does its capacity to work for peace. A commitment to peace is possible only in a unified society. Unity, on the other hand, is not the same as uniformity. Social cohesion requires unstinting respect for the dignity of each person and the responsible participation of all in contributing the best of their talents and abilities. The energy needed to build and consolidate peace also demands that we constantly return to the wellsprings of our humanity. Our human dignity is inseparable from the sacredness of life as the gift of the Creator. In God’s plan, each person is unique and irreplaceable. A person comes into this world in a family, which is the first locus of humanization, and above all the first school of peace. To build peace, we need to look to the family, supporting it and facilitating its task, and in this way promoting an overall culture of life. The effectiveness of our commitment to peace depends on our understanding of human life. If we want peace, let us defend life! This approach leads us to reject not only war and terrorism, but every assault on innocent human life, on men and women as creatures willed by God. Wherever the truth of human nature is ignored or denied, it becomes impossible to respect that grammar which is the natural law inscribed in the human heart (cf. Message for the 2007 World Day of Peace, 3). The grandeur and the raison d’être of each person are found in God alone. The unconditional acknowledgement of the dignity of every human being, of each one of us, and of the sacredness of human life, is linked to the responsibility which we all have before God. We must combine our efforts, then, to develop a sound vision of man, respectful of the unity and integrity of the human person. Without this, it is impossible to build true peace.

While more evident in countries which are experiencing armed conflict – those wars so full of futility and horror – there are assaults on the integrity and the lives of individuals taking place in other countries too. Unemployment, poverty, corruption, a variety of addictions, exploitation, different forms of trafficking, and terrorism not only cause unacceptable suffering to their victims but also a great impoverishment of human potential. We run the risk of being enslaved by an economic and financial mindset which would subordinate "being" to "having"! The destruction of a single human life is a loss for humanity as a whole. Mankind is one great family for which all of us are responsible. By questioning, directly or indirectly, or even before the law, the inalienable value of each person and the natural foundation of the family, some ideologies undermine the foundations of society. We need to be conscious of these attacks on our efforts to build harmonious coexistence. Only effective solidarity can act as an antidote, solidarity that rejects whatever obstructs respect for each human being, solidarity that supports policies and initiatives aimed at bringing peoples together in an honest and just manner. It is heartening to see examples of cooperation and authentic dialogue bearing fruit in new forms of coexistence. A better quality of life and integral development are only possible when wealth and competences are shared in a spirit of respect for the identity of each individual. But this kind of cooperative, serene and animated way of life is impossible without trust in others, whoever they may be. Nowadays, our cultural, social and religious differences should lead us to a new kind of fraternity wherein what rightly unites us is a shared sense of the greatness of each person and the gift which others are to themselves, to those around them and to all humanity. This is the path to peace! This is the commitment demanded of us! This is the approach which ought to guide political and economic decisions at every level and on a global scale!

In order to make possible a future of peace for coming generations, our first task is to educate for peace in order to build a culture of peace. Education, whether it takes place in the family or at school, must be primarily an education in those spiritual values which give the wisdom and traditions of each culture their ultimate meaning and power. The human spirit has an innate yearning for beauty, goodness and truth. This is a reflection of the divine, God’s mark on each person! This common aspiration is the basis for a sound and correct notion of morality, which is always centred on the person. Yet men and women can turn towards goodness only of their own free will, for "human dignity requires them to act out of a conscious and free choice, as moved in a personal way from within, and not by their own blind impulses or by exterior constraint" (Gaudium et Spes, 17). The goal of education is to guide and support the development of the freedom to make right decisions, which may run counter to widespread opinions, the fashions of the moment, or forms of political and religious ideology. This is the price of building a culture of peace! Evidently, verbal and physical violence must be rejected, for these are always an assault on human dignity, both of the perpetrator and the victim. Emphasizing peacemaking and its positive effect for the common good also creates interest in peace. As history shows, peaceful actions have a significant effect on local, national and international life. Education for peace will form men and women who are generous and upright, attentive to all, especially those most in need. Thoughts of peace, words of peace and acts of peace create an atmosphere of respect, honesty and cordiality, where faults and offences can be truthfully acknowledged as a means of advancing together on the path of reconciliation. May political and religious leaders reflect on this!

We need to be very conscious that evil is not some nameless, impersonal and deterministic force at work in the world. Evil, the devil, works in and through human freedom, through the use of our freedom. It seeks an ally in man. Evil needs man in order to act. Having broken the first commandment, love of God, it then goes on to distort the second, love of neighbour. Love of neighbour disappears, yielding to falsehood, envy, hatred and death. But it is possible for us not to be overcome by evil but to overcome evil with good (cf. Rom 12:21). It is to this conversion of heart that we are called. Without it, all our coveted human "liberations" prove disappointing, for they are curtailed by our human narrowness, harshness, intolerance, favouritism and desire for revenge. A profound transformation of mind and heart is needed to recover a degree of clarity of vision and impartiality, and the profound meaning of the concepts of justice and the common good. A new and freer way of looking at these realities will enable us to evaluate and challenge those human systems which lead to impasses, and to move forward with due care not to repeat past mistakes with their devastating consequences. The conversion demanded of us can also be exhilarating, since it creates possibilities by appealing to the countless resources present in the hearts of all those men and women who desire to live in peace and are prepared to work for peace. True, it is quite demanding: it involves rejecting revenge, acknowledging one’s faults, accepting apologies without demanding them, and, not least, forgiveness. Only forgiveness, given and received, can lay lasting foundations for reconciliation and universal peace (cf. Rom 12:16b, 18).

Only in this way can there be growth in understanding and harmony between cultures and religions, and in genuine mutual esteem and respect for the rights of all. In Lebanon, Christianity and Islam have lived side by side for centuries. It is not uncommon to see the two religions within the same family. If this is possible within the same family, why should it not be possible at the level of the whole of society? The particular character of the Middle East consists in the centuries-old mix of diverse elements. Admittedly, they have fought one another, sadly that is also true. A pluralistic society can only exist on the basis of mutual respect, the desire to know the other, and continuous dialogue. Such dialogue is only possible when the parties are conscious of the existence of values which are common to all great cultures because they are rooted in the nature of the human person. This substratum of values expresses man’s true humanity. These values are inseparable from the rights of each and every human being. By upholding their existence, the different religions make a decisive contribution. It cannot be forgotten that religious freedom is the basic right on which many other rights depend. The freedom to profess and practise one’s religion without danger to life and liberty must be possible to everyone. The loss or attenuation of this freedom deprives the person of his or her sacred right to a spiritually integrated life. What nowadays passes for tolerance does not eliminate cases of discrimination, and at times it even reinforces them. Without openness to transcendence, which makes it possible to find answers to their deepest questions about the meaning of life and morally upright conduct, men and women become incapable of acting justly and working for peace. Religious freedom has a social and political dimension which is indispensable for peace! It promotes a harmonious life for individuals and communities by a shared commitment to noble causes and by the pursuit of truth, which does not impose itself by violence but rather "by the force of its own truth" (Dignitatis Humanae, 1): the Truth which is in God. A lived faith leads invariably to love. Authentic faith does not lead to death. The peacemaker is humble and just. Thus believers today have an essential role, that of bearing witness to the peace which comes from God and is a gift bestowed on all of us in our personal, family, social, political and economic life (cf. Mt 5:9; Heb 12:14). The failure of upright men and women to act must not permit evil to triumph. It is worse still to do nothing.

These few reflections on peace, society, the dignity of the person, the values of family life, dialogue and solidarity, must not remain a simple statement of ideals. They can and must be lived out. We are in Lebanon, and it is here that they must be lived out. Lebanon is called, now more than ever, to be an example. And so I invite you, politicians, diplomats, religious leaders, men and women of the world of culture, to testify with courage, in season and out of season, wherever you find yourselves, that God wants peace, that God entrusts peace to us. «سَلامي أُعطيكُم» (Jn 14:27) says Christ! May God bless you! Thank you!

[01143-02.02] [Original text: French]

Al termine dell’incontro, il Santo Padre rientra in auto alla Nunziatura Apostolica di Harissa, da dove, alle ore 13.15, si trasferisce al Patriarcato Armeno-Cattolico di Bzommar per il pranzo con i Patriarchi e i Vescovi del Libano, i membri del Consiglio Speciale per il Medio Oriente del Sinodo dei Vescovi e il Seguito Papale.
Accolto al Suo arrivo dal Patriarca di Cilicia degli Armeni S.B. Nersès Bédros XIX Tarmouni, il Papa benedice la statua del monaco armeno Hagop, estensore del primo libro stampato in lingua armena, pubblicato nel 1512.
Concluso il pranzo, il Santo Padre fa ritorno alla Nunziatura Apostolica di Harissa.

[B0513-XX.02]