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VIAGGIO APOSTOLICO DI SUA SANTITÀ BENEDETTO XVI IN FRANCIA IN OCCASIONE DEL 150° ANNIVERSARIO DELLE APPARIZIONI DI LOURDES (12-15 SETTEMBRE 2008) (X), 14.09.2008


VIAGGIO APOSTOLICO DI SUA SANTITÀ BENEDETTO XVI IN FRANCIA IN OCCASIONE DEL 150° ANNIVERSARIO DELLE APPARIZIONI DI LOURDES (12-15 SETTEMBRE 2008) (X)

CONCLUSIONE DELLA PROCESSIONE EUCARISTICA NELLA PRAIRIE DI LOURDES 

  MEDITAZIONE DEL SANTO PADRE

  TRADUZIONE IN LINGUA ITALIANA

  TRADUZIONE IN LINGUA INGLESE

  TRADUZIONE IN LINGUA SPAGNOLA

 TRADUZIONE IN LINGUA TEDESCA

Alle ore 18.30, il Santo Padre Benedetto XVI partecipa dal podio alla parte finale della Processione Eucaristica nella Prairie di Lourdes e pronuncia la meditazione che riportiamo di seguito:

 MEDITAZIONE DEL SANTO PADRE

Seigneur Jésus, tu es là !
Et vous, mes frères, mes sœurs, mes amis,
Vous êtes là, avec moi, devant Lui !

Seigneur, voici deux mille ans, tu as accepté de monter sur une Croix d'infamie pour ensuite ressusciter et demeurer à jamais avec nous tes frères, tes sœurs !

Et vous, mes frères, mes sœurs, mes amis,
Vous acceptez de vous laisser saisir par Lui.

Nous Le contemplons.
Nous L'adorons.
Nous L'aimons. Nous cherchons à L'aimer davantage.

Nous contemplons Celui qui, au cours de son repas pascal, a donné son Corps et son Sang à ses disciples, pour être avec eux « tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20).

Nous adorons Celui qui est au principe et au terme de notre foi, Celui sans qui nous ne serions pas là ce soir, Celui sans qui nous ne serions pas du tout, Celui sans qui rien ne serait, rien, absolument rien ! Lui, par qui « tout a été fait » (Jn 1, 3), Lui en qui nous avons été créés, pour l'éternité, Lui qui nous a donné son propre Corps et son propre Sang, Il est là, ce soir, devant nous, offert à nos regards.

Nous aimons - et nous cherchons à aimer davantage – Celui qui est là, devant nous, offert à nos regards, à nos questions peut-être, à notre amour.

Que nous marchions – ou que nous soyons cloués sur un lit de souffrance, que nous marchions dans la joie – ou que nous soyons dans le désert de l'âme (cf. Nb 21, 5), Seigneur, prends-nous tous dans ton Amour : dans l'Amour infini, qui est éternellement Celui du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, celui du Père et du Fils pour l'Esprit, et de l’Esprit pour le Père et pour le Fils.

L'Hostie Sainte exposée à nos yeux dit cette Puissance infinie de l'Amour manifestée sur la Croix glorieuse. L'Hostie Sainte nous dit l'incroyable abaissement de Celui qui s'est fait pauvre pour nous faire riches de Lui, Celui qui a accepté de tout perdre pour nous gagner à son Père. L'Hostie Sainte est le Sacrement vivant, efficace de la présence éternelle du Sauveur des hommes à son Église.

Mes frères, mes sœurs, mes amis,
Acceptons, acceptez de vous offrir à Celui qui nous a tout donné, qui est venu non pour juger le monde, mais pour le sauver (cf. Jn 3, 17), acceptez de reconnaître la présence agissante en vos vies de Celui qui est ici présent, exposé à nos regards. Acceptez de Lui offrir vos propres vies!

Marie, la Vierge sainte, Marie, l'Immaculée Conception, a accepté, voici deux mille ans, de tout donner, d'offrir son corps pour accueillir le Corps du Créateur. Tout est venu du Christ, même Marie ; tout est venu par Marie, même le Christ.

Marie, la Vierge sainte, est avec nous ce soir, devant le Corps de son Fils, cent cinquante ans après s'être révélée à la petite Bernadette.

Vierge sainte, aidez-nous à contempler, aidez-nous à adorer, aidez-nous à aimer, à aimer davantage Celui qui nous a tant aimés, pour vivre éternellement avec Lui.

Une foule immense de témoins est invisiblement présente à nos côtés, tout près de cette grotte bénie et devant cette église voulue par la Vierge Marie ;
la foule de tous ceux et de toutes celles qui ont contemplé, vénéré, adoré, la présence réelle de Celui qui s’est donné à nous jusqu'à sa dernière goutte de sang ;
la foule de tous ceux et de toutes celles qui ont passé des heures à L'adorer dans le Très Saint Sacrement de l'autel.

Ce soir, nous ne les voyons pas, mais nous les entendons qui nous disent, à chacun et à chacune d'entre nous : « Viens, laisse-toi appeler par le Maître ! Il est là ! Il t'appelle (cf. Jn 11, 28) ! Il veut prendre ta vie et l'unir à la sienne. Laisse-toi saisir par Lui. Ne regarde plus tes blessures, regarde les siennes. Ne regarde pas ce qui te sépare encore de Lui et des autres ; regarde l'infinie distance qu'Il a abolie en prenant ta chair, en montant sur la Croix que Lui ont préparée les hommes et en se laissant mettre à mort pour te montrer son amour. Dans ses blessures, Il te prend ; dans ses blessures, II t’y cache (…), ne te refuse pas à son Amour ! ».

La foule immense de témoins qui s'est laissée saisir par son Amour, c'est la foule des saints du ciel qui ne cessent d'intercéder pour nous. Ils étaient pécheurs et le savaient, mais ils ont accepté de ne pas regarder leurs blessures et de ne plus regarder que les blessures de leur Seigneur, pour y découvrir la gloire de la Croix, pour y découvrir la victoire de la Vie sur la mort. Saint Pierre-Julien Eymard nous dit tout, lorsqu'il s'écrie : « La sainte Eucharistie, c'est Jésus-Christ passé, présent et futur » ( Sermons et instructions paroissiales d’après 1856, 4-2,1. De la méditation).

Jésus-Christ passé, dans la vérité historique de la soirée au cénacle, où nous ramène toute célébration de la sainte Messe.

Jésus-Christ présent, parce qu'il nous dit : « Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps, ceci est mon sang ». « Ceci EST », au présent, ici et maintenant, comme dans tous les ici et maintenant de l'histoire des hommes. Présence réelle, présence qui dépasse nos pauvres lèvres, nos pauvres cœurs, nos pauvres pensées. Présence offerte à nos regards comme ici, ce soir, près de cette grotte où Marie s'est révélée comme l’Immaculée Conception.

L'Eucharistie est aussi Jésus-Christ futur, Jésus-Christ à venir. Lorsque nous contemplons l'Hostie Sainte, son Corps de gloire transfiguré et ressuscité, nous contemplons ce que nous contemplerons dans l'éternité, en y découvrant le monde entier porté par son Créateur à chaque seconde de son histoire. Chaque fois que nous Le mangeons, mais aussi chaque fois que nous Le contemplons, nous L'annonçons, jusqu'à ce qu'Il revienne, « donec veniat  ». C'est pourquoi nous Le recevons avec un infini respect.

Certains parmi nous ne peuvent pas ou ne peuvent pas encore Le recevoir dans le Sacrement, mais ils peuvent Le contempler avec foi et amour, et exprimer le désir de pouvoir s’unir à Lui. C’est un désir qui a une grande valeur aux yeux de Dieu. Ceux-ci attendent son retour avec plus d’ardeur ; Ils attendent Jésus-Christ à venir.

Lorsqu’une amie de Bernadette lui posa la question le lendemain de sa première communion : « De quoi as-tu été la plus heureuse : de la première communion ou des apparitions ? », Bernadette répondit : « Ce sont deux choses qui vont ensemble, mais ne peuvent être comparées – J’ai été heureuse dans les deux » (Emmanuélite Estrade, 4 juin 1858). Et son curé témoignait à l’Évêque de Tarbes au sujet de sa première communion : « Bernadette fut d’un grand recueillement, d’une attention qui ne laissait rien à désirer … Elle apparaissait bien pénétrée de l’action sainte qu’elle faisait. Tout se développe en elle d’une façon étonnante ».

Avec Pierre-Julien Eymard et avec Bernadette, nous invoquons le témoignage de tant et tant de saints et de saintes qui ont eu pour la sainte Eucharistie le plus grand amour. Nicolas Cabasilas s'écrie et nous dit ce soir : « Si le Christ demeure en nous, de quoi avons-nous besoin ? Que nous manque-t-il ? Si nous demeurons en Christ, que pouvons-nous désirer de plus ? Il est notre hôte et notre demeure. Heureux sommes-nous d'être Sa maison ! Quelle joie d'être nous-mêmes la demeure d'un tel habitant ! » (La vie en Jésus-Christ, IV, 6).

Le bienheureux Charles de Foucauld est né en 1858, l'année même des apparitions de Lourdes. Non loin de son corps raidi par la mort, se trouvait, comme le grain de blé jeté à terre, la lunule contenant le Saint-Sacrement que frère Charles adorait chaque jour durant de longues heures. Le Père de Foucauld nous livre la prière de l'intime de son cœur, une prière adressée à notre Père, mais qu'avec Jésus nous pouvons en toute vérité faire nôtre devant la Sainte Hostie:

« `Mon Père, je remets mon esprit entre Vos mains'.
C'est la dernière prière de notre Maître, de notre Bien-Aimé... Puisse-t-elle être la nôtre, et qu'elle soit non seulement celle de notre dernier instant, mais celle de tous nos instants :
Mon Père, je me remets entre vos mains ; mon Père, je me confie à vous ; mon Père, je m'abandonne à Vous ; mon Père, faites de moi ce qu'il Vous plaira ; quoi que Vous fassiez de moi, je Vous remercie ; merci de tout ; je suis prêt à tout, j'accepte tout ; je Vous remercie de tout. Pourvu que Votre volonté se fasse en moi, mon Dieu, pourvu que Votre volonté se fasse en toutes Vos créatures, en tous Vos enfants, en tous ceux que Votre cœur aime, je ne désire rien d'autre, mon Dieu ; je remets mon âme entre Vos mains ; je Vous la donne, mon Dieu, avec tout l'amour de mon cœur, parce que je Vous aime, et que ce m'est un besoin d'amour de me donner, de me remettre entre Vos mains, sans mesure, avec une infinie confiance, car Vous êtes mon Père
» (Méditation sur les Saints Évangiles).

Frères et sœurs bien-aimés, pèlerins d'un jour et habitants de ces vallées, frères évêques, prêtres, diacres, religieux, religieuses, vous tous qui voyez devant vous l'infini abaissement du Fils de Dieu et la gloire infinie de la Résurrection, restez en silence et adorez votre Seigneur, notre Maître et Seigneur Jésus le Christ. Restez en silence, puis parlez et dites au monde : nous ne pouvons plus taire ce que nous savons. Allez dire au monde entier les merveilles de Dieu, présent à chaque moment de nos vies, en tout lieu de la terre. Que Dieu nous bénisse et nous garde, qu'Il nous conduise sur le chemin de la vie éternelle, Lui qui est la Vie, pour les siècles des siècles. Amen.

[01422-03.01] [Texte original: Français]

 TRADUZIONE IN LINGUA ITALIANA

Signore Gesù, Tu sei qui !
E voi, miei fratelli, mie sorelle, miei amici,
voi pure siete qui, con me, davanti a Lui!

Signore, duemila anni or sono, Tu hai accettato di salire su di una croce d’infamia per poi risuscitare e restare sempre con noi, tuoi fratelli, tue sorelle.

E voi, miei fratelli, mie sorelle, miei amici,
voi accettate di lasciarvi afferrare da Lui.

Noi Lo contempliamo.
Noi L’adoriamo.
Noi L’amiamo. E cerchiamo di amarLo di più.

Noi contempliamo Colui che, nel corso della cena pasquale, ha donato il suo Corpo e il suo Sangue ai discepoli, per essere con loro "tutti i giorni fino alla fine del mondo" (Mt 28,20).

Noi adoriamo Colui che è all’inizio e alla fine della nostra fede, Colui senza il quale noi non saremmo qui sta sera. Colui senza il quale noi non ci saremmo per nulla. Colui senza il quale nulla vi sarebbe, nulla, assolutamente nulla! Lui, per mezzo del quale "tutto è stato fatto" (Gv 1,3), Lui nel quale noi siamo stati creati, per l’eternità, Lui che ci ha donato il suo Corpo e il suo Sangue, Lui è qui, questa sera, davanti a noi, offerto ai nostri sguardi.

Noi amiamo – e cerchiamo di amare di più – Colui che è qui, davanti a noi, offerto ai nostri sguardi, alle nostre domande forse, al nostro amore.

Sia che camminiamo o siamo inchiodati su di un letto di dolore - che camminiamo nella gioia o siamo nel deserto dell’anima (cfr Num 21,5), Signore, prendici tutti nel tuo Amore: nell’amore infinito, che è eternamente quello del Padre per il Figlio e del Figlio per il Padre, quello del Padre e del Figlio per lo Spirito e dello Spirito per il Padre e per il Figlio.

L’Ostia Santa, esposta ai nostri occhi, dice questa potenza infinita dell’Amore manifestata sulla Croce gloriosa. L’Ostia Santa ci dice l’incredibile abbassamento di Colui che s’è fatto povero per farci ricchi di Sé, Colui che ha accettato di perdere tutto per guadagnarci al Padre suo. L’Ostia Santa è il Sacramento vivo ed efficace della presenza eterna del Salvatore degli uomini alla sua Chiesa.

Fratelli miei, sorelle mie, amici miei,
accettiamo, accettate di offrirvi a Colui che ci ha donato tutto, che è venuto non per giudicare il mondo, ma per salvarlo (cfr Gv 3,17), accettate di riconoscere nelle vostre vite la presenza attiva di Colui che è qui presente, esposto ai nostri sguardi. Accettate di offrirGli le vostre proprie vite!

Maria, la Vergine santa, Maria, l’Immacolata Concezione, ha accettato, duemila anni or sono, di donare tutto, di offrire il suo corpo per accogliere il Corpo del Creatore. Tutto è venuto da Cristo, anche Maria; tutto è venuto mediante Maria, lo stesso Cristo.

Maria, la Vergine santa, è con noi questa sera, davanti al Corpo del Figlio suo, centocinquant’anni dopo essersi rivelata alla piccola Bernadette.

Vergine santa, aiutaci a contemplare, aiutaci ad adorare, aiutaci ad amare, ad amare di più Colui che ci ha tanto amato, per vivere eternamente con Lui.

Una folla immensa di testimoni è invisibilmente presente accanto a noi, vicino a questa grotta benedetta e davanti a questa chiesa voluta dalla Vergine Maria;
la folla di tutti gli uomini e di tutte le donne che hanno contemplato, venerato, adorato la presenza reale di Colui che si è donato a noi fino all’ultima goccia di sangue;
la folla degli uomini e delle donne che hanno passato ore ad adorarLo nel Santissimo Sacramento dell’altare.

Questa sera, noi non li vediamo, ma li sentiamo dire a ciascuno e a ciascuna di noi: «Vieni, lasciati attrarre dal Maestro! Egli è qui e ti chiama! (cfr Gv 11,28). Egli vuol prendere la tua vita e unirla alla sua. Lasciati afferrare da Lui! Non guardare più alle tue ferite, guarda alle sue. Non guardare ciò che ti separa ancora da Lui e dagli altri; guarda l’infinita distanza che Egli ha cancellato nell’assumere la tua carne, nel salire sulla Croce che gli hanno preparato gli uomini e nel lasciarsi mandare a morte per mostrarti il suo amore. Nelle sue ferite Egli ti accoglie; nelle sue ferite Egli ti nasconde. Non rifiutarti al suo amore!».

La folla immensa di testimoni che s’è lasciata afferrare dal suo amore è la folla dei santi del cielo che non cessano di intercedere per noi. Erano peccatori e lo sapevano, ma hanno accettato di non guardare le loro ferite, di non guardare ormai che le ferite del loro Signore, per scoprirvi la gloria della Croce, per scoprirvi la vittoria della Vita sulla morte. San Pier-Giuliano Eymard ci dice tutto, quando esclama: "La Santa Eucaristia è Gesù Cristo passato, presente e futuro" (Prediche e istruzioni parrocchiali dopo il 1856, 4 - 2,1. Sulla meditazione).

Gesù Cristo passato, nella verità storica della sera nel cenacolo, ove ci conduce ogni celebrazione della santa Messa.

Gesù Cristo presente, perché Egli ci dice: "Prendete e mangiatene tutti, questo è il mio corpo, questo è il mio sangue". "Questo è", al presente, qui e ora, come in tutti i "qui e ora" della storia umana. Presenza reale, presenza che supera le nostre povere labbra, i nostri poveri cuori, i nostri poveri pensieri. Presenza offerta ai nostri sguardi come qui, stasera, presso questa grotta ove Maria s’è rivelata come Immacolata Concezione.

L’Eucaristia è anche Gesù Cristo futuro, il Gesù Cristo che verrà. Quando contempliamo l’Ostia Santa, il suo Corpo di gloria trasfigurato e risorto, contempliamo ciò che contempleremo nell’eternità, scoprendovi il mondo intero sostenuto dal suo Creatore in ogni istante della sua storia. Ogni volta che ce ne cibiamo, ma anche ogni volta che lo contempliamo, noi l’annunciamo fino a che Egli ritorni: "donec veniat". Proprio per questo noi lo riceviamo con infinito rispetto.

Alcuni tra noi non possono o non possono ancora riceverLo nel Sacramento, ma possono contemplarLo con fede e amore, ed esprimere il desiderio di potersi finalmente unire a Lui. E’ un desiderio che ha grande valore davanti a Dio: essi attendono con maggior ardore il suo ritorno; attendono Gesù Cristo che deve venire.

Quando un’amica di Bernadette, all’indomani della sua prima comunione, le chiese: "Di che cosa sei stata più felice: della prima comunione e delle apparizioni?", Bernadette rispose: "Sono due cose che vanno insieme, ma non possono essere confrontate. Io sono stata felice in ambedue" (Emmanuélite Estrade, 4 giugno 1958). Il suo parroco testimoniò al Vescovo di Tarbes riguardo alla sua prima comunione: "Bernadette si comportò con grande raccoglimento, con un’attenzione che non lasciava nulla a desiderare … Appariva profondamente consapevole dell’azione santa che stava compiendo. Tutto si svolge in lei in maniera stupefacente".

Con Pierre-Julien Eymard e con Bernadette, noi invochiamo la testimonianza di tanti e tanti santi e sante che hanno avuto per l’Eucaristia il più grande amore. Nicolas Cabasilas esclama e dice a noi stasera: «Se Cristo dimora in noi, di che cosa abbiamo ancora bisogno? Che cosa ci manca? Se rimaniamo in Cristo, che cosa possiamo desiderare di più? Egli è nostro ospite e nostra dimora. Felici noi che siamo la sua abitazione! Che gioia essere proprio noi la dimora di un tale Inquilino!» (La vie en Jésus-Christ, IV, 6).

Il Beato Charles de Foucauld nacque nel 1858, lo stesso anno delle apparizioni di Lourdes. Non lontano dal suo corpo irrigidito dalla morte fu trovata, come il chicco di frumento gettato nella terra, la lunetta contenente il Santissimo Sacramento, che fratel Carlo adorava ogni giorno per lunghe ore. Il P.de Foucauld ci affida la preghiera scaturita dall’intimità del suo cuore, una preghiera rivolta al Padre celeste, ma che, con Gesù, possiamo in piena verità fare nostra davanti all’Ostia Santa:

«’Padre mio, affido il mio spirito nelle Vostre mani’.
E’ l’ultima preghiera del nostro Maestro, del nostro Diletto…
Possa diventare la nostra, e che essa sia non solo quella del nostro ultimo istante, ma quella di tutti i nostri istanti:

«Padre mio, mi rimetto nelle Vostre mani; Padre mio, mi affido a Voi; Padre mio, mi abbandono a Voi; Padre mio, fate di me ciò che vi piacerà; qualunque cosa facciate di me, vi ringrazio: grazie di tutto; sono pronto a tutto, accetto tutto; Vi ringrazio di tutto. Supposto che la Vostra volontà si compia in me, o mio Dio, supposto che la Vostra volontà si compia in tutte le Vostre creature, in tutti i Vostri figli, in tutti coloro che il vostro cuore ama, non desidero null’altro, mio Dio; rimetto la mia anima nelle Vostre mani; Ve la dono, mio Dio, con tutto l’amore del mio cuore, perché Vi amo ed è un bisogno del mio cuore donarmi, rimettermi nelle Vostre mani, senza misura, con infinita confidenza, perché Voi siete il Padre mio».

Diletti fratelli e sorelle, pellegrini di un giorno e abitanti di queste vallate, fratelli Vescovi, sacerdoti, diaconi, religiosi, religiose, voi tutti che vedete davanti ai vostri occhi l’infinito abbassamento del Figlio di Dio e la gloria infinita della risurrezione, restate in silenzio e adorate il vostro Signore, il nostro Maestro e Signore Gesù Cristo. Restate in silenzio, poi parlate e dite al mondo: non possiamo più tacere ciò che sappiamo. Andate a dire al mondo intero le meraviglie di Dio, presente in ogni momento delle nostre vite, in ogni luogo della terra. Che Dio ci benedica e ci protegga, ci conduca sul cammino della vita eterna, Lui che è la Vita, per i secoli dei secoli. Amen.

[01422-01.01] [Testo originale: Francese]

 TRADUZIONE IN LINGUA INGLESE

Lord Jesus, You are here!
And you, my brothers, my sisters, my friends,
You are here, with me, in his presence!

Lord, two thousand years ago, you willingly mounted the infamous Cross in order then to rise again and to remain for ever with us, your brothers and sisters.

And you, my brothers, my sisters, my friends,
You willingly allow him to embrace you.

We contemplate him.
We adore him.
We love him. We seek to grow in love for him.

We contemplate him who, in the course of his Passover meal, gave his body and blood to his disciples, so as to be with them "always, to the close of the age" (Mt 28:20).

We adore him who is the origin and goal of our faith, him without whom we would not be here this evening, without whom we would not be at all, without whom there would be nothing, absolutely nothing! Him through whom "all things were made" (Jn 1:3), him in whom we were created, for all eternity, him who gave us his own body and blood – he is here, this evening, in our midst, for us to gaze upon.

We love, and we seek to grow in love for him who is here, in our presence, for us to gaze upon, for us perhaps to question, for us to love.

Whether we are walking or nailed to a bed of suffering; whether we are walking in joy or languishing in the wilderness of the soul (cf. Num 21:4): Lord, take us all into your Love; the infinite Love which is eternally the Love of the Father for the Son and the Son for the Father, the Love of the Father and the Son for the Spirit, and the Love of the Spirit for the Father and the Son. The sacred host exposed to our view speaks of this infinite power of Love manifested on the glorious Cross. The sacred host speaks to us of the incredible abasement of the One who made himself poor so as to make us rich in him, the One who accepted the loss of everything so as to win us for his Father. The sacred host is the living, efficacious and real sacrament of the eternal presence of the saviour of mankind to his Church.

My brothers, my sisters, my friends,
Let us accept; may you accept to offer yourselves to him who has given us everything, who came not to judge the world, but to save it (cf. Jn 3:17), accept to recognize in your lives the presence of him who is present here, exposed to our view. Accept to offer him your very lives!

Mary, the holy Virgin, Mary, the Immaculate Conception, accepted, two thousand years ago, to give everything, to offer her body so as to receive the Body of the Creator. Everything came from Christ, even Mary; everything came through Mary, even Christ.

Mary, the holy Virgin, is with us this evening, in the presence of the Body of her Son, one hundred and fifty years after revealing herself to little Bernadette.

Holy Virgin, help us to contemplate, help us to adore, help us to love, to grow in love for him who loved us so much, so as to live eternally with him.

An immense crowd of witnesses is invisibly present beside us, very close to this blessed grotto and in front of this church that the Virgin Mary wanted to be built;
the crowd of all those men and women who have contemplated, venerated, adored the real presence of him who gave himself to us even to the last drop of blood;
the crowd of all those men and women who have spent hours in adoration of the Most Holy Sacrament of the altar.

This evening, we do not see them, but we hear them saying to us, to every man and to every woman among us: "Come, let the Master call you! He is here! He is calling you (cf. Jn 11:28)! He wants to take your life and join it to his. Let yourself be embraced by him! Gaze no longer upon your own wounds, gaze upon his. Do not look upon what still separates you from him and from others; look upon the infinite distance that he has abolished by taking your flesh, by mounting the Cross which men had prepared for him, and by letting himself be put to death so as to show you his love. In his wounds, he takes hold of you; in his wounds, he hides you. Do not refuse his Love!"

The immense crowd of witnesses who have allowed themselves to be embraced by his Love, is the crowd of saints in heaven who never cease to intercede for us. They were sinners and they knew it, but they willingly ceased to gaze upon their own wounds and to gaze only upon the wounds of their Lord, so as to discover there the glory of the Cross, to discover there the victory of Life over death. Saint Pierre-Julien Eymard tells us everything when he cries out: "The holy Eucharist is Jesus Christ, past, present and future" (Sermons and Parochial Instructions after 1856, 4-2.1, "On Meditation").

Jesus Christ, past, in the historical truth of the evening in the Upper Room, to which every celebration of holy Mass leads us back.

Jesus Christ, present, because he said to us: "Take and eat of this, all of you, this is my body, this is my blood." "This is", in the present, here and now, as in every here and now throughout human history. The real presence, the presence which surpasses our poor lips, our poor hearts, our poor thoughts. The presence offered for us to gaze upon as we do here, this evening, close to the grotto where Mary revealed herself as the Immaculate Conception.

The Eucharist is also Jesus Christ, future, Jesus Christ to come. When we contemplate the sacred host, his glorious transfigured and risen Body, we contemplate what we shall contemplate in eternity, where we shall discover that the whole world has been carried by its Creator during every second of its history. Each time we consume him, but also each time we contemplate him, we proclaim him until he comes again, "donec veniat". That is why we receive him with infinite respect.

Some of us cannot – or cannot yet – receive Him in the Sacrament, but we can contemplate Him with faith and love and express our desire finally to be united with Him. This desire has great value in God’s presence: such people await his return more ardently; they await Jesus Christ who must come again.

When, on the day after her first communion, a friend of Bernadette asked her: "What made you happier: your first communion or the apparitions?", Bernadette replied, "they are two things that go together, but cannot be compared. I was happy in both" (Emmanuélite Estrade, 4 June 1958). She made this testimony to the Bishop of Tarbes in regard to her first communion: "Bernadette behaved with immense concentration, with an attention that left nothing to be desired … she appeared profoundly aware of the holy action that was taking place. Everything developed in her in an astonishing way."

With Pierre-Julien Eymard and Bernadette, we invoke the witness of countless men and women saints who had the greatest love for the holy Eucharist. Nicolas Cabasilas cries out to us this evening: "If Christ dwells within us, what do we need? What do we lack? If we dwell in Christ, what more could we desire? He is our host and our dwelling-place. Happy are we to be his home! What joy to be ourselves the dwelling-place of such an inhabitant!"

Blessed Charles de Foucauld was born in 1858, the very year of the apparitions at Lourdes. Not far from his body, stiffened by death, there lay, like the grain of wheat cast upon the earth, the lunette containing the Blessed Sacrament which Brother Charles adored every day for many a long hour. Father de Foucauld has given us a prayer from the depths of his heart, a prayer addressed to our Father, but one which, with Jesus, we can in all truth make our own in the presence of the sacred host:

"‘Father, into your hands I commend my spirit.’
This was the last prayer of our Master, our Beloved … May it also be our own prayer, and not only at our last moment, but at every moment in our lives:
Father, I commit myself into your hands; Father, I trust in you; Father, I abandon myself to you; Father, do with me what you will; whatever you may do, I thank you; thank you for everything; I am ready for all, I accept all; I thank you for all. Let only your will be done in me, Lord, let only your will be done in all your creatures, in all your children, in all those whom your heart loves, I wish no more than this, O Lord. Into your hands I commend my soul; I offer it to you, Lord, with all the love of my heart, for I love you, and so need to give myself in love, to surrender myself into your hands, without reserve, and with boundless confidence, for you are my Father."

Beloved brothers and sisters, day pilgrims and inhabitants of these valleys, brother Bishops, priests, deacons, men and women religious, all of you who see before you the infinite abasement of the Son of God and the infinite glory of the Resurrection, remain in silent adoration of your Lord, our Master and Lord Jesus Christ. Remain silent, then speak and tell the world: we cannot be silent about what we know. Go and tell the whole world the marvels of God, present at every moment of our lives, in every place on earth. May God bless us and keep us, may he lead us on the path of eternal life, he who is Life, for ever and ever. Amen.

[01422-02.01] [Original text: French]

 TRADUZIONE IN LINGUA SPAGNOLA

Señor Jesús, estás aquí.
Y vosotros, hermanos, hermanas, amigos míos.
Estáis aquí, conmigo, ante Él.

Señor, hace dos mil años, aceptaste subir a una Cruz de infamia para resucitar después y permanecer siempre con nosotros, tus hermanos, tus hermanas.

Y vosotros, hermanos, hermanas, amigos míos,
habéis aceptado dejaros atraer por Él.

Lo contemplamos,
lo adoramos,
lo amamos. Buscamos amarlo todavía más.

Contemplamos a Aquel que, durante la cena pascual, ha entregado su Cuerpo y su Sangre a sus discípulos, para estar con ellos "todos los días, hasta el fin del mundo" (Mt 28,20).

Adoramos a Aquel que está al inicio y al final de nuestra fe, sin el que no estaríamos aquí esta tarde, sin el que no seríamos nada, sin el que no existiría nada, nada, absolutamente nada. Aquel, por medio de quien "se hizo todo" (Jn 1,3); por quien hemos sido creados, para la eternidad; el que nos ha dado su propio Cuerpo y su propia Sangre, Él está aquí, esta tarde, ante nosotros, ofreciéndose a nuestras miradas.

Amamos, y buscamos amar todavía más, a Quien está aquí, ante nosotros, abierto a nuestras miradas, tal vez a nuestras preguntas, a nuestro amor.

Sea que caminemos, o estemos clavados en el lecho del dolor -que caminemos con gozo o estemos en el desierto del alma (cf. Num 21,5), Señor, acógenos a todos en tu Amor: en el amor infinito, que es eternamente el del Padre al Hijo y del Hijo al Padre, el del Padre y del Hijo al Espíritu, y el del Espíritu al Padre y al Hijo.

La Hostia Santa expuesta ante nuestros ojos proclama este poder infinito del Amor manifestado en la Cruz gloriosa. La Hostia Santa proclama el increíble anonadamiento de Quien se hizo pobre para darnos su riqueza, de Quien aceptó perder todo para ganarnos para su Padre. La Hostia Santa es el Sacramento vivo y eficaz de la presencia eterna del Salvador de los hombres en su Iglesia.

Hermanos, hermanas, amigos míos,
aceptemos, aceptad, ofreceros a Quien nos lo ha dado todo, que vino no para juzgar al mundo, sino para salvarlo (cf. Jn 3,17), aceptad reconocer en vuestras vidas la presencia activa de Quien está aquí presente, ante nuestras miradas. Aceptad ofrecerle vuestras propias vidas.

María, la Virgen Santa, María, la Inmaculada Concepción, aceptó, hace dos mil años, entregarle todo, ofrecer su cuerpo para acoger el Cuerpo del Creador. Todo ha venido de Cristo, incluso María; todo ha venido por María, incluso Cristo.

María, la Santísima Virgen, está con nosotros esta tarde, ante el Cuerpo de su Hijo, ciento cincuenta años después de revelarse a la pequeña Bernadette.

Virgen Santa, ayúdanos a contemplar, ayúdanos a adorar, ayúdanos a amar, a amar más todavía a Quien nos amó tanto, para vivir eternamente con Él.

Una inmensa muchedumbre de testigos está invisiblemente presente a nuestro lado, cerca de esta bendita gruta y ante esta iglesia querida por la Virgen María;
la multitud de todos los que han contemplado, venerado, adorado, la presencia real de Quien se nos entregó hasta la última gota de su sangre;
la muchedumbre de todos los que pasaron horas adorándolo en el Santísimo Sacramento del Altar.

Esta tarde, no los vemos, pero los oímos aquí, diciéndonos a cada uno de nosotros: "Ven, déjate llamar por el Maestro. Él está aquí y te llama (cf. Jn 11,28). Él quiere tomar tu vida y unirla a la suya. Déjate atraer por Él. No mires ya tus heridas, mira las suyas. No mires lo que te separa aún de Él y de los demás; mira la distancia infinita que ha abolido tomando tu carne, subiendo a la Cruz que le prepararon los hombres y dejándose llevar a la muerte para mostrar su amor. En estas heridas, te toma; en estas heridas, te esconde. No rechaces su amor".

La multitud inmensa de testigos que se dejó atraer por su Amor, es la muchedumbre de los santos del cielo que no cesan de interceder por nosotros. Eran pecadores y lo sabían, pero aceptaron no mirar sus heridas y mirar sólo las heridas de su Señor, para descubrir en ellas la gloria de la Cruz, para descubrir en ellas la victoria de la Vida sobre la muerte. San Pierre-Julien Eymard lo dijo todo cuando escribió: "La Santa Eucaristía, es Jesucristo pasado, presente y futuro" (Predicaciones e instrucciones parroquiales después de 1856, 4-2,1. Sobre la meditación).

Jesucristo pasado, en la verdad histórica de la tarde en el cenáculo, que se nos recuerda en toda celebración de la Santa Misa.

Jesucristo presente, porque nos dice: "Tomad y comed todos, porque esto es mi cuerpo, ésta es mi sangre". "Esto es", en presente, aquí y ahora, como en todos los aquí y ahora de la historia de los hombres. Presencia real, presencia que sobrepasa nuestros pobres labios, nuestros pobres corazones, nuestros pobres pensamientos. Presencia ofrecida a nuestras miradas como aquí, esta tarde, cerca de la gruta donde María se reveló como Inmaculada Concepción.

La Eucaristía es también Jesucristo futuro, Jesucristo que viene. Cuando contemplamos la Hostia Santa, su cuerpo glorioso transfigurado y resucitado, contemplamos lo que contemplaremos en la eternidad, descubriendo el mundo entero llevado por su Creador cada segundo de su historia. Cada vez que lo comemos, pero también cada vez que lo contemplamos, lo anunciamos, hasta que el vuelva, "donec veniat". Por eso lo recibimos con infinito respeto.

Algunos de nosotros no pueden o no pueden todavía recibirlo en el Sacramento, pero pueden contemplarlo con fe y amor, y manifestar el deseo de poder finalmente unirse a Él. Es un deseo que tiene gran valor ante Dios: esperan con mayor ardor su vuelta; esperan a Jesucristo, que debe venir.

Cuando una amiga de Bernadette, el día después de su Primera Comunión, le preguntó: "¿Cuándo has sido más feliz: en tu Primera Comunión o en la apariciones?", Bernadette respondió: "Son dos cosas inseparables, pero no se pueden comparar. He sido feliz en las dos" (Manuelita Estrade, 4 junio 1958). Su párroco ofreció este testimonio al Obispo de Tarbes acerca de su Primera Comunión: "Bernadette se comportó con gran recogimiento, con una atención que no dejaba nada que desear… Aparecía profundamente consciente de la acción santa que estaba llevando a cabo. Todo sucedió en ella de manera sorprendente".

Con Pierre-Julien Eymard y con Bernadette, invocamos el testimonio de tantos y tantos santos y santas ardientemente enamorados de la Santa Eucaristía. Nicolás Cabasilas escribió y nos dice esta tarde: "Si Cristo permanece en nosotros, ¿de qué tenemos necesidad? ¿Qué nos falta? Si permanecemos en Cristo, ¿qué más podemos desear? Es nuestro huésped y nuestra morada. ¡Dichosos nosotros que estamos en su casa! ¡Qué gozo ser nosotros mismos la morada de tal huésped!" (La vie en Jésus-Christ, IV,6).

El Beato Charles de Foucauld nació en 1858, el mismo año de las apariciones de Lourdes. No lejos de su cuerpo ajado por la muerte, se encuentra, como el grano de trigo caído en tierra, el viril con el Santísimo Sacramento que el Hermano Charles adoraba cada día durante largas horas. El Padre de Foucauld nos ofrece la oración desde el hondón de su alma, plegaria dirigida a nuestro Padre, pero que con Jesús podemos con toda verdad hacer nuestra ante la Hostia Santa:

«"Padre, a tus manos encomiendo mi espíritu".
Es la última oración de nuestro Maestro, de nuestro Amado… Que sea también la nuestra, que no sea sólo la de nuestro último instante, sino la de todos nuestros instantes:
"Padre, me pongo en tus manos; Padre confío en ti; Padre, me entrego a ti; Padre, haz de mí lo que quieras, sea lo que sea, te doy las gracias; gracias por todo; estoy dispuesto a todo, lo acepto todo; te doy las gracias, con tal de que tu voluntad se cumpla en mí, Dios mío, y en todas tus criaturas, en todos tus hijos, en todos aquellos que ama tu corazón. No deseo nada más, Dios mío. Te confío mi alma, te la doy, Dios mío, con todo el amor de que soy capaz, porque te amo, y necesito darme, ponerme en tus manos sin medida, con una infinita confianza, porque Tú eres mi Padre"».

Amados hermanos y hermanas, peregrinos y habitantes de estos valles, Hermanos Obispos, sacerdotes, diáconos, religiosos, religiosas, todos vosotros que estáis viendo el infinito anonadamiento del Hijo de Dios y la gloria infinita de la Resurrección, permaneced en silencio y adorad a vuestro Señor, nuestro Maestro y Señor Jesucristo. Permaneced en silencio, después hablad y decid al mundo: no podemos callar lo que sabemos. Id y proclamad al mundo entero las maravillas de Dios, presente en cada momento de nuestras vidas, en toda la tierra. Que Dios nos bendiga y nos guarde, que nos conduzca por el camino de la vida eterna, Él que es la Vida, por los siglos de los siglos. Amén.

[01422-04.01] [Texto original: Francés]

 TRADUZIONE IN LINGUA TEDESCA

Herr Jesus, Du bist hier zugegen!
            Und Ihr, meine Brüder, meine Schwestern, meine Freunde,
            auch Ihr seid mit mir hier vor Ihm zugegen!

Herr, vor zweitausend Jahren warst Du bereit, auf ein Schmähkreuz zu steigen, um dann aufzuerstehen und immer bei uns zu bleiben, bei Deinen Brüdern und Deinen Schwestern.
            Und Ihr, meine Brüder, meine Schwestern, meine Freunde,
            Ihr seid bereit, Euch von Ihm ergreifen zu lassen.

Wir betrachten Ihn.
Wir beten Ihn an.
Wir lieben Ihn und streben danach, Ihn mehr zu lieben.

Wir betrachten Den, der im Laufe des Paschamahles seinen Leib und sein Blut den Jüngern gegeben hat, um bei ihnen zu sein „alle Tage bis zum Ende der Welt“ (Mt 28,20).

Wir beten Den an, der am Anfang und am Ende unseres Glaubens steht. Jenen, ohne den wir an diesem Abend nicht hier wären. Jenen, ohne den wir überhaupt nicht existierten. Jenen, ohne den nichts wäre, nichts, absolut nichts! Er, durch den „alles geschaffen ist“ (Joh 1,3). Er, in dem wir geschaffen worden sind – für die Ewigkeit; Er, der uns seinen Leib und sein Blut gegeben hat, Er ist hier, an diesem Abend, vor uns, unseren Blicken dargeboten.

Wir lieben Ihn – und streben danach, Ihn mehr zu lieben – Ihn, der hier vor uns steht, unseren Blicken dargeboten, vielleicht auch unseren Fragen, unserer Liebe.

Sei es, daß wir gehen können oder an ein Bett der Schmerzen gefesselt sind, sei es, daß wir in der Freude wandeln oder uns in einer seelischen Wüste befinden (vgl. Num 21,5), Herr, nimm uns alle in Deine Liebe hinein: in die unendliche Liebe, die ewig die Liebe des Vaters für den Sohn und des Sohnes für den Vater ist, jene des Vaters und des Sohnes für den Geist wie auch jene des Geistes für den Vater und für den Sohn.

Die Heilige Hostie, die vor unseren Augen ausgesetzt ist, spricht von dieser unendlichen Kraft der Liebe, die sich glorreich am Kreuz offenbart. Die Heilige Hostie erzählt uns vom unglaublichen Herabbeugen Dessen, der sich arm gemacht hat, um uns durch sich reich zu machen. Er, der bereit war, alles zu verlieren, um uns für seinen Vater zu gewinnen. Die Heilige Hostie ist das lebendige und wirkmächtige Sakrament der ewigen Gegenwart des Retters der Menschen für seine Kirche.

Liebe Brüder, liebe Schwestern, liebe Freunde,
seien wir bereit, seid bereit, Euch Ihm zur Verfügung zu stellen, – Ihm, der uns alles gegeben hat und der gekommen ist, nicht um die Welt zu richten, sondern damit die Welt durch ihn gerettet werde (vgl. Joh 3,17)! Seid bereit, in Eurem Leben die aktive Präsenz von Ihm zu erkennen, der hier unseren Blicken ausgesetzt gegenwärtig ist! Seid bereit, Ihm Euer eigenes Leben darzubringen!

Maria, die selige Jungfrau, Maria, die Unbefleckte Empfängnis, war vor zweitausend Jahren bereit, alles zu geben, ihren Leib zur Verfügung zu stellen, um den Leib des Schöpfers aufzunehmen. Alles ist von Christus gekommen, auch Maria; alles ist mit Hilfe von Maria gekommen, auch Christus.

Maria, die selige Jungfrau, ist heute abend bei uns vor dem Leib ihres Sohnes, hundertfünfzig Jahre nachdem sie sich der kleinen Bernadette gezeigt hat.

Heilige Jungfrau, hilf uns zu betrachten, hilf uns anzubeten, hilf uns zu lieben, Den immer mehr zu lieben, der uns so sehr geliebt hat, auf daß wir ewig mit Ihm leben.

Eine gewaltige Schar von Zeugen ist neben uns unsichtbar zugegen, ganz nahe bei dieser gesegneten Grotte und vor dieser Kirche, die die Jungfrau Maria gewollt hat;
            die Schar aller Männer und Frauen, welche die wirkliche Gegenwart Dessen betrachtet, verehrt und angebetet haben, der sich uns bis zum letzten Blutstropfen geschenkt hat;
            die Schar aller Männer und Frauen, die Stunden in der Anbetung des Allerheiligsten Altarsakraments verbracht haben.

Heute abend sehen wir sie nicht, aber wir hören sie zueinander und zu uns sagen: „Komm, laß dich vom Meister rufen! Er ist hier und ruft dich! (vgl. Joh 11,28). Er will dein Leben, um es mit dem seinen zu vereinigen. Laß dich von Ihm ergreifen! Schau nicht mehr auf deine Wunden, schau auf seine. Schau nicht mehr auf das, was dich noch von Ihm und von den anderen trennt; betrachte den unendlichen Abstand, den Er überwunden hat, als Er dein Fleisch annahm, als Er auf das Kreuz gestiegen ist, das ihm die Menschen bereitet haben, und als Er sich in den Tod hat schicken lassen, um uns seine Liebe zu zeigen. In seine Wunden nimmt Er dich auf; in seinen Wunden birgt Er dich. Weise Seine Liebe nicht ab!“

Die gewaltige Schar der Zeugen, die sich von seiner Liebe hat ergreifen lassen, ist die Schar der Heiligen im Himmel, die nicht aufhören, für uns Fürbitte zu leisten. Sie waren Sünder, und das wußten sie auch, aber sie waren bereit, nicht ihre eigenen Sünden zu betrachten, überhaupt nichts zu betrachten als die Wunden ihres Herrn, um dort den Ruhm des Kreuzes und den Sieg des Lebens über den Tod zu finden. Der heilige Pierre-Julien Eymard sagt uns alles, wenn er ausruft: „Die heilige Eucharistie ist der vergangene, der gegenwärtige und der zukünftige Jesus Christus (Sermons et instructions paroissiales d’après 1856, 4-2,1. De la méditation).

Der vergangene Jesus Christus steht in der historischen Wahrheit des Letzten Abendmahls, in die uns jede Feier der heiligen Messe hineinführt.

Jesus Christus ist gegenwärtig, weil Er uns sagt: „Nehmet und esset alle davon, das ist mein Leib, das ist mein Blut“. Der Ausdruck „Das ist“ steht im Präsens, hier und jetzt, wie in allen „hier und jetzt“ der Menschheitsgeschichte. Reale Präsenz, Gegenwart, die unsere armen Lippen, unsere armen Herzen und unsere armen Gedanken übersteigt. Gegenwart, die unseren Blicken geschenkt ist wie heute abend hier bei der Grotte, wo sich Maria als Unbefleckte Empfängnis offenbart hat.

Die Eucharistie ist ebenso der zukünftige Jesus Christus, Jesus Christus, der kommen wird. Wenn wir die heilige Hostie betrachten, seinen verherrlichten Leib, der verklärt und auferstanden ist, dann betrachten wir das, was wir in der Ewigkeit schauen werden. Darin werden wir die ganze Welt erkennen können, die in jedem Augenblick von ihrem Schöpfer getragen wird. Jedes Mal, wenn wir Ihn essen, aber auch jedes Mal , wenn wir Ihn betrachten, verkünden wir Ihn, bis Er kommt in Herrlichkeit: „donec veniat“. Genau deshalb empfangen wir Ihn mit unendlicher Ehrfurcht.

Einige unter uns können Ihn nicht oder noch nicht im Sakrament empfangen, aber sie können Ihn in Glaube und Liebe betrachten und den Wunsch zum Ausdruck bringen, sich mit Ihm zu vereinen. Das ist ein Wunsch, der in den Augen Gottes einen großen Wert hat. Sie erwarten mit größerer Innigkeit seine Wiederkunft; sie erwarten Jesus Christus, der kommen soll.

Als eine Freundin von Bernadette sie am Tag nach ihrer ersten Kommunion fragte: „Worüber bist du glücklicher gewesen: über die erste Kommunion oder über die Erscheinungen“, antwortete Bernadette: „Das sind zwei Dinge, die zusammengehören, aber nicht miteinander verglichen werden können. – Ich bin bei beiden glücklich gewesen“ (Emmanuélite Estrade, 4. Juni 1858). Ihr Pfarrer bezeugte vor dem Bischof von Tarbes bezüglich ihrer ersten Kommunion: „Bernadette war sehr gesammelt, von einer Aufmerksamkeit, die nichts zu wünschen übrig ließ. … Sie schien von der heiligen Handlung, die sie vollzog, sehr durchdrungen. Alles entwickelte sich in ihr auf erstaunenswerte Weise.“

Mit Pierre-Julien Eymard und Bernadette rufen wir das Zeugnis vieler Heiliger an, die für die Eucharistie größte Liebe hegten. Nikolaus Kabasilas ruft aus und sagt uns heute abend: „Bleibt aber Christus in uns, was fehlt uns dann noch? Welches Gut könnte uns da noch entgehen? Und wenn wir in Christus bleiben, was gibt es da noch anderes zu begehren? Er ist uns Einwohner und Haus. Wie selig sind wir ob dieses Hauses, selig, daß wir für einen solchen Bewohner zur Wohnung geworden sind!“ (Das Leben in Christus, IV,6).

Der selige Charles de Foucauld wurde 1858 geboren, im selben Jahr der Erscheinungen von Lourdes. Unweit seines vom Tod erstarrten Körpers wurde – wie das Weizenkorn, das in die Erde geworfen wurde – die Lunula der Monstranz mit dem Allerheiligsten Sakrament gefunden, das Bruder Charles jeden Tag stundenlang anbetete. Pater de Foucauld hinterläßt uns das Gebet, das aus dem Innersten seines Herzens strömt, ein Gebet, das an unseren Vater gerichtet ist, das wir aber in voller Wahrheit mit Jesus zu unserem Gebet vor der heiligen Hostie machen können:

  „»Mein Vater, in deine Hände lege ich meinen Geist.«
Das ist das letzte Gebet unseres Meisters, unseres Liebsten … Möge es unseres sein, und nicht nur das Gebet unseres letzen Augenblicks, sondern das aller unserer Augenblicke:
Mein Vater, ich lege mich in deine Hände; mein Vater, ich vertraue mich dir an. Mein Vater, ich überlasse mich dir; mein Vater, mach mit mir, was dir gefällt; was du auch mit mir tun magst, ich danke dir; danke für alles. Zu allem bin ich bereit, alles nehme ich an, für alles danke ich dir. Wenn nur dein Wille sich an mir erfüllt, mein Gott, und an allen deinen Geschöpfen, an allen deinen Kindern, an allen, die dein Herz liebt, so ersehne ich weiter nichts, mein Gott. In deine Hände lege ich meine Seele. Ich gebe sie dir, mein Gott, mit der ganzen Liebe meines Herzens, weil ich dich liebe und weil diese Liebe mich treibt, mich dir hinzugeben, mich in deine Hände zu legen, ohne Maß, mit einem grenzenlosen Vertrauen. Denn du bist mein Vater“
(Méditation sur les Saintes Évangiles).

Geliebte Brüder und Schwestern, Pilger für einen Tag und Bewohner dieser Täler, Brüder im Bischofsamt, Priester, Diakone, Ordensleute, Ihr alle, die Ihr vor Euren Augen die unendliche Erniedrigung des Sohnes Gottes und die unendliche Herrlichkeit der Auferstehung seht, verharrt in Stille und betet Euren Herrn an, unseren Meister und Herrn Jesus Christus. Verharrt in Stille, dann sprecht und sagt der Welt: Wir können nicht mehr verschweigen, was wir wissen. Geht und verkündet der ganzen Welt die Wundertaten Gottes, der in jedem Augenblick unseres Lebens zugegen ist, an jedem Ort der Erde. Gott segne und beschütze uns, Er führe uns auf dem Weg zum ewigen Leben, Er, der das Leben ist, in alle Ewigkeit. Amen.

[01422-05.01] [Originalsprache: Französisch]

Al termine, il Santo Padre rientra all’Ermitage St. Joseph dove cena in privato.

[B0573-XX.01]