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VIAGGIO APOSTOLICO DI SUA SANTITÀ BENEDETTO XVI IN FRANCIA IN OCCASIONE DEL 150° ANNIVERSARIO DELLE APPARIZIONI DI LOURDES (12-15 SETTEMBRE 2008) (IX), 14.09.2008


VIAGGIO APOSTOLICO DI SUA SANTITÀ BENEDETTO XVI IN FRANCIA IN OCCASIONE DEL 150° ANNIVERSARIO DELLE APPARIZIONI DI LOURDES (12-15 SETTEMBRE 2008) (IX)

INCONTRO CON I VESCOVI FRANCESI PRESSO L’HÉMICYCLE SAINTE-BERNADETTE DI LOURDES

 DISCORSO DEL SANTO PADRE

 TRADUZIONE IN LINGUA ITALIANA

 TRADUZIONE IN LINGUA INGLESE

 TRADUZIONE IN LINGUA SPAGNOLA

TRADUZIONE IN LINGUA TEDESCA

Nel pomeriggio il Papa si reca in auto all’Hémicycle Sainte-Bernadette di Lourdes, dove, alle ore 17.15, incontra i Presuli della Conferenza Episcopale francese.

Introdotto dall’indirizzo di omaggio del Presidente della Conferenza Episcopale, Em.mo Card. André Vingt-Trois, il Santo Padre pronuncia il discorso che pubblichiamo di seguito:

 DISCORSO DEL SANTO PADRE

Messieurs les Cardinaux,
Très chers Frères dans l'Épiscopat !

C'est la première fois depuis le début de mon Pontificat que j'ai la joie de vous rencontrer tous ensemble. Je salue cordialement votre Président, le Cardinal André Vingt-Trois, et je le remercie des paroles aimables et profondes qu’il m’a adressées en votre nom. Je salue aussi avec plaisir les Vice-Présidents ainsi que le Secrétaire Général et ses collaborateurs. Je salue chaleureusement chacun de vous, mes Frères dans l'Épiscopat, qui êtes venus des quatre coins de France et d'Outre-mer. J'inclus également Mgr François Garnier, Archevêque de Cambrai, qui célèbre aujourd'hui à Valenciennes le Millénaire de Notre-Dame du Saint-Cordon.

Je me réjouis d'être parmi vous ce soir dans cet hémicycle « Sainte Bernadette », qui est le lieu ordinaire de vos prières et de vos rencontres, lieu où vous exposez vos soucis et vos espérances, et lieu de vos discussions et de vos réflexions. Cette salle est située à un endroit privilégié près de la grotte et des basiliques mariales. Certes, les visites ad limina vous font rencontrer régulièrement le Successeur de Pierre à Rome, mais ce moment, que nous vivons, nous est donné comme une grâce pour réaffirmer les liens étroits qui nous unissent dans le partage du même sacerdoce directement issu de celui du Christ rédempteur. Je vous encourage à continuer à travailler dans l'unité et la confiance, en pleine communion avec Pierre qui est venu pour raffermir votre foi. Vous l’avez dit, Éminence, bien nombreuses sont actuellement vos et nos préoccupations ! Je sais que vous avez à cœur de travailler dans le nouveau cadre défini par la réorganisation de la carte des provinces ecclésiastiques, et je m'en réjouis vivement. Je voudrais profiter de cette occasion pour réfléchir avec vous sur quelques thèmes que je sais être au centre de votre attention.

L'Église - Une, Sainte, Catholique et Apostolique - vous a enfantés par le Baptême. Elle vous a appelés à son service ; vous lui avez donné votre vie, d'abord comme diacres et prêtres, puis comme évêques. Je vous exprime toute mon estime pour ce don de vos personnes : malgré l'ampleur de la tâche, que ne vient pas diminuer l'honneur qu'elle comporte – honor, onus ! – vous accomplissez avec fidélité et humilité la triple tâche qui est la vôtre : enseigner, gouverner, sanctifier suivant la Constitution Lumen Gentium (nn. 25-28) et le décret Christus Dominus. Successeurs des Apôtres, vous représentez le Christ à la tête des diocèses qui vous ont été confiés, et vous vous efforcez d’y réaliser le portrait de l'Évêque tracé par saint Paul ; vous avez à grandir sans cesse dans cette voie, afin d'être toujours plus « hospitaliers, amis du bien, pondérés, justes, pieux, maîtres de vous, attachés à l'enseignement sûr, conformes à la doctrine » (cf. Tt 1, 8-9). Le peuple chrétien doit vous considérer avec affection et respect. Dès les origines, la tradition chrétienne a insisté sur ce point : « Tous ceux qui sont à Dieu et à Jésus-Christ, ceux-là sont avec l'Évêque », disait saint Ignace d'Antioche (Aux Philad. 3, 2), qui ajoutait encore : «celui que le maître de maison envoie pour administrer sa maison, il faut que nous le recevions comme celui-là même qui l'a envoyé » (Aux Eph. 6, 1). Votre mission, spirituelle surtout, consiste donc à créer les conditions nécessaires pour que les fidèles puissent, pour citer de nouveau saint Ignace, « chanter d'une seule voix par Jésus-Christ un hymne au Père » (Ibid. 4, 2) et faire ainsi de leur vie une offrande à Dieu.

Vous êtes à juste titre convaincus que, pour faire grandir en chaque baptisé le goût de Dieu et la compréhension du sens de la vie, la catéchèse est d’une importance fondamentale. Les deux instruments principaux dont vous disposez, le Catéchisme de l'Église catholique et le Catéchisme des Évêques de France constituent de précieux atouts. Ils donnent de la foi catholique une synthèse harmonieuse et permettent d'annoncer l'Évangile dans une fidélité réelle à sa richesse. La catéchèse n'est pas d'abord affaire de méthode, mais de contenu, comme l'indique son nom même : il s'agit d'une saisie organique (kat-echein) de l'ensemble de la révélation chrétienne, apte à mettre à la disposition des intelligences et des cœurs la Parole de Celui qui a donné sa vie pour nous. De cette manière, la catéchèse fait retentir au cœur de chaque être humain un unique appel sans cesse renouvelé: «Suis-moi» (Mt 9, 9). Une soigneuse préparation des catéchistes permettra la transmission intégrale de la foi, à l’exemple de saint Paul, le plus grand catéchiste de tous les temps, vers lequel nous regardons avec une admiration particulière en ce bimillénaire de sa naissance. Au milieu des soucis apostoliques, il exhortait ainsi : « Un temps viendra où l’on ne supportera plus l’enseignement solide, mais, au gré de leur caprice, les gens iront chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la Vérité pour se tourner vers des récits mythologiques » (2 Tm 4, 3-4). Conscients du grand réalisme de ses prévisions, avec humilité et persévérance vous vous efforcez de correspondre à ses recommandations : « Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps … avec une grande patience et avec le souci d'instruire » (2 Tm 4, 2).

Pour réaliser efficacement cette tâche, vous avez besoin de collaborateurs. Pour cette raison les vocations sacerdotales et religieuses méritent plus que jamais d'être encouragées. J'ai été informé des initiatives qui sont prises avec foi en ce domaine, et je tiens à apporter tout mon soutien à ceux qui n'ont pas peur, tel le Christ, d'inviter jeunes ou moins jeunes à se mettre au service du Maître qui est là et qui appelle (cf. Jn 11, 28). Je voudrais remercier chaleureusement et encourager toutes les familles, toutes les paroisses, toutes les communautés chrétiennes et tous les mouvements d'Église qui sont la bonne terre qui donne le bon fruit (cf. Mt 13, 8) des vocations. Dans ce contexte, je ne veux pas omettre d’exprimer ma reconnaissance pour les innombrables prières de vrais disciples du Christ et de son Église. Il y a parmi eux des prêtres, des religieux et religieuses, des personnes âgées ou des malades, des prisonniers aussi, qui durant des décennies ont fait monter vers Dieu leurs supplications pour accomplir le commandement de Jésus : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9, 38). L'Évêque et les communautés de fidèles doivent, pour ce qui les concerne, favoriser et accueillir les vocations sacerdotales et religieuses, en s'appuyant sur la grâce que donne l'Esprit Saint pour opérer le discernement nécessaire. Oui, très chers Frères dans l'épiscopat, continuez à appeler au sacerdoce et à la vie religieuse, tout comme Pierre a lancé ses filets sur l'ordre du Maître, alors qu'il avait passé la nuit à pêcher sans rien prendre (cf. Lc 5, 5).

On ne dira jamais assez que le sacerdoce est indispensable à l'Église, dans l'intérêt même du laïcat. Les prêtres sont un don de Dieu pour l'Église. Les prêtres ne peuvent déléguer leurs fonctions aux fidèles en ce qui concerne leurs missions propres. Chers Frères dans l'épiscopat, je vous invite à rester soucieux d'aider vos prêtres à vivre dans une union intime avec le Christ. Leur vie spirituelle est le fondement de leur vie apostolique. Vous les exhorterez avec douceur à la prière quotidienne et à la célébration digne des Sacrements, surtout de l'Eucharistie et de la Réconciliation, comme le faisait saint François de Sales pour ses prêtres. Tout prêtre doit pouvoir se sentir heureux de servir l'Église. A l'école du curé d'Ars, fils de votre terre et patron de tous les curés du monde, ne cessez pas de redire qu'un homme ne peut rien faire de plus grand que de donner aux fidèles le corps et le sang du Christ, et de pardonner les péchés. Cherchez à être attentifs à leur formation humaine, intellectuelle et spirituelle et à leurs moyens d'existence. Essayez, malgré le poids de vos lourdes occupations, de les rencontrer régulièrement et sachez les recevoir comme des frères et des amis (cf. LG 28 et CPE 16). Les prêtres ont besoin de votre affection, de votre encouragement et de votre sollicitude. Soyez proches d'eux et ayez une attention particulière pour ceux qui sont en difficulté, malades ou âgés (cf. CPE 16). N'oubliez pas qu'ils sont comme le dit le Concile Vatican II, reprenant la superbe expression utilisée par saint Ignace d'Antioche aux Magnésiens, «la couronne spirituelle de l'Évêque » (LG 41).

Le culte liturgique est l'expression suprême de la vie sacerdotale et épiscopale, comme aussi de l'enseignement catéchétique. Votre charge de sanctification du peuple des fidèles, chers Frères, est indispensable à la croissance de l'Église. J'ai été amené à préciser, dans le Motu proprio Summorum Pontificum, les conditions d'exercice de cette charge, en ce qui concerne la possibilité d'utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962) que celui du Pape Paul VI (1970). Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j’espère que l'indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire. Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n'est de trop dans l'Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de Pasteurs, en faisant de nous les Bergers de ses brebis. Nous ne pouvons que Lui rendre grâce de l'honneur et de la confiance qu'Il nous fait. Efforçons-nous donc toujours d'être des serviteurs de l'unité !

Quels sont les autres domaines qui requièrent une plus grande attention ? Les réponses peuvent différer d'un diocèse à l'autre, mais il y a certainement un problème qui apparaît partout d’une urgence particulière : c’est la situation de la famille. Nous savons que le couple et la famille affrontent aujourd'hui de vraies bourrasques. Les paroles de l’évangéliste à propos de la barque dans la tempête au milieu du lac peuvent s’appliquer à la famille : « Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait » (Mc 4, 37). Les facteurs qui ont amené cette crise sont bien connus, et je ne m'attarderai donc pas à les énumérer. Depuis plusieurs décennies, des lois ont relativisé en différents pays sa nature de cellule primordiale de la société. Souvent, elles cherchent plus à s'adapter aux mœurs et aux revendications de personnes ou de groupes particuliers, qu'à promouvoir le bien commun de la société. L'union stable d'un homme et d'une femme, ordonnée à la construction d'un bonheur terrestre grâce à la naissance d'enfants donnés par Dieu, n'est plus, dans l'esprit de certains, le modèle auquel l’engagement conjugal se réfère. Cependant l’expérience enseigne que la famille est le socle sur lequel repose toute la société. De plus, le chrétien sait que la famille est aussi la cellule vivante de l'Église. Plus la famille sera imprégnée de l'esprit et des valeurs de l'Évangile, plus l'Église elle-même en sera enrichie et répondra mieux à sa vocation. D’ailleurs je connais et j’encourage vivement les efforts que vous faites afin d'apporter votre soutien aux différentes associations qui œuvrent pour aider les familles. Vous avez raison de maintenir, même à contre-courant, les principes qui font la force et la grandeur du Sacrement de mariage. L'Église veut rester indéfectiblement fidèle au mandat que lui a confié son Fondateur, notre Maître et Seigneur Jésus-Christ. Elle ne cesse de répéter avec Lui : « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! » (Mt 19, 6). L’Église ne s'est pas donné cette mission : elle l'a reçue. Certes, personne ne peut nier l'existence d'épreuves, parfois très douloureuses, que traversent certains foyers. Il faudra accompagner ces foyers en difficulté, les aider à comprendre la grandeur du mariage, et les encourager à ne pas relativiser la volonté de Dieu et les lois de vie qu'Il nous a données. Une question particulièrement douloureuse, nous le savons, est celle des divorcés remariés. L'Église, qui ne peut s'opposer à la volonté du Christ, maintient fermement le principe de l'indissolubilité du mariage, tout en entourant de la plus grande affection ceux et celles qui, pour de multiples raisons, ne parviennent pas à le respecter. On ne peut donc admettre les initiatives qui visent à bénir des unions illégitimes. L'Exhortation apostolique Familiaris consortio a indiqué le chemin ouvert par une pensée respectueuse de la vérité et de la charité.

Les jeunes, je le sais bien, chers Frères, sont au centre de vos préoccupations. Vous leur consacrez beaucoup de temps, et vous avez raison. Ainsi que vous avez pu le constater, je viens d'en rencontrer une multitude à Sydney, au cours de la Journée Mondiale de la Jeunesse. J'ai apprécié leur enthousiasme et leur capacité de se consacrer à la prière. Tout en vivant dans un monde qui les courtise et qui flatte leurs bas instincts, portant, eux aussi, le poids bien lourd d'héritages difficiles à assumer, les jeunes conservent une fraîcheur d'âme qui a fait mon admiration. J'ai fait appel à leur sens des responsabilités en les invitant à s'appuyer toujours sur la vocation que Dieu leur a donnée au jour de leur Baptême. « Notre force, c'est ce que le Christ veut de nous », disait le Cardinal Jean-Marie Lustiger. Au cours de son premier voyage en France, mon vénéré Prédécesseur avait fait entendre aux jeunes de votre pays un discours qui n'a rien perdu de son actualité et qui avait alors reçu un accueil d'une ferveur inoubliable. « La permissivité morale ne rend pas l'homme heureux », avait-il proclamé au Parc-des-Princes, sous des tonnerres d'applaudissements. Le bon sens qui inspirait la saine réaction de son auditoire n'est pas mort. Je prie l'Esprit Saint de parler au cœur de tous les fidèles et, plus généralement, de tous vos compatriotes, afin de leur donner - ou de leur rendre - le goût d'une vie menée selon les critères d'un bonheur véritable.

A l'Élysée, j'ai évoqué l'autre jour l'originalité de la situation française que le Saint-Siège désire respecter. Je suis convaincu, en effet, que les Nations ne doivent jamais accepter de voir disparaître ce qui fait leur identité propre. Dans une famille, les différents membres ont beau avoir le même père et la même mère, ils ne sont pas des individus indifférenciés, mais bien des personnes avec leur propre singularité. Il en va de même pour les pays, qui doivent veiller à préserver et développer leur culture propre, sans jamais la laisser absorber par d'autres ou se noyer dans une terne uniformité. « La Nation est en effet, pour reprendre les termes du Pape Jean-Paul II, la grande communauté des hommes qui sont unis par des liens divers, mais surtout, précisément, par la culture. La Nation existe "par" la culture et "pour" la culture, et elle est donc la grande éducatrice des hommes pour qu'ils puissent "être davantage" dans la communauté » (Discours à l'UNESCO, 2 juin 1980, n. 14). Dans cette perspective, la mise en évidence des racines chrétiennes de la France permettra à chacun des habitants de ce Pays de mieux comprendre d'où il vient et où il va. Par conséquent, dans le cadre institutionnel existant et dans le plus grand respect des lois en vigueur, il faudrait trouver une voie nouvelle pour interpréter et vivre au quotidien les valeurs fondamentales sur lesquelles s’est construite l’identité de la Nation. Votre Président en a évoqué la possibilité. Les présupposés sociopolitiques d’une antique méfiance, ou même d’hostilité, s'évanouissent peu à peu. L'Église ne revendique pas la place de l'État. Elle ne veut pas se substituer à lui. Elle est une société basée sur des convictions, qui se sait responsable du tout et ne peut se limiter à elle-même. Elle parle avec liberté, et dialogue avec autant de liberté dans le seul désir d'arriver à la construction de la liberté commune. Une saine collaboration entre la Communauté politique et l’Église, réalisée dans la conscience et le respect de l’indépendance et l’autonomie de chacune dans son propre domaine, est un service rendu à l’homme, ordonné à son épanouissement personnel et social. De nombreux points, prémices d'autres qui s'y ajouteront selon les nécessités, ont déjà été examinés et résolus au sein de l’ « Instance de Dialogue entre l’Église et l’État ». En vertu de sa mission propre et au nom du Saint-Siège, le Nonce Apostolique y siège naturellement, lui qui est appelé à suivre activement la vie de l’Église et sa situation dans la société.

Comme vous le savez, mes prédécesseurs, le bienheureux Jean XXIII, ancien Nonce à Paris, et le Pape Paul VI, ont voulu des Secrétariats qui sont devenus, en 1988, le Conseil Pontifical pour la promotion de l'Unité des Chrétiens et le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux. S'y ajoutèrent très vite la Commission pour les Rapports Religieux avec le Judaïsme et la Commission pour les Rapports Religieux avec les Musulmans. Ces structures sont en quelque sorte la reconnaissance institutionnelle et conciliaire des innombrables initiatives et réalisations antérieures. Des commissions ou conseils similaires se trouvent d'ailleurs dans votre Conférence Épiscopale et dans vos Diocèses. Leur existence et leur fonctionnement démontrent la volonté de l'Église d'aller de l'avant (…) dans le dialogue bilatéral. La récente Assemblée plénière du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux a mis en évidence que le dialogue authentique demande comme conditions fondamentales une bonne formation pour ceux qui le promeuvent, et un discernement éclairé pour avancer peu à peu dans la découverte de la Vérité. L'objectif des dialogues œcuménique et interreligieux, différents naturellement dans leur nature et leur finalité respective, est la recherche et l’approfondissement de la Vérité. Il s'agit donc d'une tâche noble et obligatoire pour tout homme de foi, car le Christ lui-même est la Vérité. La construction des ponts entre les grandes traditions ecclésiales chrétiennes et le dialogue avec les autres traditions religieuses, exigent un réel effort de connaissance réciproque, car l'ignorance détruit plus qu'elle ne construit. Par ailleurs, il n'y a que la Vérité qui permette de vivre authentiquement le double Commandement de l'Amour que nous a laissé Notre Sauveur. Certes, il faut suivre avec attention les différentes initiatives entreprises et discerner celles qui favorisent la connaissance et le respect réciproques, ainsi que la promotion du dialogue, et éviter celles qui conduisent à des impasses. La bonne volonté ne suffit pas. Je crois qu'il est bon de commencer par l'écoute, puis de passer à la discussion théologique pour arriver enfin au témoignage et à l'annonce de la foi elle-même (cf. Note doctrinale sur certains aspects de l'évangélisation, n. 12, 3 décembre 2007). Puisse l'Esprit Saint vous donner le discernement qui doit caractériser tout Pasteur ! Saint Paul recommande : « Discernez la valeur de toute chose. Ce qui est bien, gardez-le ! » (1 Th 5, 21). La société globalisée, pluriculturelle et pluri-religieuse dans laquelle nous vivons, est une opportunité que nous donne le Seigneur de proclamer la Vérité et d'exercer l'Amour afin d'atteindre tout être humain sans distinction, même au-delà des limites de l'Église visible.

L'année qui a précédé mon élection au Siège de Pierre, j'ai eu la joie de venir dans votre pays pour y présider les cérémonies commémoratives du soixantième anniversaire du débarquement en Normandie. Rarement comme alors, j'ai senti l'attachement des fils et des filles de France à la terre de leurs aïeux. La France célébrait alors sa libération temporelle, au terme d'une guerre cruelle qui avait fait de nombreuses victimes. Aujourd’hui, c'est surtout en vue d’une véritable libération spirituelle qu'il convient d'œuvrer. L'homme a toujours besoin d'être libéré de ses peurs et de ses péchés. L'homme doit sans cesse apprendre ou réapprendre que Dieu n'est pas son ennemi, mais son Créateur plein de bonté. L'homme a besoin de savoir que sa vie a un sens et qu'il est attendu, au terme de son séjour sur la terre, pour partager à jamais la gloire du Christ dans les cieux. Votre mission est d'amener la portion du Peuple de Dieu confiée à vos soins à la reconnaissance de ce terme glorieux. Veuillez trouver ici l'expression de mon admiration et de ma gratitude pour tout ce que vous faites afin d'aller en ce sens. Veuillez être assurés de ma prière quotidienne pour chacun de vous. Veuillez croire que je ne cesse de demander au Seigneur et à sa Mère de vous guider sur votre route.

Avec joie et émotion, je vous confie, très chers Frères dans l'Épiscopat, à Notre Dame de Lourdes et à sainte Bernadette. La puissance de Dieu s'est toujours déployée dans la faiblesse. L'Esprit Saint a toujours lavé ce qui était souillé, abreuvé ce qui était sec, redressé ce qui était déformé. Le Christ Sauveur, qui a bien voulu faire de nous les instruments de la communication de son amour aux hommes, ne cessera jamais de vous faire grandir dans la foi, l'espérance et la charité, pour vous donner la joie d'amener à Lui un nombre croissant d'hommes et de femmes de notre temps. En vous confiant à sa force de Rédempteur, je vous donne à tous et de tout cœur une affectueuse Bénédiction Apostolique.

[01421-03.02] [Texte original: Français]

 TRADUZIONE IN LINGUA ITALIANA

Signori Cardinali,
carissimi Fratelli nell’Episcopato!

È la prima volta dall’inizio del mio Pontificato che ho la gioia di incontrarvi tutti insieme. Saluto cordialmente il vostro Presidente, il Cardinale André Vingt-Trois, e lo ringrazio delle gentili e profonde parole che mi ha rivolto a vostro nome. Saluto anche con piacere i Vice-Presidenti, così come il Segretario Generale e i suoi collaboratori. Un saluto caloroso rivolgo a ciascuno di voi, miei Fratelli nell’Episcopato, che siete venuti dai quattro angoli della Francia e d’oltremare. Il mio pensiero va anche a Mons. François Garnier, Arcivescovo di Cambrai, che celebra oggi a Valenciennes il Millenario di "Notre-Dame du Saint-Cordon".

Mi rallegro di essere stasera tra voi in questo emiciclo intitolato a "Sainte Bernadette", che è il luogo ordinario delle vostre preghiere e dei vostri incontri, luogo nel quale esponete le vostre preoccupazioni e le vostre speranze, luogo anche delle vostre discussioni e delle vostre riflessioni. Questa sala è posta in un punto privilegiato presso la grotta e le basiliche mariane. Certo, le visite "ad limina" vi consentono di incontrare regolarmente il Successore di Pietro a Roma, ma il momento che noi ora viviamo ci è dato come una grazia per confermare i legami stretti che ci uniscono nella partecipazione al medesimo sacerdozio direttamente derivante da quello di Cristo redentore. Vi incoraggio a continuare a lavorare nell’unità e nella fiducia, in piena comunione con Pietro che è venuto per confermare la vostra fede. Lei, Eminenza, ha detto che sono tante le vostre e le nostre attuali preoccupazioni! So che intendete impegnarvi con entusiasmo a lavorare entro il nuovo quadro definito con la riorganizzazione della carta delle province ecclesiastiche, e me ne rallegro vivamente. Vorrei profittare di questa occasione per riflettere con voi su qualche tema che so essere al centro della vostra attenzione.

La Chiesa – Una, Santa, Cattolica e Apostolica - vi ha generati mediante il Battesimo. Essa vi ha chiamati al suo servizio; voi le avete donato la vostra vita, prima come diaconi e sacerdoti, poi come Vescovi. Vi esprimo tutto il mio apprezzamento per questo dono delle vostre persone: nonostante l’ampiezza del compito, che ne sottolinea l’onore – honor, onus ! – voi adempite con fedeltà e umiltà il triplice vostro compito, nei confronti del gregge che vi è affidato, di insegnare, governare, santificare, alla luce della Costituzione Lumen gentium (nn.25-28) e del Decreto Christus Dominus. Successori degli Apostoli, voi rappresentate il Cristo a capo delle diocesi che vi sono state affidate, e vi sforzate di realizzare in esse l’immagine del Vescovo tracciata da san Paolo; dovete crescere senza posa in questa via, nell’intento di essere sempre più "ospitali, amanti del bene, assennati, giusti, pii, padroni di voi stessi, attaccati alla dottrina sicura, secondo l’insegnamento trasmesso" (cfr Tt 1,8-9). Il popolo cristiano deve guardarvi con affezione e rispetto. Fin dalle origini la tradizione cristiana ha insistito su questo punto: "Tutti quelli che sono per Dio e per Gesù Cristo, sono con il Vescovo" scriveva sant’Ignazio di Antiochia (Ai Filad., 3,2), il quale aggiungeva pure: "Colui che il padrone di casa invia per amministrare la sua casa, noi dobbiamo accoglierlo come accoglieremmo colui che lo ha inviato" (Agli Efes. 6,1). La vostra missione, soprattutto spirituale, sta dunque nel creare le condizioni necessarie perché i fedeli possano, per citare di nuovo sant’Ignazio, "cantare ad una sola voce mediante Cristo un inno al Padre" (Ibid. 4,2) e in tal modo fare della loro vita un’offerta a Dio.

Voi siete giustamente convinti che per far crescere in ogni battezzato il gusto di Dio e la comprensione del senso della vita, la catechesi riveste un’importanza fondamentale. I due strumenti principali di cui disponete, il Catechismo della Chiesa Cattolica e il Catechismo dei Vescovi di Francia, costituiscono mezzi preziosi. Offrono infatti una sintesi armoniosa della fede cattolica e consentono di annunciare il Vangelo con fedeltà reale alla sua ricchezza. La catechesi non è innanzitutto una questione di metodo, ma di contenuto, come indica il suo stesso nome: si tratta di un’assimilazione organica (kat-echein) dell’insieme della rivelazione cristiana, capace di mettere a disposizione delle intelligenze e dei cuori la Parola di Colui che ha dato la sua vita per noi. In questo modo, la catechesi fa risuonare nel cuore di ciascun essere umano un unico appello rinnovato senza posa: "Seguimi" (Mt 9,9). Una accurata preparazione dei catechisti consentirà la trasmissione integrale della fede, secondo l’esempio di san Paolo, il più grande catechista di tutti i tempi, al quale guardiamo con un’ammirazione particolare in questo bimillenario della sua nascita. In mezzo alle cure apostoliche egli esortava così: "Verrà giorno in cui non si sopporterà più la sana dottrina ma, per il prurito di udire qualcosa, gli uomini si circonderanno di maestri secondo le proprie voglie, rifiutando di dare ascolto alla verità per volgersi alle favole" (2 Tm 4,3-4). Consapevoli del grande realismo delle sue previsioni, con umiltà e perseveranza voi vi sforzate di corrispondere alle sue raccomandazioni: "Annunzia la parola, insisti in ogni occasione opportuna e non opportuna … con ogni magnanimità e dottrina" (2 Tm 4,2).

Per realizzare efficacemente questo compito, voi avete bisogno di collaboratori. Per questo motivo le vocazioni sacerdotali e religiose meritano più che mai di essere incoraggiate. Sono stato informato delle iniziative che con fede vengono prese in questo settore e ci tengo a recare tutto il mio sostegno a coloro che non hanno paura, come ha fatto Cristo, di invitare giovani e meno giovani a mettersi al servizio del Maestro che è qui e chiama (cfr Gv 11,28). Vorrei ringraziare calorosamente e incoraggiare tutte le famiglie, tutte le parrocchie, tutte le comunità cristiane e tutti i Movimenti di Chiesa, che sono il terreno fertile capace di dare il buon frutto (cfr Mt 13, 8) delle vocazioni. In questo contesto, non posso tralasciare di esprimere la mia riconoscenza per le innumerevoli preghiere dei veri discepoli di Cristo e della sua Chiesa. Vi sono tra loro sacerdoti, religiosi e religiose, persone anziane o malate, anche prigionieri, che per decenni hanno fatto salire a Dio le loro suppliche per dar compimento al comando di Gesù: "Pregate il padrone della messe perché mandi operai nella sua messe"(Mt 9,38). Il Vescovo e le comunità di fedeli devono, per quel che le riguarda, favorire ed accogliere le vocazioni sacerdotali e religiose, poggiando sulla grazia che dona lo Spirito Santo in vista di porre in atto il discernimento necessario. Sì, carissimi Fratelli nell’Episcopato, continuate a chiamare al sacerdozio e alla vita religiosa, così come Pietro gettò le sue reti in adempimento dell’ordine del Maestro, pur avendo passato la notte a pescare senza prendere nulla (cfr Lc 5,5).

Non si ripeterà mai abbastanza che il sacerdozio è indispensabile alla Chiesa, nell’interesse dello stesso laicato. I sacerdoti sono un dono di Dio per la Chiesa. I sacerdoti non possono delegare le loro funzioni ai fedeli in ciò che concerne i loro propri compiti. Cari Fratelli nell’Episcopato, vi esorto a perseverare con ogni premura nell’aiutare i vostri sacerdoti a vivere in intima unione con Cristo. La loro vita spirituale è il fondamento della loro vita apostolica. Li esorterete pertanto con dolcezza alla preghiera quotidiana e alla degna celebrazione dei Sacramenti, soprattutto dell’Eucaristia e della Riconciliazione, come faceva san Francesco di Sales con i suoi preti. Ogni sacerdote deve potersi sentire felice di servire la Chiesa. Alla scuola del Curato d’Ars, figlio della vostra Terra e patrono di tutti i parroci del mondo, non cessate di ridire che un uomo non può far nulla di più grande che donare ai fedeli il Corpo e il Sangue di Cristo e perdonare i peccati. Cercate di essere attenti alla loro formazione umana, intellettuale e spirituale, come anche ai loro mezzi di sussistenza. Sforzatevi, nonostante il carico delle vostre pesanti occupazioni, di incontrarli regolarmente e sappiate riceverli come dei fratelli ed amici (cfr LG 28, CD 16). I sacerdoti hanno bisogno del vostro affetto, del vostro incoraggiamento e della vostra sollecitudine. Siate loro vicini e abbiate un’attenzione particolare per coloro che sono in difficoltà, malati o anziani (cfr CD 16). Non dimenticate che essi sono, come dice il Concilio Vaticano II riprendendo la stupenda espressione usata da sant’Ignazio di Antiochia nella Lettera ai cristiani di Magnesia, "la corona spirituale del Vescovo"(cfr LG 41).

Il culto liturgico è l’espressione più alta della vita sacerdotale ed episcopale, come anche dell’insegnamento catechetico. Il vostro compito di santificazione del popolo dei fedeli, cari Fratelli, è indispensabile alla crescita della Chiesa. Nel "Motu proprio" Summorum Pontificum sono stato portato a precisare le condizioni di esercizio di tale compito, in ciò che concerne la possibilità di usare tanto il Messale del Beato Giovanni XXIII (1962) quanto quello del Papa Paolo VI (1970). Alcuni frutti di queste nuove disposizioni si sono già manifestati, e io spero che l’indispensabile pacificazione degli spiriti sia, per grazia di Dio, in via di realizzarsi. Misuro le difficoltà che voi incontrate, ma non dubito che potrete giungere, in tempi ragionevoli, a soluzioni soddisfacenti per tutti, così che la tunica senza cuciture del Cristo non si strappi ulteriormente. Nessuno è di troppo nella Chiesa. Ciascuno, senza eccezioni, in essa deve potersi sentire "a casa sua", e mai rifiutato. Dio, che ama tutti gli uomini e non vuole che alcuno perisca, ci affida questa missione facendo di noi i Pastori delle sue pecore. Non possiamo che rendergli grazie per l’onore e la fiducia che Egli ci riserva. Sforziamoci pertanto di essere sempre servitori dell’unità!

Quali sono gli altri campi che richiedono maggiore attenzione? Le risposte possono differire da una diocesi all’altra, ma vi è un problema che appare dappertutto di una particolare urgenza: è la situazione della famiglia. Sappiamo che la coppia e la famiglia affrontano oggi delle vere burrasche. Le parole dell’evangelista a proposito della barca nella tempesta in mezzo al lago possono applicarsi alla famiglia: "Il vento gettava le onde nella barca, tanto che ormai era piena" (Mc 4, 37). I fattori che hanno generato questa crisi sono ben conosciuti, e non mi soffermerò perciò ad elencarli. Da vari decenni le leggi hanno relativizzato in molti Paesi la sua natura di cellula primordiale della società. Spesso le leggi cercano più di adattarsi ai costumi e alle rivendicazioni di particolari individui o gruppi, che non di promuovere il bene comune della società. L’unione stabile di un uomo e di una donna, ordinata alla edificazione di un benessere terreno, grazie alla nascita di bambini donati da Dio, non è più, nella mente di certuni, il modello a cui l’impegno coniugale mira. Tuttavia l’esperienza insegna che la famiglia è lo zoccolo solido sul quale poggia l’intera società. Di più, il cristiano sa che la famiglia è anche la cellula viva della Chiesa. Più la famiglia sarà imbevuta dello spirito e dei valori del Vangelo, più la Chiesa stessa ne sarà arricchita e risponderà meglio alla sua vocazione. Conosco, per altro, ed incoraggio vivamente gli sforzi che fate per recare il vostro sostegno alle diverse associazioni che operano per aiutare le famiglie. Avete ragione di attenervi con fermezza, anche a costo di andare controcorrente, ai principi che fanno la forza e la grandezza del Sacramento del matrimonio. La Chiesa vuol restare indefettibilmente fedele al mandato che le ha affidato il suo Fondatore, il nostro Maestro e Signore Gesù Cristo. Essa non cessa di ripetere con Lui: "Ciò che Dio ha unito l’uomo non lo separi!" (Mt 19,6). La Chiesa non si è data da sola questa missione: l’ha ricevuta. Certo, nessuno può negare l’esistenza di prove, a volte molto dolorose, che certi focolari attraversano. Sarà necessario accompagnare le famiglie in difficoltà, aiutarle a comprendere la grandezza del matrimonio, e incoraggiarle a non relativizzare la volontà di Dio e le leggi di vita che Egli ci ha dato. Una questione particolarmente dolorosa, come sappiamo, è quella dei divorziati risposati. La Chiesa, che non può opporsi alla volontà di Cristo, conserva con fedeltà il principio dell’indissolubilità del matrimonio, pur circondando del più grande affetto gli uomini e le donne che, per ragioni diverse, non giungono a rispettarlo. Non si possono dunque ammettere le iniziative che mirano a benedire le unioni illegittime. L’Esortazione apostolica Familiaris consortio ha indicato il cammino aperto da un pensiero rispettoso della verità e della carità.

I giovani, lo so bene cari Fratelli, sono al centro delle vostre preoccupazioni. Voi dedicate loro molto tempo, e avete ragione. Come avete potuto constatare, ne ho appena contattato una moltitudine a Sydney, nel corso della Giornata Mondiale della Gioventù. Ho potuto apprezzarne l’entusiasmo e la capacità di consacrarsi alla preghiera. Pur vivendo in un mondo che li corteggia e blandisce i loro bassi istinti, e portando essi pure il fardello pesante di eredità difficili da assimilare, i giovani conservano una freschezza d’animo che ha suscitato la mia ammirazione. Ho fatto appello al loro senso di responsabilità, invitandoli a far leva sempre sulla vocazione che Dio ha loro donato nel giorno del Battesimo. "La nostra forza sta in ciò che Cristo vuole da noi", diceva il Cardinal Jean-Marie Lustiger. Nel corso del suo primo viaggio in Francia, il mio venerato Predecessore rivolse ai giovani del vostro Paese un discorso che non ha perduto nulla della sua attualità e che ricevette allora un’accoglienza di indimenticabile calore. "La permissività morale non rende l’uomo felice", proclamò nel Parco dei Principi sotto un uragano d’applausi. Il buon senso che ispirava la sana reazione del suo uditorio non è morto. Prego lo Spirito Santo di voler parlare al cuore di tutti i fedeli e, più generalmente, di tutti i vostri compatrioti, per dare loro – o per loro restituire – il gusto di una vita condotta secondo i criteri di una vera felicità.

All’Eliseo ho evocato l’altro giorno l’originalità della situazione francese, che la Santa Sede desidera rispettare. Sono convinto, in effetti, che le Nazioni non devono mai accettare di veder sparire ciò che costituisce la loro specifica identità. In una famiglia, il fatto che i diversi membri abbiano lo stesso padre e la stessa madre non comporta che essi siano soggetti tra loro indifferenziati: sono in realtà persone con una propria individualità. La stessa cosa avviene per i Paesi, che devono vegliare a preservare e a sviluppare la loro specifica cultura, senza lasciarla mai assorbire dalle altre o affogare in una spenta uniformità. "La Nazione è, in effetti, per riprendere le parole del Papa Giovanni Paolo II, la grande comunità degli uomini uniti tra loro da legami diversi, ma soprattutto precisamente dalla cultura. La Nazione esiste ‘mediante’ la cultura e ‘per’ la cultura, ed essa è perciò la grande educatrice degli uomini perché, nella comunità, possano ’essere ancora di più’ " (Discorso all’UNESCO, 2 giugno 1980, n.14). In questa prospettiva, il porre in evidenza le radici cristiane della Francia permetterà ad ogni abitante di questo Paese di meglio comprendere da dove egli venga e dove egli vada. Di conseguenza, nel quadro istituzionale esistente e nel massimo rispetto delle Leggi in vigore, occorrerebbe trovare una strada nuova per interpretare e vivere nel quotidiano i valori fondamentali sui quali si è costruita l’identità della Nazione. Il vostro Presidente ne ha evocato la possibilità. I presupposti socio-politici dell’antica diffidenza o persino ostilità svaniscono poco a poco. La Chiesa non rivendica per sé il posto dello Stato. Essa non vuole sostituirglisi. E’ infatti una società basata su convinzioni, che si sente responsabile dell’insieme e non può limitarsi a se stessa. Essa parla con libertà e dialoga con altrettanta libertà nel desiderio di giungere alla edificazione della libertà comune. Grazie ad una sana collaborazione tra la Comunità politica e la Chiesa, realizzata nella consapevolezza e nel rispetto dell’indipendenza e dell’autonomia di ciascuna nel proprio campo, si rende all’uomo un servizio che mira al suo pieno sviluppo personale e sociale. Numerosi punti, primizie di altri che vi si aggiungeranno secondo le necessità, sono già stati esaminati e risolti in seno alla "Istanza di Dialogo tra la Chiesa e lo Stato". Di questa fa naturalmente parte, in virtù della missione sua propria e in nome della Santa Sede, il Nunzio Apostolico, che è chiamato a seguire attivamente la vita della Chiesa e la sua situazione nella società.

Come sapete, i miei Predecessori, il Beato Giovanni XXIII, antico Nunzio a Parigi, e il Papa Paolo VI hanno costituito dei Segretariati che sono divenuti, nel 1988, il Pontificio Consiglio per la Promozione dell’Unità dei Cristiani e il Pontificio Consiglio per il Dialogo Interreligioso. Vi si aggiunsero ben presto la Commissione per i Rapporti religiosi con l’Ebraismo e la Commissione per i Rapporti religiosi con i Musulmani. Questa strutture sono in qualche modo il riconoscimento istituzionale e conciliare di innumerevoli iniziative e realizzazioni anteriori. Commissioni e Consigli simili si trovano del resto nella vostra Conferenza Episcopale e nelle vostre diocesi. La loro esistenza e il loro funzionamento dimostrano la volontà della Chiesa di andare avanti sviluppando il dialogo bilaterale. La recente Assemblea plenaria del Pontificio Consiglio per il Dialogo Interreligioso ha messo in evidenza che il dialogo autentico richiede, come condizioni fondamentali, una buona formazione per coloro che lo promuovono e un discernimento illuminato per avanzare poco a poco nella scoperta della Verità. L’obiettivo dei dialoghi ecumenico e interreligioso, differenti naturalmente nella loro natura e nelle finalità rispettive, è la ricerca e l’approfondimento della Verità. Si tratta di un compito nobile e obbligatorio per ogni uomo di fede, perché Cristo stesso è la Verità. La costruzione di ponti tra le grandi tradizioni ecclesiali cristiane e il dialogo con le altre tradizioni religiose esigono un reale impegno di conoscenza reciproca, perché l’ignoranza distrugge più che costruire. D’altra parte, non v’è che la Verità che permetta di vivere autenticamente il duplice comandamento dell’amore che ci ha lasciato il nostro Salvatore. Certo, è necessario seguire con attenzione le diverse iniziative intraprese e discernere quelle che favoriscono la conoscenza e il rispetto reciproci, così come la promozione del dialogo, ed evitare quelle che conducono in vicoli ciechi. La buona volontà non basta. Sono convinto che convenga cominciare con l’ascolto, per poi passare alla discussione teologica ed arrivare infine alla testimonianza e all’annuncio della fede stessa (cfr Nota dottrinale su certi aspetti dell’evangelizzazione, n.12: 3 dicembre 2007). Lo Spirito Santo vi doni il discernimento che deve caratterizzare ogni Pastore. San Paolo raccomanda: "Esaminate ogni cosa, tenete ciò che è buono" (1 Ts 5,21). La società globalizzata, pluriculturale e plurireligiosa nella quale viviamo, è un’opportunità che il Signore ci offre di proclamare la Verità e di esercitare l’Amore, nell’intento di raggiungere ogni essere umano senza distinzione, anche al di là dei limiti della Chiesa visibile.

Nell’anno che precedette la mia elezione alla Sede di Pietro, ebbi la gioia di venire nel vostro Paese per presiedervi le cerimonie commemorative del sessantesimo anniversario dello sbarco in Normandia. Raramente ho avvertito come allora l’attaccamento dei figli e delle figlie di Francia alla terra dei loro antenati. La Francia celebrava allora la sua liberazione temporale, al termine di una guerra crudele che aveva fatto innumerevoli vittime. Ora, è soprattutto per una vera liberazione spirituale che conviene lavorare. L’uomo ha sempre bisogno di essere liberato dalle sue paure e dai suoi peccati. L’uomo deve senza sosta imparare o re-imparare che Dio non è suo nemico, ma suo Creatore pieno di bontà. L’uomo ha bisogno di sapere che la sua vita ha un senso e che egli è atteso, al termine della sua permanenza sulla terra, a prendere parte senza fine alla gloria di Cristo nei cieli. Vostra missione è di condurre la porzione di Popolo di Dio affidata alle vostre cure a riconoscere questo termine glorioso. Vogliate accogliere qui l’espressione della mia ammirazione e della mia gratitudine per tutto quel che fate nell’intento di progredire in questo senso. Siate certi della mia preghiera quotidiana per ciascuno di voi. Vogliate credere che non cesso di domandare al Signore e alla sua Madre di guidarvi sulla vostra strada.

Con gioia ed emozione vi affido, carissimi Fratelli nell’Episcopato, a Nostra Signora di Lourdes e a santa Bernadette. La potenza di Dio si è sempre manifestata nella debolezza. Lo Spirito Santo ha sempre lavato ciò che era sordido, irrigato ciò che era arido, raddrizzato ciò che era sviato. Il Cristo Salvatore, che ha voluto fare di noi strumenti di comunicazione del suo amore agli uomini, non cesserà mai di farvi crescere nella fede, nella speranza, nella carità, per darvi la gioia di condurre a Lui un numero crescente di uomini e di donne del nostro tempo. Nell’affidarvi alla sua forza di Redentore, imparto a voi tutti dal profondo del cuore un’affettuosa Benedizione Apostolica.

[01421-01.02] [Testo originale: Francese]

 TRADUZIONE IN LINGUA INGLESE

Venerable Brother Cardinals,
Dear Brother Bishops,

This is the first time since the beginning of my pontificate that I have had the joy of meeting all of you together. I offer cordial greetings to your President, Cardinal André Vingt-Trois, and I thank him for the kind and profound words he has addressed to me in your name. I am also pleased to greet the Vice-Presidents, as well as the General Secretary and his staff. I warmly greet each one of you, my brothers in the episcopate, who have come here from every part of France and from overseas. (I include here Archbishop François Garnier of Cambrai, who is today celebrating in Valenciennes the Millennium of Our Lady of Saint-Cordon).

I am happy to be among you this evening here in the hemicycle of Saint Bernadette’s Church, where you habitually come together for prayer and for your meetings, where you express your concerns and your hopes, where you hold your discussions and your reflections. This hall is in a privileged location close to the grotto and the Marian Basilicas. Of course you regularly encounter the Successor of Peter in Rome on your ad limina visits, but this occasion that brings us together here has been given to us as a grace, to reaffirm the close links that unite us through our sharing in the same priesthood that issues directly from the priesthood of Christ the Redeemer. I encourage you to continue working in unity and trust, in full communion with Peter, who has come in order to strengthen your faith. As you have said, Your Eminence, your concerns – our concerns – are many at this time! I know that you are committed to working within the new framework established by the reorganization of ecclesiastical provinces, and I rejoice that it should be so. I would like to take this opportunity to reflect with you on some topics that I know are at the centre of your attention.

The Church – one, holy, catholic and apostolic – has given birth to you in Baptism. She has called you to her service; you have given her your lives, firstly as deacons and priests, then as Bishops. I express my deep appreciation for this gift of yourselves: despite the magnitude of the task, which underscores its honour – honor, onus! – you carry out with fidelity and humility the triple task towards the flock entrusted to you of teaching, governing, sanctifying, in light of the Constitution Lumen Gentium (nos. 25-28) and the Decree Christus Dominus. As successors of the Apostles, you represent Christ at the head of the dioceses which have been entrusted to you, and you strive to be true to the portrait of the Bishop sketched by Saint Paul; you seek to grow constantly in this path, so as to be ever more “hospitable, lovers of goodness, masters of yourselves, upright, holy and self-controlled; holding firm to the sure word as taught, able to give instruction in sound doctrine” (cf. Tit 1:8-9). The Christian people must regard you with affection and respect. From its origins, Christian tradition has insisted on this point: “All those who belong to God and Jesus Christ, stand by their Bishop”, said Saint Ignatius of Antioch (Letter to the Philadelphians, 3:2), and he added: “When someone is sent by the master of a house to manage his household for him, it is our duty to give him the same kind of reception as we should give to the sender” (Letter to the Ephesians, 6:1). Your mission as spiritual leaders consists, then, in creating the necessary conditions for the faithful – again using words of Saint Ignatius – to “sing aloud to the Father with one voice through Jesus Christ” (ibid., 4:2), and in this way to make their lives an offering to God.

You are rightly convinced that, if every baptized person is to grow in desire for God and in understanding of life’s meaning, catechesis is of fundamental importance. The two principal instruments at your disposal – the Catechism of the Catholic Church and the Catechism of the Bishops of France – are like precious jewels. They offer a harmonious synthesis of the Catholic faith and they ensure that the preaching of the Gospel is truly faithful to the riches that it contains. Catechesis is not first and foremost a question of method, but of content, as the name itself indicates: it is about an organic presentation (kat-echein) of the whole of Christian revelation, in such a way as to make available to minds and hearts the word of him who gave his life for us. In this way, catechesis causes to resound within the heart of every human being a unique call that is ceaselessly renewed: “Follow me” (Mt 9:9). Diligent preparation of catechists will allow integral transmission of the faith, after the example of Saint Paul, the greatest catechist of all time, whom we regard with particular admiration in this bimillennium of his birth. In the midst of his apostolic concerns, he had this to say: “For the time is coming when people will not endure sound teaching, but having itching ears they will accumulate for themselves teachers to suit their own likings, and will turn away from listening to the truth and wander into myths” (2 Tim 4:3-4). Recognizing the truth of his predictions, you strive with humility and perseverance to be faithful to his recommendations: “Preach the word, be urgent in season and out of season … be unfailing in patience and in teaching” (2 Tim 4:2).

In order to accomplish this task effectively, you need co-workers. For this reason, priestly and religious vocations deserve to be encouraged more than ever. I have been informed of the initiatives that have been taken with faith in this area, and I hasten to offer my full support to those who are not afraid, as Christ was not afraid, to invite the young and not so young to place themselves at the service of the Master who is here, calling (cf. Mt 11:28). I would like to offer warm thanks and encouragement to all families, parishes, Christian communities and ecclesial movements, which provide the fertile soil that bears the good fruit (cf. Mt 13:8) of vocations. In this context, I wish to acknowledge the countless prayers of true disciples of Christ and of his Church. These include priests, men and women religious, the elderly, the sick, as well as prisoners, who for decades have offered prayers to God in obedience to the command of Jesus: “Pray therefore the Lord of the harvest to send out labourers into his harvest” (Mt 9:38). The Bishop and the communities of the faithful must play their part in promoting and welcoming priestly and religious vocations, relying on the grace of the Holy Spirit in order to carry out the necessary discernment. Yes, dear Brothers in the episcopate, continue inviting people to the priesthood and the religious life, just as Peter let down the nets at the Master’s order, when he had spent the whole night fishing without catching anything (cf. Lk 5:5).

It can never be said often enough that the priesthood is indispensable to the Church, for it is at the service of the laity. Priests are a gift from God for the Church. Where their specific missions are concerned, priests cannot delegate their functions to the faithful. Dear Brothers in the episcopate, I urge you to continue helping your priests to live in profound union with Christ. Their spiritual life is the foundation of their apostolic life. You will gently exhort them to daily prayer and to the worthy celebration of the sacraments, especially the Eucharist and Reconciliation, as Saint Francis de Sales did for his priests. Every priest should be able to feel happiness in serving the Church. In the school of the Curé d’Ars, a son of your land and patron of pastors throughout the world, constantly reiterate that the greatest thing a man can do is to give the body and blood of Christ to the faithful and to forgive their sins. Seek to be attentive to their human, intellectual and spiritual formation, and to their means of subsistence. Try, despite the weight of your onerous tasks, to meet them regularly and know how to receive them as brothers and friends (cf. Lumen Gentium, 28; Christus Dominus, 16). Priests need your affection, your encouragement and your solicitude. Be close to them and have particular care for those who are in difficulties, sick or elderly (cf. Christus Dominus, 16). Do not forget that they are – as the Second Vatican Council teaches, quoting the magnificent expression used by Saint Ignatius of Antioch in his Letter to the Magnesians – “the spiritual crown of the Bishop” (Lumen Gentium, 41).

Liturgical worship is the supreme expression of priestly and episcopal life, just as it is of catechetical teaching. Your duty to sanctify the faithful people, dear Brothers, is indispensable for the growth of the Church. In the Motu Proprio Summorum Pontificum”, I was led to set out the conditions in which this duty is to be exercised, with regard to the possibility of using the missal of Blessed John XXIII (1962) in addition to that of Pope Paul VI (1970). Some fruits of these new arrangements have already been seen, and I hope that, thanks be to God, the necessary pacification of spirits is already taking place. I am aware of your difficulties, but I do not doubt that, within a reasonable time, you can find solutions satisfactory for all, lest the seamless tunic of Christ be further torn. Everyone has a place in the Church. Every person, without exception, should be able to feel at home, and never rejected. God, who loves all men and women and wishes none to be lost, entrusts us with this mission by appointing us shepherds of his sheep. We can only thank him for the honour and the trust that he has placed in us. Let us therefore strive always to be servants of unity!

What are the other areas that require particular attention? The answers probably vary from one diocese to another, but there is certainly one problem which arises with particular urgency everywhere: the situation of the family. We know that marriage and the family are today experiencing real turbulence. The words of the Evangelist about the boat in the storm on the lake may be applied to the family: “waves beat into the boat, so that the boat was already filling” (Mk 4:37). The factors which brought about this crisis are well known, and there is no need to list them here. For several decades, laws in different countries have been relativizing its nature as the primordial cell of society. Often they are seeking more to adapt to the mores and demands of particular individuals or groups, than to promote the common good of society. The stable union of a man and a women, ordered to building earthly happiness through the birth of children given by God, is no longer, in the minds of certain people, the reference point for conjugal commitment. However, experience shows that the family is the foundation on which the whole of society rests. Moreover, Christians know that the family is also the living cell of the Church. The more the family is steeped in the spirit and values of the Gospel, the more the Church herself will be enriched by them and the better she will fulfil her vocation. I recognize and encourage warmly the efforts you are making to support the various associations active in assisting families. You have reason to uphold firmly, even at the cost of opposing prevailing trends, the principles which constitute the strength and the greatness of the sacrament of marriage. The Church wishes to remain utterly faithful to the mandate entrusted to her by her Founder, her Master and Lord, Jesus Christ. She does not cease to repeat with him: “What God has joined together, let not man put asunder!” (Mt 19:6). The Church did not give herself this mission: she received it. To be sure, none can deny that certain families experience trials, sometimes very painful ones. Families in difficulty must be supported, they must be helped to understand the greatness of marriage, and encouraged not to relativize God’s will and the laws of life which he has given us. A particularly painful situation, as you know, concerns those who are divorced and remarried. The Church, which cannot oppose the will of Christ, firmly maintains the principle of the indissolubility of marriage, while surrounding with the greatest affection those men and women who, for a variety of reasons, fail to respect it. Hence initiatives aimed at blessing irregular unions cannot be admitted. The Post-Synodal Apostolic Exhortation Familiaris Consortio has indicated a way open to the fruit of reflection carried out with respect for truth and charity.

Young people, I know well dear Brothers, are at the centre of your concerns. You devote much of your time to them, and you are right to do so. As you know, I have recently encountered a great multitude of them in Sydney, in the course of World Youth Day. I appreciated their enthusiasm and their capacity to dedicate themselves to prayer. Even while living in a world which courts them and flatters their base instincts, and carrying, as they do, the heavy burdens handed down by history, the young retain a freshness of soul which has elicited my admiration. I appealed to their sense of responsibility by urging them always to draw support from the vocation given them by God on the day of their Baptism. “Our strength lies in what Christ wants from us”, Cardinal Jean-Marie Lustiger used to say. In the course of his first journey to France, my venerable Predecessor delivered an address to the young people of your country which has lost none of its relevance, and which was received at the time with unforgettable fervour. “Moral permissiveness does not make people happy”, he proclaimed at the Parc des Princes, amid thunderous applause. The good sense which inspired the healthy reaction of his hearers is still alive. I ask the Holy Spirit to speak to the hearts of all the faithful and, more generally, of all your compatriots, so as to give them – or to restore to them – the desire for a life lived in accordance with the criteria of true happiness.

At the Élysée Palace on Friday, I spoke of the uniqueness of the French situation, which the Holy See wishes to respect. I am convinced, in fact, that nations must never allow what gives them their particular identity to disappear. The fact that different members of the same family have the same father and mother does not mean that they are undifferentiated subjects: they are actually persons with their own individuality. The same is true for countries, which must take care to preserve and develop their particular culture, without ever allowing it to be absorbed by others or swamped in a dull uniformity. “The Nation is in fact”—to take up the words of Pope John Paul II—“the great community of men who are united by various ties, but above all, precisely by culture. The Nation exists ‘through’ culture and ‘for’ culture, and it is therefore the great educator of men in order that they may ‘be more’ in the community” (Address to UNESCO, 2 June 1980, no. 14). From this perspective, drawing attention to France’s Christian roots will permit each inhabitant of the country to come to a better understanding of his or her origin and destiny. Consequently, within the current institutional framework and with the utmost respect for the laws that are in force, it is necessary to find a new path, in order to interpret and live from day to day the fundamental values on which the Nation’s identity is built. Your President has intimated that this is possible. The social and political presuppositions of past mistrust or even hostility are gradually disappearing. The Church does not claim the prerogative of the State. She does not wish to take its place. She is a community built on certain convictions; she is aware of her responsibility for the whole and cannot remain closed within herself. She speaks freely, and enters into dialogue with equal freedom, in her desire to build up a shared freedom, so that, with due regard for their legitimate diversity in nature and function, the ethical forces of State and Church can work together to allow the individual to thrive, for the sake of building a harmonious society. I congratulate you on the existence for some time of the forum for dialogue, which facilitates relations with the State. A number of issues, preparing the ground for others to be added as the need arises, have already been studied and resolved to universal satisfaction. Thanks to a healthy collaboration between the political community and the Church, made possible through an acknowledgment and respect for the independence and autonomy of each within their particular spheres, a service is rendered to mankind which aims at his full personal and social development. Several points—as well as others in development which will be added as the need arises—have already been studied and resolved within the “Appeal for Dialogue between the Church and the State”. The Apostolic Nunzio, in virtue of his own mission and in the name of the Holy See, naturally takes part in these initiatives, as he is called to follow actively the life of the Church and its situation within society.

As you know, my predecessors – Blessed John XXIII, who was once Nuncio in Paris, and Pope Paul VI – decided to establish Secretariats which, in 1988, became the Pontifical Council for Promoting Christian Unity and the Pontifical Council for Interreligious Dialogue. Quickly added to these were the Commission for Religious Relations with the Jews and the Commission for Religious Relations with Muslims. These structures in some sense constitute the institutional and conciliar recognition of countless earlier initiatives and accomplishments. Similar commissions or councils exist within your Episcopal Conference and your dioceses. Their existence and activity demonstrate the Church’s desire to move forward by developing bilateral dialogue. The recent Plenary Assembly of the Pontifical Council for Interreligious Dialogue has highlighted the fact that authentic dialogue requires, as fundamental conditions, good formation for those who promote it, and enlightened discernment in order to advance step by step in discovering the Truth. The goal of ecumenical and interreligious dialogue, which naturally differ in their respective nature and finality, is to seek and deepen a knowledge of the Truth. It is therefore a noble and obligatory task for every believer, since Christ himself is the Truth. The building of bridges between the great ecclesial Christian traditions, and dialogue with other religious traditions, demand a real striving for mutual understanding, because ignorance destroys more than it builds. Moreover, only the Truth makes it possible to live authentically the dual commandment of Love which our Saviour left us. To be sure, one must follow closely the various initiatives that are undertaken, so as to discern which ones favour reciprocal knowledge and respect, as well as the promotion of dialogue, and so as to avoid those which lead to impasses. Good will is not enough. I believe it is good to begin by listening, then moving on to theological discussion, so as to arrive finally at witness and proclamation of the faith itself (cf. Doctrinal Note on certain aspects of Evangelization, no. 12, 3 December 2007). May the Holy Spirit grant you the discernment which must characterize every Pastor. As Saint Paul recommends: “Test everything; hold fast what is good!” (1 Th 5:21). The globalized, multicultural and multireligious society in which we live is a God-given opportunity to proclaim Truth and practice Love so as to reach out to every human being without distinction, even beyond the limits of the visible Church.

The year preceding my election to the Chair of Peter, I had the joy of coming to your country to preside at the ceremonies commemorating the sixtieth anniversary of the Normandy landings. Seldom as on that occasion have I sensed the attachment of the sons and daughters of France to the land of their ancestors. France was then celebrating its temporal liberation, at the conclusion of a cruel war which had claimed countless victims. Now, and above all, it is time to work towards a genuine spiritual liberation. Man is always in need of liberation from his fears and his sins. Man must ceaselessly learn or relearn that God is not his enemy, but his infinitely good Creator. Man needs to know that his life has a meaning, and that he is awaited, at the conclusion of his earthly sojourn, so as to share for ever in Christ’s glory in heaven. Your mission is to bring the portion of the People of God entrusted to your care to recognize this glorious destiny. Please be assured of my admiration and my gratitude for all that you do in order to achieve this. Please be assured of my daily prayers for each of you. Please believe that I unceasingly ask the Lord and his Mother to guide you on your path.

With heartfelt joy, I entrust you, dear Brothers in the episcopate, to Our Lady of Lourdes and to Saint Bernadette. God’s power has always been manifested in weakness. The Holy Spirit has always cleansed what is soiled, watered what is arid, straightened what is crooked. Christ the Saviour, who has chosen to make us instruments for communicating his love to men, will never cease to make you grow in faith, hope and love, so as to give you the joy of bringing to him a growing number of the men and women of our day. In entrusting you to the power of the Redeemer, I impart to all of you, from my heart, an affectionate Apostolic Blessing.

[01421-02.02] [Original text: French]

 TRADUZIONE IN LINGUA SPAGNOLA

Señores Cardenales,
Queridos Hermanos en el Episcopado

Ésta es la primera vez desde el comienzo de mi Pontificado que tengo la alegría de encontraros a todos juntos. Saludo cordialmente a vuestro Presidente, Cardenal André Vingt-Trois, y le agradezco las palabras amables y profundas que me ha dirigido en vuestro nombre. También saludo con mucho gusto a los Vicepresidentes y al Secretario General y sus colaboradores. Saludo cordialmente a cada uno de vosotros, Hermanos en el Episcopado, venidos desde todos los rincones de Francia y de ultramar (incluyendo a Monseñor François Garnier, Arzobispo de Cambrai, que celebra hoy en Valenciennes el milenio de Notre-Dame du Saint-Cordón).

Me alegra estar aquí esta tarde con vosotros en el hemiciclo «Santa Bernadette», lugar ordinario de vuestras plegarias y reuniones, donde exponéis vuestras preocupaciones y esperanzas, lugar de vuestros debates y reflexiones. La sala está situada en un lugar privilegiado, cerca de la gruta y las basílicas marianas. Por supuesto, las visitas ad limina permiten reuniros periódicamente con el Sucesor de Pedro en Roma, pero en este momento que estamos viviendo, se nos da la gracia de reafirmar los estrechos vínculos que nos unen al compartir el mismo sacerdocio procedente directamente del de Cristo redentor. Os animo a seguir trabajando en unidad y confianza, en plena comunión con Pedro, que ha venido a confirmar vuestra fe. Como ha dicho Su Eminencia, hora tenéis, y tenemos, muchas preocupaciones. Me consta que os tomáis a pecho trabajar en el nuevo marco definido por la reorganización del mapa de las provincias eclesiásticas, y me alegra profundamente. Quisiera aprovechar esta oportunidad para reflexionar con vosotros sobre algunos temas que sé que son centro de vuestra atención.

La Iglesia –Una, Santa, Católica y Apostólica– os ha hecho nacer por el Bautismo. Os ha llamado a su servicio; a él habéis dedicado la vida, primero como diáconos y sacerdotes, después como obispos. Os manifiesto toda mi estima por esta entrega personal: a pesar de la magnitud de la tarea, que subraya el honor que comporta –honor, onus–, cumplís con fidelidad y humildad la triple función que os es propia con respecto a la grey que se os ha encomendado: enseñar, gobernar, santificar, a la luz de la Constitución Lumen gentium (nn. 25-28) y del Decreto Christus Dominus. Sucesores de los Apóstoles, representáis a Cristo al frente de las diócesis que se os han confiado, y os esforzáis por plasmar la imagen de Obispo dibujada por san Pablo; habéis de crecer continuamente en este sentido, para ser siempre «hospitalarios, amigos de lo bueno, de sanos principios, justos, fieles, dueños de sí, apegados a la doctrina cierta y a la enseñanza sana» (cf. Tt 1,8-9). El pueblo cristiano debe teneros afecto y respeto. La tradición cristiana ha hecho hincapié desde el principio en este punto: «Los que son de Dios y de Jesucristo, están con el Obispo», decía san Ignacio de Antioquía (Ad Phil., 3,2), que añadía también: «A quien el dueño de la casa haya mandado para la administración de la casa, hay que recibirlo como al que lo ha mandado (Ad Ef. 6, 1). Vuestra misión, espiritual sobre todo, consiste, pues, en crear las condiciones necesarias para que los fieles, citando de nuevo a san Ignacio, puedan «cantar al unísono por Jesucristo un himno al Padre» (ibíd., 4, 2) y hacer así de su vida una ofrenda a Dios.

Estáis convencidos con razón de que la catequesis es de fundamental importancia para acrecentar en cada bautizado el gusto de Dios y la comprensión del sentido de la vida. Los dos principales instrumentos que tenéis a disposición, el Catecismo de la Iglesia Católica y el Catecismo de los Obispos de Francia son valiosas bazas. Dan una síntesis armoniosa de la fe católica y permiten anunciar el Evangelio con una fidelidad correspondiente a su riqueza. La catequesis no es tanto una cuestión de método, sino de contenido, como indica su propio nombre: se trata de una comprensión orgánica (kat-echein) del conjunto de la revelación cristiana, capaz de poner a disposición de la inteligencia y el corazón la Palabra de Aquel que dio su vida por nosotros. Así, la catequesis hace resonar en el corazón de todo ser humano una sola llamada siempre renovada: «Sígueme» (Mt 9,9). Una esmerada preparación de los catequistas permitirá la transmisión íntegra de la fe, a ejemplo de san Pablo, el más grande catequista de todos los tiempos, al que miramos con admiración particularmente en este segundo milenio de su nacimiento. En medio de sus preocupaciones apostólicas, exhortaba de este modo: «Vendrá un tiempo en que la gente no soportará la doctrina sana, sino que, para halagarse el oído, se rodearán de maestros a la medida de sus deseos; y, apartado el oído de la verdad, se volverán a las fábulas» (2 Tm 4, 3-4). Conscientes del gran realismo de sus previsiones, os esforzáis con humildad y perseverancia en hacer caso a sus recomendaciones: «Proclama la Palabra, insiste a tiempo y destiempo [...] con toda paciencia y deseo de instruir» (ibíd., 4, 2).

Para llevar a cabo eficazmente esta tarea, necesitáis colaboradores. Por eso se han de alentar más que nunca las vocaciones sacerdotales y religiosas. He sido informado sobre las iniciativas emprendidas animosamente en este campo, y quisiera dar todo mi apoyo a quienes, como Cristo, no tienen miedo de invitar a los jóvenes o menos jóvenes a ponerse al servicio del Maestro que está ahí y llama (cf. Jn 11, 28). Quisiera agradecer cordialmente y alentar a todas las familias, parroquias, comunidades cristianas y movimientos de la Iglesia que son la tierra fértil que da el buen fruto de las vocaciones (cf. Mt 13, 8). En este contexto, no deseo omitir mi agradecimiento por las innumerables oraciones de los verdaderos discípulos de Cristo y de su Iglesia, entre los que se hallan: sacerdotes, religiosos y religiosas, ancianos o enfermos, también reclusos, que durante décadas han elevado sus plegarias a Dios para cumplir el mandato de Jesús: «Rogad, pues, al Señor de la mies que mande trabajadores a su mies» (Mt 9,38). El Obispo y las comunidades de fieles deben, por lo que les concierne, favorecer y acoger las vocaciones sacerdotales y religiosas, apoyándose en la gracia otorgada por el Espíritu Santo para el necesario discernimiento. Sí, queridos Hermanos en el Episcopado, seguid llamando al sacerdocio y a la vida religiosa, como Pedro echó las redes por orden del Maestro, tras pasar una noche de pesca sin obtener nada (cf. Lc 5,5).

Nunca se repetirá bastante que el sacerdocio es esencial para la Iglesia, por el bien mismo del laicado. Los sacerdotes son un don de Dios para la Iglesia. No pueden delegar sus funciones a los fieles en lo que se refiere a las misiones que les son propias. Queridos Hermanos en el Episcopado, os invito a seguir solícitos para ayudar a vuestros sacerdotes a vivir en íntima unión con Cristo. Su vida espiritual es el fundamento de su vida apostólica. Exhortadles con dulzura a la oración cotidiana y a la celebración digna de los sacramentos, especialmente de la Eucaristía y la Reconciliación, como lo hacía San Francisco de Sales con sus sacerdotes. Todo sacerdote debe poder sentirse dichoso de servir a la Iglesia. A ejemplo del cura de Ars, hijo de vuestra tierra y patrono de todos los párrocos del mundo, no dejéis de reiterar que un hombre no puede hacer nada más grande que dar a los fieles el cuerpo y la sangre de Cristo, y perdonar los pecados. Tratad de estar atentos a su formación humana, intelectual y espiritual, y a sus recursos para vivir. Pese a la carga de vuestras gravosas ocupaciones, intentad encontraros con ellos regularmente, sabiéndolos acoger como hermanos y amigos (cf. Lumen gentium, 28; Christus Dominus, 16). Los sacerdotes necesitan vuestro afecto, vuestro aliento y solicitud. Estad a su lado y tened una atención especial con los que están en dificultad, los enfermos o de edad avanzada (cf. Christus Dominus, 16). No olvidéis que, como dice el Concilio Vaticano II usando una espléndida expresión de san Ignacio de Antioquía a los Magnesios, son «la corona espiritual del Obispo» (Lumen gentium, 41).

El culto litúrgico es la expresión suprema de la vida sacerdotal y episcopal, como también de la enseñanza catequética. Queridos Hermanos, vuestro oficio de santificar a los fieles es esencial para el crecimiento de la Iglesia. Me he sentido impulsado a precisar en el "Motu proprio" Summorum Pontificum las condiciones para ejercer esta responsabilidad por lo que respecta a la posibilidad de utilizar tanto el misal del Beato Juan XXIII (1962) como el del Papa Pablo VI (1970). Ya se han dejado ver los frutos de estas nuevas disposiciones, y espero el necesario apaciguamiento de los espíritus que, gracias a Dios, se está produciendo. Tengo en cuenta las dificultades que encontráis, pero no me cabe la menor duda de que podéis llegar, en un tiempo razonable, a soluciones satisfactorias para todos, para que la túnica inconsútil de Cristo no se desgarre todavía más. Nadie está de más en la Iglesia. Todos, sin excepción, han de poder sentirse en ella "como en su casa", y nunca rechazados. Dios, que ama a todos los hombres y no quiere que ninguno se pierda, nos confía esta misión haciéndonos Pastores de su grey. Sólo nos queda darle gracias por el honor y la confianza que Él nos otorga. Por tanto, esforcémonos por ser siempre servidores de la unidad.

¿Qué otros temas requieren mayor atención? Las respuestas pueden variar de una diócesis a otra, pero hay sin duda un problema particularmente urgente que aparece en todas partes: la situación de la familia. Sabemos que el matrimonio y la familia se enfrentan ahora a verdaderas borrascas. Las palabras del evangelista sobre la barca en la tempestad en medio del lago se pueden aplicar a la familia: «Las olas rompían contra la barca hasta casi llenarla de agua» (Mc 4,37). Los factores que han llevado a esta crisis son bien conocidos y, por tanto, no me demoraré en enumerarlos. Desde hace algunas décadas, las leyes han relativizado en diferentes países su naturaleza de célula primordial de la sociedad. A menudo, las leyes buscan acomodarse más a las costumbres y a las reivindicaciones de personas o de grupos particulares que a promover el bien común de la sociedad. La unión estable entre un hombre y una mujer, ordenada a construir una felicidad terrenal, con el nacimiento de los hijos dados por Dios, ya no es, en la mente de algunos, el modelo al que se refiere el compromiso conyugal. Sin embargo, la experiencia enseña que la familia es el pedestal sobre el que descansa toda la sociedad. Además, el cristiano sabe que la familia es también la célula viva de la Iglesia. Cuanto más impregnada esté la familia del espíritu y de los valores del Evangelio, tanto más la Iglesia misma se enriquecerá y responderá mejor a su vocación. Por otra parte, conozco y aliento ardientemente los esfuerzos que hacéis para dar vuestro apoyo a las diferentes asociaciones dedicadas a ayudar a las familias. Tenéis razón en mantener, incluso a costa de ir contracorriente, los principios que son la fuerza y la grandeza del Sacramento del Matrimonio. La Iglesia quiere seguir siendo indefectiblemente fiel al mandato que le confió su Fundador, nuestro Maestro y Señor Jesucristo. Nunca deja de repetir con Él: "Lo que Dios ha unido, que no lo separe el hombre" (Mt 19,6). La Iglesia no se ha inventado esta misión, sino que la ha recibido. Ciertamente, nadie puede negar que ciertos hogares atraviesan pruebas, a veces muy dolorosas. Habrá que acompañar a los hogares en dificultad, ayudarles a comprender la grandeza del matrimonio y animarlos a no relativizar la voluntad de Dios y las leyes de vida que Él nos ha dado. Una cuestión particularmente dolorosa, lo sabemos bien, es la de los divorciados y vueltos a casar. La Iglesia, que no puede oponerse a la voluntad de Cristo, mantiene con firmeza el principio de la indisolubilidad del matrimonio, rodeando siempre del mayor afecto a quienes, por los más variados motivos, no llegan a respetarla. No se pueden aceptar, pues, las iniciativas que tienden a bendecir las uniones ilegítimas. La Exhortación Apostólica Familiaris consortio ha indicado el camino abierto por una concepción respetuosa de la verdad y de la caridad.

Queridos Hermanos, sé bien que los jóvenes están en el centro de vuestras preocupaciones. Les dedicáis mucho tiempo, y hacéis bien. Como bien sabéis, acabo de encontrarme con una multitud de ellos en Sidney, durante la Jornada Mundial de la Juventud. He apreciado su entusiasmo y su capacidad para dedicarse a la oración. Incluso viviendo en un mundo que les halaga y estimula sus bajos instintos, cargando ellos también el lastre bien pesado de herencias difíciles de asumir, los jóvenes conservan una lozanía de espíritu que me ha admirado. He hecho un llamamiento a su sentido de responsabilidad, invitándoles a apoyarse siempre en la vocación que Dios les concedió el día de su Bautismo. "Nuestra fuerza es lo que Cristo quiere de nosotros", decía el Cardenal Jean-Marie Lustiger. Durante su primer viaje a Francia, mi venerado Predecesor transmitió a los jóvenes de vuestro País un mensaje que no ha perdido nada de su actualidad, y que fue acogido entonces con un fervor inolvidable. "La permisividad moral no hace feliz al hombre", proclamó en el Parque de los Príncipes entre aplausos atronadores. El buen sentido que inspiró esa sana reacción de su auditorio, no ha muerto. Ruego al Espíritu Santo que hable al corazón de todos los fieles y, en general, al de todos vuestros compatriotas, para darles -o hacerles ver- el gusto de llevar una vida según los criterios de una felicidad verdadera.

En el Eliseo, mencioné el otro día la originalidad de la situación francesa, que la Santa Sede desea respetar. En efecto, estoy convencido de que las Naciones nunca deben aceptar que desaparezcan lo que forma su identidad propia. En una familia, sus miembros, aun teniendo el mismo padre y la misma madre, no son sujetos indiferenciados, sino personas con su propia individualidad. Esto vale también para los Países, que han de estar atentos a salvaguardar y desarrollar su propia cultura, sin dejarse absorber nunca por otras o ahogarse en una insulsa uniformidad. "La nación es, en efecto -retomando las palabras del Papa Juan Pablo II- la gran comunidad de los hombres qué están unidos por diversos vínculos, pero sobre todo, precisamente, por la cultura. La nación existe ‘por’ la cultura y ‘para’ la cultura, y así es ella la gran educadora de los hombres para que puedan ‘ser más’ en la comunidad" (Discurso a la UNESCO, 2 de junio de 1980, n. 14). En esta perspectiva, resaltar las raíces cristianas de Francia permitirá a cada uno de los habitantes de este País comprender mejor de dónde viene y adónde va. Por tanto, en el marco institucional vigente y con el máximo respeto por las leyes en vigor, habrá que encontrar una nueva manera de interpretar y vivir en lo cotidiano los valores fundamentales sobre los que se ha edificado la identidad de la Nación. Vuestro Presidente ha hecho alusión a esta posibilidad. Los presupuestos sociopolíticos de la antigua desconfianza o incluso de hostilidad se desvanecen paulatinamente. La Iglesia no reivindica el puesto del Estado. No quiere sustituirle. La Iglesia es una sociedad basada en convicciones, que se sabe responsable de todos y no puede limitarse a sí misma. Habla con libertad y dialoga con la misma libertad con el deseo de alcanzar la libertad común. Gracias a una sana colaboración entre la comunidad política y la Iglesia, realizada con la conciencia y el respeto de la independencia y de la autonomía de cada una en su propio campo, se lleva a cabo un servicio al ser humano con miras a su pleno desarrollo personal y social. Diversos puntos, primicias de otros que podrán añadirse según sea necesario, han sido ya examinados y resueltos en el ámbito de la "Comisión de Diálogo entre la Iglesia y el Estado". De ésta forma parte naturalmente, en virtud de la misión que le es propia y en nombre de la Santa Sede, el Nuncio Apostólico, que está llamado a seguir activamente la vida de la Iglesia y su situación en la sociedad.

Como sabéis, mis Predecesores, el Beato Juan XXIII, que fue Nuncio en París, y el Papa Pablo VI, instituyeron Secretariados que, en 1988, se convirtieron en el Consejo Pontificio para la Promoción de la Unidad de los Cristianos y en el Consejo Pontificio para el Diálogo Interreligioso. Pronto se añadieron la Comisión para las Relaciones con el Hebraísmo y la Comisión para las Relaciones Religiosas con los Musulmanes. Estas estructuras son una especie de reconocimiento institucional y conciliar de un sinnúmero de iniciativas y actividades anteriores. Comisiones o consejos similares existen ya en vuestra Conferencia Episcopal y en vuestras diócesis. Su existencia y su funcionamiento demuestran la voluntad de la Iglesia de continuar desarrollando el diálogo bilateral. La reciente Asamblea plenaria del Consejo Pontificio para el Diálogo Interreligioso ha puesto de relieve que el verdadero diálogo requiere, como condición fundamental, una buena formación en quienes lo promueven y un discernimiento clarificador para avanzar poco a poco en el descubrimiento de la Verdad. El objetivo del diálogo ecuménico e interreligioso, diferentes obviamente por su naturaleza y finalidad respectivas, es la búsqueda y la profundización de la Verdad. Se trata de una tarea noble y obligatoria para todo hombre de fe, pues Cristo mismo es la Verdad. Construir puentes entre las grandes tradiciones eclesiales cristianas y el diálogo con otras tradiciones religiosas, exige un esfuerzo real de conocimiento recíproco, porque la ignorancia destruye más que construye. Además, no es más que la Verdad la que permite vivir auténticamente el doble mandamiento del amor que nos dejó nuestro Salvador. Ciertamente, hemos de seguir con atención las diversas iniciativas emprendidas y discernir las que favorecen el conocimiento y el respeto recíproco, así como la promoción del diálogo, y evitar las que llevan a callejones sin salida. No basta la buena voluntad. Creo que es bueno comenzar por escuchar, pasar después a la discusión teológica, para llegar finalmente al testimonio y al anuncio de la misma fe (Cf. Nota doctrinal acerca de algunos aspectos de la evangelización, 3 de diciembre de 2007. n. 12). Que el Espíritu Santo os conceda el discernimiento que debe caracterizar a todo Pastor. San Pablo recomienda: "Examinadlo todo, quedándoos con lo bueno" (1 Ts 5,21). La sociedad globalizada, multicultural y multirreligiosa en que vivimos, es una oportunidad que el Señor nos da para proclamar la Verdad y llevar a la práctica el Amor, con el fin de llegar a todo ser humano sin distinción, más allá incluso de los límites de la Iglesia visible.

El año anterior a mi elección a la Sede de Pedro tuve la alegría de venir a vuestro País para presidir las ceremonias conmemorativas del sexagésimo aniversario del desembarco en Normandía. Pocas veces como entonces, sentí el apego de los hijos e hijas de Francia por la tierra de sus antepasados. Francia celebraba entonces su liberación temporal, tras una guerra cruel que se cobró muchas víctimas. Lo que conviene ahora es lograr una auténtica liberación espiritual. El hombre necesita siempre verse libre de sus temores y de sus pecados. El hombre debe aprender o reaprender constantemente que Dios no es su enemigo, sino su Creador lleno de bondad. Necesita saber que su vida tiene un sentido y que, al final de su recorrido sobre la tierra, le espera participar por siempre en la gloria de Cristo en el cielo. Vuestra misión es llevar a la porción del Pueblo de Dios confiada a vuestro cuidado al reconocimiento de este final glorioso. Quisiera que vierais aquí mi admiración y gratitud por todo lo que hacéis por avanzar en esta dirección. Estad seguros de mi oración cotidiana por cada uno de vosotros. Y creedme si os digo que nunca dejo de pedir al Señor y a su Madre que os guíen en vuestro camino.

Queridos Hermanos en el Episcopado, con alegría y emoción os encomiendo a Nuestra Señora de Lourdes y a Santa Bernadette. El poder de Dios se ha manifestado siempre en la debilidad. El Espíritu Santo ha lavado siempre la suciedad, regado lo árido, enderezado lo torcido. Cristo Salvador, que ha tenido a bien convertirnos en instrumentos para transmitir su amor a los hombres, nunca dejará de haceros crecer en la fe, la esperanza y la caridad, para daros el gozo de llevar a Él un número creciente de hombres y mujeres de nuestro tiempo. A la vez que os confío a su fuerza de Redentor, os imparto a todos y de corazón una afectuosa Bendición Apostólica.

[01421-04.02] [Texto original: Francés]

 TRADUZIONE IN LINGUA TEDESCA

Meine Herren Kardinäle,
liebe Brüder im Bischofsamt!

Zum ersten Mal seit Beginn meines Pontifikats habe ich die Freude, Euch allen gemeinsam zu begegnen. Herzlich grüße ich Euren Vorsitzenden, Kardinal André Vingt-Trois, und danke ihm für die freundlichen und tiefsinnigen Worte, die er in Eurem Namen an mich gerichtet hat. Gern begrüße ich auch die stellvertretenden Vorsitzenden sowie den Generalsekretär und seine Mitarbeiter. Von Herzen grüße ich jeden einzelnen von Euch, meine Mitbrüder im Bischofsamt, die Ihr aus ganz Frankreich und den Überseegebieten hierhergekommen seid. Meine Gedanken gehen auch an den Erzbischof von Cambrai, François Garnier, der heute in Valenciennes das 1000-Jahr-Jubiläum von „Notre-Dame du Saint-Cordon“ feiert.

Ich freue mich, heute abend in diesem Sitzungssaal „Sainte-Bernadette“ bei Euch zu sein, wo Ihr auch sonst gemeinsam betet und wo Eure Versammlungen stattfinden. Es ist ein Ort, an dem Ihr Euren Hoffnungen und Sorgen Ausdruck verleiht, und ein Schauplatz Eurer Beratungen und Eures gemeinsamen Nachdenkens. Dieser Saal liegt an einem privilegierten Ort in der Nähe der Grotte und der der Muttergottes geweihten Basiliken. Gewiß erlauben Euch die Ad-limina-Besuche, dem Nachfolger Petri regelmäßig in Rom zu begegnen, aber der Augenblick, den wir nun hier erleben, ist uns als eine Gnade gegeben, damit wir die engen Bande verstärken, die uns in der Teilhabe am selben Priestertum verbinden, das unmittelbar aus dem Priestertum Christi, des Erlösers, hervorgegangen ist. Ich ermutige Euch, Eure Arbeit in Einheit und Vertrauen fortzusetzen, in voller Gemeinschaft mit Petrus, der gekommen ist, Euren Glauben zu stärken. Sie haben es erwähnt, Eminenz, Eure und unsere Sorgen sind in dieser Zeit sehr zahlreich! Ich weiß, daß es Euch am Herzen liegt, im kürzlich durch die Neuordnung der Kirchenprovinzen festgelegten Rahmen mit ganzem Einsatz tätig zu werden, und ich freue mich sehr darüber. Ich möchte diese Gelegenheit nutzen, um gemeinsam mit Euch über einige Themen nachzudenken, die, wie ich weiß, im Zentrum Eurer Aufmerksamkeit stehen.

Die Kirche – die eine, heilige, katholische und apostolische Kirche – hat Euch durch die Taufe geboren. Sie hat Euch in ihren Dienst berufen; Ihr habt ihr Euer Leben geschenkt, zunächst als Diakone und Priester, dann als Bischöfe. Ich bringe Euch meine tiefe Wertschätzung zum Ausdruck für diese Hingabe Eurer Person: ungeachtet der Größe der Aufgabe, die deren Ehre unterstreicht – honor, onus! –, erfüllt Ihr gegenüber der Euch anvertrauten Herde treu und demütig Eure dreifache Aufgabe des Lehrens, Leitens und Heiligens, im Licht der Konstitution Lumen gentium (Nr. 25-28) und des Dekrets Christus Dominus. Als Nachfolger der Apostel stellt Ihr Christus an der Spitze der Euch anvertrauten Diözesen dar, und Ihr bemüht Euch, in ihnen das vom heiligen Paulus vorgezeichnete Bild des Bischofs zu verwirklichen; auf diesem Weg müßt Ihr stets wachsen, damit Ihr immer mehr „das Gute liebt, gastfreundlich, besonnen, gerecht, fromm und beherrscht seid, euch an das wahre Wort der Lehre haltet, in Übereinstimmung mit der gesunden Lehre“ (vgl. Tit 1,8–9). Das christliche Volk soll Euch mit Zuneigung und Respekt begegnen. Von Anfang an hat die christliche Tradition diesen Punkt betont: „Denn alle, die Gott und Jesus Christus angehören, stehen auf seiten des Bischofs“, schrieb der heilige Ignatius von Antiochien (An die Philadelphier 3,2). Und er fügte hinzu: „Jeden nämlich, den der Herr des Hauses schickt zur Verwaltung seines Hauses, den müssen wir so aufnehmen wie den Sendenden selbst“ (An die Epheser 6,1). Eure vor allem geistliche Sendung besteht also darin, die notwendigen Bedingungen dafür zu schaffen, daß die Gläubigen – und ich zitiere erneut den heiligen Ignatius – „mit einer Stimme durch Jesus Christus dem Vater lobsingen“ (ebd., 4,2) können und auf diese Weise ihr Leben zu einer Opfergabe für Gott machen.

Ihr seid zu Recht überzeugt davon, daß die Katechese von grundlegender Bedeutung ist, um in jedem Getauften den „Geschmack an Gott“ und das Verständnis für den Sinn des Lebens wachsen zu lassen. Die zwei wichtigsten Mittel, die Euch zur Verfügung stehen, der Katechismus der Katholischen Kirche und der Katechismus der Bischöfe Frankreichs, sind wertvolle Hilfen. Sie bieten eine harmonische Synthese des katholischen Glaubens und erlauben, das Evangelium in einer wirklichen Treue zu seinem Reichtum zu verkünden. Katechese ist nicht zuerst eine Sache der Methode, sondern des Inhalts, wie der Name selbst besagt: es handelt sich um ein organisches Erfassen (kat-echein) der Gesamtheit der christlichen Offenbarung, die dem Verstand und dem Herz das Wort dessen vorzulegen vermag, der sein Leben für uns hingegeben hat. So läßt die Katechese im Herzen jedes Menschen immer den einen, unablässig erneuerten Ruf erklingen: „Folge mir nach!“ (Mt 9,9). Eine sorgfältige Vorbereitung der Katecheten wird eine unverkürzte Weitergabe des Glaubens ermöglichen, nach dem Vorbild des heiligen Paulus, dem größten Katecheten aller Zeiten, auf den wir während dieses 2000-Jahr-Jubiläums seiner Geburt mit besonderer Bewunderung blicken. Mitten in den Sorgen des Apostolats mahnte er: „Es wird eine Zeit kommen, in der man die gesunde Lehre nicht erträgt, sondern sich nach eigenen Wünschen immer neue Lehrer sucht, die den Ohren schmeicheln, und man wird der Wahrheit nicht mehr Gehör schenken, sondern sich Fabeleien zuwenden“ (2 Tim 4,3-4). Im Bewußtsein des großen Realismus seiner Vorhersagen bemüht Ihr Euch, mit Demut und Beharrlichkeit seinen Empfehlungen zu entsprechen: „Verkünde das Wort, tritt dafür ein, ob man es hören will oder nicht … in unermüdlicher und geduldiger Belehrung“ (2 Tim 4,2).

Um diese Aufgabe wirksam zu erfüllen, braucht Ihr Mitarbeiter. Aus diesem Grund verdienen es die Berufungen zum Priestertum und zum geweihten Leben, mehr denn je ermutigt zu werden. Ich bin über die Initiativen unterrichtet, die voll Glauben in diesem Bereich unternommen werden, und es liegt mir am Herzen, all denen meine Unterstützung zuzusagen, die keine Angst haben, so wie Christus junge oder weniger junge Menschen einzuladen, sich in den Dienst des Meisters zu stellen, der da ist und sie ruft (vgl. Joh 11,28). Ich möchte von Herzen allen Familien, Pfarrgemeinden, christlichen Gemeinschaften und kirchlichen Bewegungen danken, die der gute Boden sind, der die gute Frucht (vgl. Mt 13,8) der Berufungen bringt, und sie ermutigen. In diesem Zusammenhang möchte ich meiner Dankbarkeit Ausdruck verleihen für die unzähligen Gebete der wahren Jünger Christi und seiner Kirche, darunter Priester, Ordensmänner und -frauen, alte Menschen und Kranke, auch Gefangene, die durch Jahrzehnte hindurch ihre Gebete zu Gott haben aufsteigen lassen, um das Gebot Jesu zu erfüllen: „Bittet also den Herrn der Ernte, Arbeiter für seine Ernte auszusenden“ (Mt 9,38). Der Bischof und die Gemeinschaften der Gläubigen müssen, insoweit es sie betrifft, die Berufungen zum Priestertum und zum geweihten Leben fördern und annehmen und sich auf die vom Heiligen Geist geschenkte Gnade stützen, um die notwendige Unterscheidung hinsichtlich ihrer Berufung vorzunehmen. Ja, liebe Mitbrüder im Bischofsamt, hört nicht auf, zum Priestertum oder zum geweihten Leben einzuladen, genauso wie Petrus auf Geheiß des Meisters seine Netze auswarf, obwohl er die ganze Nacht gearbeitet hatte, ohne etwas zu fangen (vgl. Lk 5,5).

Man wird nicht oft genug wiederholen können, daß das Priestertum für die Kirche unentbehrlich ist, im Interesse der Laien selbst. Die Priester sind ein Geschenk Gottes an die Kirche. In dem, was die ihnen eigene Sendung betrifft, können die Priester ihre Aufgaben nicht den Gläubigen übertragen. Liebe Brüder im Bischofsamt, ich lade Euch ein, weiterhin fürsorglich Euren Priestern zu helfen, in einer tiefen inneren Einheit mit Christus zu leben. Ihr geistliches Leben ist das Fundament ihres Apostolats. Daher werdet Ihr sie behutsam zum täglichen Gebet ermahnen und zu einer würdigen Feier der Sakramente, vor allem der Eucharistie und des Sakramentes der Versöhnung, wie es der heilige Franz von Sales bei seinen Priestern tat. Jeder Priester soll sich darüber freuen können, der Kirche zu dienen. Hört nicht auf, mit dem heiligen Pfarrer von Ars, einem Sohn Eures Landes und Patron aller Pfarrer der ganzen Welt, zu wiederholen, daß ein Mensch nichts Größeres tun kann, als den Gläubigen den Leib und das Blut Jesu zu reichen und die Sünden zu vergeben. Wendet Eure Aufmerksamkeit ihrer menschlichen, intellektuellen und spirituellen Bildung zu sowie auch ihrem materiellen Unterhalt. Bemüht Euch trotz der Last Eurer Tätigkeiten, Euch regelmäßig mit ihnen zu treffen und sie als Brüder und Freunde zu empfangen (vgl. Lumen Gentium 28, Christus Dominus 16). Die Priester brauchen Euer Wohlwollen, Eure Ermutigung und Eure Fürsorge. Seid ihnen nahe und widmet den Priestern, die in Schwierigkeiten, die krank oder betagt sind, Eure besondere Aufmerksamkeit (Christus Dominus 16). Vergeßt nicht, daß sie, wie es das Zweite Vatikanische Konzil unter Verwendung der wundervollen Formulierung des heiligen Ignatius von Antiochien in seinem Brief an die Magnesier sagt, „der geistliche Kranz des Bischofs“ (vgl. Lumen Gentium 41) sind.

Der liturgische Gottesdienst ist der höchste Ausdruck des priesterlichen und bischöflichen Lebens wie auch der katechetischen Unterweisung. Eure Aufgabe der Heiligung der Gläubigen, liebe Brüder, ist unerläßlich für das Wachstum der Kirche. Im Motu Proprio Summorum Pontificum wurde ich dazu geführt, die Bedingungen für die Ausübung dieser Aufgabe zu präzisieren im Hinblick auf die Möglichkeit der Benutzung sowohl des Meßbuchs des seligen Johannes XXIII. (1962) als auch des Meßbuchs Papst Pauls VI. (1970). Einige Früchte dieser neuen Anordnungen haben sich schon gezeigt, und ich hoffe, daß die unerläßliche Beruhigung der Gemüter Gott sei Dank voranschreitet. Ich kann die Schwierigkeiten ermessen, denen Ihr begegnet, aber ich zweifle nicht daran, daß Ihr in absehbarer Zeit zu für alle befriedigenden Lösungen gelangen könnt, damit das nahtlose Gewand Christi nicht weiter zerrissen wird. Niemand ist in der Kirche überflüssig. Jeder, ohne Ausnahme, muß sich in ihr „zu Hause“ und niemals abgewiesen fühlen. Gott, der alle Menschen liebt und nicht will, daß einer von ihnen verloren geht, vertraut uns diese Sendung an und macht uns zu den Hirten seiner Schafe. Wir können ihm nur danken für die Ehre und das Vertrauen, das er uns entgegenbringt. Bemühen wir uns daher, stets Diener der Einheit zu sein!

Welche anderen Bereiche erfordern besondere Aufmerksamkeit? Die Antworten können je nach Diözese unterschiedlich ausfallen, aber es gibt sicher ein Problem, das überall von besonderer Dringlichkeit ist: die Situation der Familie. Wir wissen, daß Ehepaare und Familien heute wahrhaften Stürmen entgegentreten. Die Worte des Evangelisten hinsichtlich des Bootes im Sturm auf dem See können auch auf die Familie übertragen werden: „Die Wellen schlugen in das Boot, so daß es sich mit Wasser zu füllen begann“ (Mk 4,37). Die Faktoren, die diese Krise hervorgerufen haben, sind wohlbekannt, und deshalb werde ich mich nicht damit aufhalten, sie aufzuzählen. Seit mehreren Jahrzehnten haben in verschiedenen Ländern Gesetze die Natur der Familie als Urzelle der Gesellschaft relativiert. Oft versuchen die Gesetze eher, sich den Lebensgewohnheiten und Forderungen von Einzelpersonen oder Sondergruppen anzupassen, als das Gemeinwohl der Gesellschaft zu fördern. Die dauerhafte Bindung eines Mannes und einer Frau – hingeordnet auf den Aufbau eines irdischen Glücks dank der Geburt von Kindern, die ein Geschenk Gottes sind – ist nach Ansicht einiger nicht mehr das Vorbild, auf das sich das Eheversprechen bezieht. Indessen lehrt die Erfahrung, daß die Familie das feste Fundament ist, auf dem die gesamte Gesellschaft ruht. Darüber hinaus weiß der Christ, daß die Familie auch die Keimzelle der Kirche ist. Je mehr die Familie vom Geist und von den Werten des Evangeliums durchdrungen ist, desto mehr wird die Kirche selbst dadurch bereichert und besser auf ihre Berufung antworten. Überdies kenne und ermutige ich sehr die von Euch unternommenen Anstrengungen, Eure Unterstützung den verschiedenen Vereinigungen zukommen zu lassen, die mit ihrer Tätigkeit den Familien beistehen. Zu Recht haltet Ihr – auch um den Preis, gegen den Strom zu schwimmen – an den Prinzipien fest, die die Stärke und die Größe des Ehesakramentes ausmachen. Die Kirche will der ihr von ihrem Gründer, unserem Meister und Herrn Jesus Christus, anvertrauten Sendung unverbrüchlich treu bleiben. Sie hört nicht auf, mit Ihm zu wiederholen: „Was aber Gott verbunden hat, das darf der Mensch nicht trennen!“ (Mt 19,6). Die Kirche hat sich diese Sendung nicht selbst gegeben: sie hat sie empfangen. Sicher kann niemand das Vorhandensein manchmal sehr schmerzlicher Prüfungen leugnen, die einige Familien durchmachen. Diese Familien in Schwierigkeiten müssen begleitet werden, es muß ihnen geholfen werden, die Größe der Ehe zu verstehen, und sie müssen ermutigt werden, den Willen Gottes und die Gebote des Lebens, die er uns gegeben hat, nicht zu relativieren. Besonders schmerzlich ist, wie wir wissen, das Problem der wiederverheirateten Geschiedenen. Die Kirche, die sich dem Willen Christi nicht widersetzen kann, hält unverbrüchlich an dem Prinzip der Unauflöslichkeit der Ehe fest, bringt aber zugleich große Zuneigung denjenigen Männern und Frauen entgegen, denen es aus verschiedenen Gründen nicht gelingt, es zu befolgen. Deshalb können Initiativen, die die Segnung von illegitimen Verbindungen anstreben, nicht zugelassen werden. Das Apostolische Schreiben Familiaris consortio hat den Weg gewiesen, der uns durch eine Denkweise, die die Wahrheit und die Liebe achtet, eröffnet wird.

Ich weiß sehr wohl, liebe Brüder, daß die Jugendlichen im Zentrum Eurer Sorgen stehen. Ihr widmet ihnen viel Zeit, und Ihr tut dies zu Recht. So bin ich, wie Ihr sehen konntet, vielen von ihnen im Rahmen des Weltjugendtages in Sydney begegnet. Ich habe ihre Begeisterung und ihre Fähigkeit, sich dem Gebet zu widmen, geschätzt. Obwohl sie in einer Welt leben, die sie hofiert und ihren niedrigen Instinkten schmeichelt, und sie auch selbst die große Last eines schwer anzunehmenden Erbes tragen, bewahren die Jugendlichen eine Frische des Geistes, die meine Bewunderung hervorgerufen hat. Ich habe an ihr Verantwortungsbewußtsein appelliert und sie eingeladen, sich stets auf die Berufung zu stützen, die Gott ihnen am Tag ihrer Taufe geschenkt hat. „Unsere Stärke liegt in dem, was Christus von uns will“, hat Kardinal Jean-Marie Lustiger gesagt. Während seiner ersten Reise nach Frankreich hat mein verehrter Vorgänger eine Ansprache an die Jugendlichen Eures Landes gerichtet, die nichts von ihrer Aktualität verloren hat und die damals mit unvergeßlicher Begeisterung aufgenommen wurde. „Der moralische Permissivismus macht die Menschen nicht glücklich“, rief er im Parc-des-Princes unter stürmischem Beifall aus. Der gesunde Menschenverstand, der die natürliche Reaktion seiner Zuhörerschaft bewirkt hat, ist nicht tot. Ich bete zum Heiligen Geist, daß er zu den Herzen aller Gläubigen spricht und überhaupt zu allen Euren Landsleuten, damit er ihnen den Geschmack an einem nach den Kriterien eines wahren Glücks geführten Lebens schenke oder wieder schenke.

Im Elysee-Palast habe ich vorgestern die Besonderheit der französischen Situation erwähnt, die der Heilige Stuhl respektieren möchte. Denn ich bin überzeugt, daß die Nationen nie akzeptieren dürfen, daß das, was ihre eigene Identität ausmacht, verschwindet. Die Tatsache, daß die verschiedenen Mitglieder einer Familie denselben Vater und dieselbe Mutter haben, bedeutet nicht, daß sie sich nicht voneinander unterscheiden: in Wirklichkeit sind es Personen mit einer je eigenen Individualität. Das gleiche gilt für die Länder, die darüber wachen müssen, ihre eigene Kultur zu bewahren und zu entwickeln, ohne sie je von anderen vereinnahmen oder in einer farblosen Einförmigkeit untergehen zu lassen. „Die Nation ist in der Tat“, um mit den Worten von Papst Johannes Paul II. zu sprechen, „die große Gemeinschaft der Menschen, die geeint sind durch verschiedene Bande, aber vor allem gerade durch die Kultur. Die Nation besteht ›durch‹ die Kultur und ›für‹ die Kultur. Sie ist deshalb die große Erzieherin der Menschen zu dem, was sie ›mehr sein‹ könnten in der Gemeinschaft“ (Ansprache vor der UNESCO, 2. Juni 1980, 14). In dieser Hinsicht wird die Hervorhebung der christlichen Wurzeln Frankreichs jedem Bewohner dieses Landes erlauben, besser zu verstehen, woher er kommt und wohin er geht. Folglich muß im Rahmen der bestehenden Institutionen und unter voller Achtung der geltenden Gesetze ein neuer Weg gefunden werden, um im Alltag die grundlegenden Werte, auf denen die Identität der Nation aufgebaut ist, auszulegen und zu leben. Euer Präsident hat auf diese Möglichkeit hingewiesen. Die gesellschaftspolitischen Voraussetzungen für das alte Mißtrauen oder sogar für Feindseligkeit verschwinden allmählich. Die Kirche beansprucht für sich nicht die Stelle des Staates. Sie will sich nicht an die Stelle des Staates setzen. Sie ist eine auf Überzeugungen gegründete Gemeinschaft, die sich für das Ganze verantwortlich weiß und sich nicht auf sich selbst beschränken kann. Sie spricht mit Freiheit und tritt mit derselben Freiheit in den Dialog ein in dem Wunsch, den Aufbau der allgemeinen Freiheit zu erreichen. Dank einer gesunden Zusammenarbeit zwischen den politisch Verantwortlichen und der Kirche – durchgeführt im Bewußtsein und in der Achtung der Unabhängigkeit und Autonomie im jeweils eigenen Bereich – wird dem Menschen ein Dienst erwiesen, der auf seine volle persönliche und gesellschaftliche Entfaltung abzielt. Zahlreiche Punkte – je nach Notwendigkeit werden diesen weitere folgen – sind in der „Einrichtung für den Dialog zwischen Kirche und Staat“ schon geprüft worden und haben eine Lösung gefunden. Zu diesem Gremium gehört kraft seiner Mission und im Namen des Heiligen Stuhls der Apostolische Nuntius, der dazu gerufen ist, das Leben der Kirche und ihre Situation in der Gesellschaft aktiv zu begleiten.

Wie Ihr wißt, haben meine Vorgänger – der selige Johannes XXIII., ehemaliger Nuntius in Paris, und Papst Paul VI. – Sekretariate eingerichtet, die dann 1988 zum „Päpstlichen Rat zur Förderung der Einheit der Christen“ und zum „Päpstlichen Rat für den Interreligiösen Dialog“ geworden sind. Bald kamen die „Kommission für die religiösen Beziehungen mit dem Judentum“ und die „Kommission für die religiösen Beziehungen mit dem Islam“ hinzu. Diese Einrichtungen sind in gewisser Weise eine institutionelle, vom Konzil ausgehende Anerkennung zahlreicher früherer Initiativen und Aktivitäten. Ähnliche Kommissionen und Räte gibt es im übrigen auch in Eurer Bischofskonferenz und in Euren Diözesen. Deren Vorhandensein und deren Tätigkeit zeigen den Wunsch der Kirche, auf diesem Weg voranzuschreiten und den bilateralen Dialog zu entfalten. Die kürzlich stattgefundene Vollversammlung des Päpstlichen Rats für den Interreligiösen Dialog hat unterstrichen, daß ein echter Dialog als grundlegende Bedingungen eine gute Ausbildung derer erfordert, die ihn fördern, und eine klare Unterscheidungsgabe, um allmählich im Entdecken der Wahrheit voranzuschreiten. Der Zweck des ökumenischen sowie des interreligiösen Dialogs, die sich sicherlich ihrer Natur und ihrer jeweiligen Zielsetzung nach voneinander unterscheiden, ist die Suche und die Vertiefung der Wahrheit. Es handelt sich um eine edle und für jeden gläubigen Menschen verpflichtende Aufgabe, weil Christus selbst die Wahrheit ist. Das Bauen von Brücken zwischen den großen christlichen kirchlichen Traditionen und der Dialog mit anderen religiösen Traditionen erfordern ein reales Bemühen um gegenseitiges Kennenlernen, denn die Unkenntnis zerstört mehr als sie aufbaut. Darüber hinaus ist es allein die Wahrheit, die erlaubt, das Doppelgebot der Liebe, das uns unser Erlöser hinterlassen hat, in echter Weise zu leben. Sicher ist es notwendig, die verschiedenen unternommenen Initiativen aufmerksam zu verfolgen und diejenigen zu erkennen, die die gegenseitige Kenntnis und Achtung sowie den Dialog fördern, und andere, die in eine Sackgasse führen, zu vermeiden. Der gute Wille allein reicht nicht aus. Ich bin überzeugt, daß es zunächst des Zuhörens bedarf, um dann zur theologischen Diskussion überzugehen und schließlich zur Bezeugung und Verkündigung des Glaubens selbst zu gelangen (vgl. Lehrmäßige Note zu einigen Aspekten der Evangelisierung, 3. Dezember 2007, 12). Der Heilige Geist schenke Euch die Gabe der Unterscheidung, die jeden Hirten auszeichnen muß. Der heilige Paulus rät: „Prüft alles, und behaltet das Gute!“ (1 Thess 5,21). Die globalisierte, plurikulturelle und plurireligiöse Gesellschaft, in der wir leben, ist eine Gelegenheit, die der Herr uns schenkt, um die Wahrheit zu verkünden und die Liebe zu üben, um ohne Unterschied jeden Menschen zu erreichen, auch jenseits der Grenzen der sichtbaren Kirche.

Im Jahr vor meiner Wahl auf den Stuhl Petri hatte ich die Freude, Euer Land zu besuchen, um den Feiern zum Gedenken an den 60. Jahrestag der Landung der alliierten Truppen in der Normandie vorzustehen. Selten habe ich so wie damals die treue Verbundenheit der Söhne und Töchter Frankreichs mit dem Land ihrer Vorfahren gespürt. Frankreich feierte damals seine zeitliche Befreiung am Ende eines grausamen Krieges, der zahlreiche Opfer gefordert hatte. Jetzt ist es vor allem notwendig, für eine spirituelle Befreiung tätig zu sein. Der Mensch hat es immer nötig, befreit zu werden von seinen Ängsten und Sünden. Der Mensch muß unaufhörlich lernen oder wieder lernen, daß Gott nicht sein Feind ist, sondern sein gütiger Schöpfer. Der Mensch braucht das Wissen, daß sein Leben einen Sinn hat und daß er am Ende seines irdischen Daseins erwartet wird, um auf ewig an der Herrlichkeit Christi im Himmel teilzuhaben. Eure Sendung besteht darin, den Eurer Sorge anvertrauten Teil des Gottesvolkes zur Erkenntnis dieses herrlichen Zieles zu führen. Nehmt hier den Ausdruck meiner Bewunderung und Dankbarkeit entgegen für alles, was Ihr in dieser Richtung unternehmt. Seid meines täglichen Gebetes für jeden von Euch versichert. Ihr dürft ebenso sicher sein, daß ich den Herrn und seine Mutter unablässig bitte, Euch auf Eurem Weg zu führen.

Mit Freude und innerer Bewegung vertraue ich Euch, liebe Brüder im Bischofsamt, Unserer Lieben Frau von Lourdes und der heiligen Bernadette an. Die Macht Gottes hat sich immer in der Schwachheit gezeigt. Der Heilige Geist hat immer das reingewaschen, was befleckt war, getränkt, was dürre war, gelenkt, was in die Irre ging. Christus, unser Erlöser, der aus uns Werkzeuge der Mitteilung seiner Liebe zu den Menschen machen wollte, wird niemals aufhören, Euch im Glauben, in der Hoffnung und in der Liebe wachsen zu lassen, um Euch die Freude zu schenken, eine zunehmende Zahl von Männern und Frauen unserer Zeit zu ihm zu führen. Indem ich Euch der Kraft des Erlösers anvertraue, erteile ich Euch allen von ganzem Herzen und mit großer Zuneigung den Apostolischen Segen.

[01421-05.01] [Originalsprache: Französisch]

[B0572-XX.04]