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VIAGGIO APOSTOLICO DI SUA SANTITÀ BENEDETTO XVI IN FRANCIA IN OCCASIONE DEL 150° ANNIVERSARIO DELLE APPARIZIONI DI LOURDES (12-15 SETTEMBRE 2008) (II), 12.09.2008


ACCOGLIENZA UFFICIALE ALL’AEROPORTO DI PARIGI-ORLY  

All’arrivo all’aeroporto di Parigi-Orly, previsto poco dopo le ore 11, il Santo Padre Benedetto XVI è accolto dal Presidente della Repubblica Francese, Sig. Nicolas Sarkozy, dal Primo Ministro francese, Sig. François Fillon, e dall’Arcivescovo di Parigi, Em.mo Card. André Vingt-Trois. Sono inoltre presenti per la Chiesa francese, il Presidente, i due Vice-Presidenti ed il Segretario generale della Conferenza Episcopale, con i Vescovi Ausiliari di Parigi.

Dopo l’accoglienza ufficiale all’aeroporto di Parigi-Orly, il Papa si trasferisce in auto alla Nunziatura Apostolica di Parigi. Quindi si reca all’Eliseo per la Cerimonia di benvenuto.

[01426-01.01]

VISITA DI CORTESIA AL PRESIDENTE DELLA REPUBBLICA FRANCESE

Alle ore 12.25 il Santo Padre Benedetto XVI arriva all’Eliseo dove viene accolto dal Presidente della Repubblica Francese, Sig. Nicolas Sarkozy. Dopo il picchetto d’onore e l’esecuzione degli inni, ha luogo il colloquio privato del Papa con il Presidente, seguito dallo scambio dei doni e dalle foto ufficiali.

Contemporaneamente al colloquio del Santo Padre con il Presidente francese, si svolge in un’altra sala dell’Eliseo, l’incontro tra il Primo Ministro François Fillon ed il Segretario di Stato, Em.mo Card. Tarcisio Bertone, al quale prendono parte il Sostituto per gli Affari Generali, S.E. Mons. Fernando Filoni, il Segretario per i Rapporti con gli Stati, S.E. Mons. Dominique Mamberti, ed il Nunzio Apostolico in Francia, S.E. Mons. Fortunato Baldelli.

Al termine, il Presidente Nicolas Sarkozy accompagna il Santo Padre al Salone delle Feste dove vengono pronunciati i discorsi e presentate le rispettive Delegazioni.

[01427-01.01]

INCONTRO CON LE AUTORITÀ DELLO STATO ALL'ÉLYSÉE 

  DISCORSO DEL SANTO PADRE

  TRADUZIONE IN LINGUA ITALIANA

  TRADUZIONE IN LINGUA INGLESE

  TRADUZIONE IN LINGUA SPAGNOLA

  TRADUZIONE IN LINGUA TEDESCA

Alle ore 13, nel Salone delle Feste dell’Eliseo, ha luogo l’incontro del Santo Padre Benedetto XVI con le Autorità dello Stato.
Dopo il discorso del Presidente della Repubblica francese, Sig. Nikolas Sarkozy, il Papa pronuncia il discorso che riportiamo di seguito:

  DISCORSO DEL SANTO PADRE

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis !

Foulant le sol de France pour la première fois depuis que la Providence m'a appelé sur le Siège de Pierre, je suis ému et honoré de l’accueil chaleureux que vous me réservez. Je vous suis particulièrement reconnaissant, Monsieur le Président, pour l’invitation cordiale que vous m’avez faite à visiter votre pays ainsi que pour les paroles de bienvenue que vous venez de m’adresser. Comment ne pas me souvenir de la visite que Votre Excellence m'a rendue au Vatican voici neuf mois ? A travers vous, je salue tous ceux et toutes celles qui habitent ce pays à l'histoire millénaire, au présent riche d'événements et à l'avenir prometteur. Qu'ils sachent que la France est très souvent au cœur de la prière du Pape, qui ne peut oublier tout ce qu'elle a apporté à l'Église au cours des vingt derniers siècles ! La raison première de mon voyage est la célébration du 150e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie, à Lourdes. Je désire me joindre à la foule des innombrables pèlerins du monde entier, qui convergent au cours de cette année vers le sanctuaire marial, animés par la foi et par l’amour. C'est une foi, c’est un amour que je viens célébrer ici dans votre pays, au cours des quatre journées de grâce qu'il me sera donné d'y passer.

Mon pèlerinage à Lourdes devait comporter une étape à Paris. Votre capitale m'est familière et je la connais assez bien. J'y ai souvent séjourné et j'y ai lié, au fil des ans, en raison de mes études et de mes fonctions antérieures, de bonnes amitiés humaines et intellectuelles. J'y reviens avec joie, heureux de l’occasion qui m'est ainsi donnée de rendre hommage à l'imposant patrimoine de culture et de foi qui a façonné votre pays de manière éclatante durant des siècles et qui a offert au monde de grandes figures de serviteurs de la Nation et de l'Église dont l'enseignement et l'exemple ont franchi tout naturellement vos frontières géographiques et nationales pour marquer le devenir du monde. Lors de votre visite à Rome, Monsieur le Président, vous avez rappelé que les racines de la France - comme celles de l'Europe - sont chrétiennes. L'Histoire suffit à le montrer : dès ses origines, votre pays a reçu le message de l'Évangile. Si les documents font parfois défaut, il n'en reste pas moins que l'existence de communautés chrétiennes est attestée en Gaule à une date très ancienne : on ne peut rappeler sans émotion que la ville de Lyon avait déjà un évêque au milieu du IIe siècle et que saint Irénée, l'auteur de l'Adversus haereses, y donna un témoignage éloquent de la vigueur de la pensée chrétienne. Or, saint Irénée venait de Smyrne pour prêcher la foi au Christ ressuscité. Lyon avait un évêque dont la langue maternelle était le grec : y a-t-il plus beau signe de la nature et de la destination universelles du message chrétien ? Implantée à haute époque dans votre pays, l'Église y a joué un rôle civilisateur auquel il me plaît de rendre hommage en ce lieu. Vous y avez-vous-même fait allusion dans votre discours au Palais du Latran en décembre dernier et de nouveau aujourd’hui. Transmission de la culture antique par le biais des moines, professeurs ou copistes, formation des cœurs et des esprits à l'amour du pauvre, aide aux plus démunis par la fondation de nombreuses congrégations religieuses, la contribution des chrétiens à la mise en place des institutions de la Gaule, puis de la France, est trop connue pour que je m'y attarde longtemps. Les milliers de chapelles, d'églises, d'abbayes et de cathédrales qui ornent le cœur de vos villes ou la solitude de vos campagnes disent assez combien vos pères dans la foi ont voulu honorer Celui qui leur avait donné la vie et qui nous maintient dans l'existence.

De nombreuses personnes en France se sont arrêtées pour réfléchir sur les rapports de l'Église et de l'État. Sur le problème des relations entre la sphère politique et la sphère religieuse, le Christ même avait déjà offert le principe d’une juste solution lorsqu'il répondit à une question qu'on Lui posait : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mc 12,17). L’Église en France jouit actuellement d’un régime de liberté. La méfiance du passé s'est transformée peu à peu en un dialogue serein et positif, qui se consolide toujours plus. Un nouvel instrument de dialogue existe depuis 2002 et j'ai grande confiance en son travail, car la bonne volonté est réciproque. Nous savons que restent encore ouverts certains terrains de dialogue qu'il nous faudra parcourir et assainir peu à peu avec détermination et patience. Vous avez d'ailleurs utilisé, Monsieur le Président, la belle expression de «laïcité positive» pour qualifier cette compréhension plus ouverte. En ce moment historique où les cultures s’entrecroisent de plus en plus, je suis profondément convaincu qu’une nouvelle réflexion sur le vrai sens et sur l’importance de la laïcité est devenue nécessaire. Il est en effet fondamental, d’une part, d’insister sur la distinction entre le politique et le religieux, afin de garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l’État envers eux, et d’autre part, de prendre une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu’elle peut apporter, avec d’autres instances, à la création d’un consensus éthique fondamental dans la société.

Le Pape, témoin d'un Dieu aimant et Sauveur, s'efforce d'être un semeur de charité et d'espérance. Toute société humaine a besoin d'espérance, et cette nécessité est encore plus forte dans le monde d’aujourd’hui qui offre peu d'aspirations spirituelles et peu de certitudes matérielles. Les jeunes sont ma préoccupation majeure. Certains d’entre eux peinent à trouver une orientation qui leur convienne ou souffrent d’une perte de repères dans leur famille. D’autres encore expérimentent les limites d’un communautarisme religieux. Parfois marginalisés et souvent abandonnés à eux-mêmes, ils sont fragiles et ils doivent affronter seuls une réalité qui les dépasse. Il est donc nécessaire de leur offrir un bon cadre éducatif et de les encourager à respecter et à aider les autres, afin qu’ils arrivent sereinement à l'âge responsable. L'Église peut apporter dans ce domaine sa contribution spécifique. La situation sociale occidentale, hélas marquée par une avancée sournoise de la distance entre les riches et les pauvres, me soucie aussi. Je suis certain qu'il est possible de trouver de justes solutions qui, dépassant l'aide immédiate nécessaire, iront au cœur des problèmes afin de protéger les faibles et de promouvoir leur dignité. À travers ses nombreuses institutions et par ses activités, l'Église, tout comme de nombreuses associations dans votre pays, tente souvent de parer à l'immédiat, mais c'est à l'État qu'il revient de légiférer pour éradiquer les injustices. Dans un cadre beaucoup plus large, Monsieur le Président, l'état de notre planète me préoccupe aussi. Avec grande générosité, Dieu nous a confié le monde qu'il a créé. Il faudra apprendre à le respecter et à le protéger davantage. Il me semble qu'est arrivé le moment de faire des propositions plus constructives pour garantir le bien des générations futures.

L'exercice de la Présidence de l'Union Européenne est l'occasion pour votre pays de témoigner de l'attachement de la France aux droits de l'homme et à leur promotion pour le bien de l'individu et de la société. Lorsque l'Européen verra et expérimentera personnellement que les droits inaliénables de la personne humaine, depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle, ainsi que ceux relatifs à son éducation libre, à sa vie familiale, à son travail, sans oublier naturellement ses droits religieux, lorsque donc cet Européen saisira que ces droits, qui constituent un tout indissociable, sont promus et respectés, alors il comprendra pleinement la grandeur de la construction de l'Union et en deviendra un artisan actif. La charge qui vous incombe, Monsieur le Président, n'est pas facile. Les temps sont incertains, et c'est une entreprise ardue de trouver la bonne voie parmi les méandres du quotidien social et économique, national et international. En particulier, devant le danger de l’émergence d’anciennes méfiances, de tensions et d’oppositions entre les Nations, dont nous sommes aujourd’hui les témoins préoccupés, la France, historiquement sensible à la réconciliation des peuples, est appelée à aider l’Europe à construire la paix dans ses frontières et dans le monde entier. À cet égard, il est important de promouvoir une unité qui ne peut pas et ne veut pas être une uniformité, mais qui est capable de garantir le respect des différences nationales et des diverses traditions culturelles qui constituent une richesse dans la symphonie européenne, en rappelant d’autre part que « l’identité nationale elle-même ne se réalise que dans l’ouverture aux autres peuples et à travers la solidarité envers eux » (Exhortation apostolique Ecclesia in Europa, n. 112). J’exprime ma confiance que votre pays contribuera toujours plus à faire progresser ce siècle vers la sérénité, l'harmonie et la paix.

Monsieur le Président, chers amis, je désire une fois encore vous exprimer ma gratitude pour cette rencontre. Je vous assure de ma fervente prière pour votre belle Nation afin que Dieu lui concède paix et prospérité, liberté et unité, égalité et fraternité. Je confie ces vœux à l'intercession maternelle de la Vierge Marie, patronne principale de la France. Que Dieu bénisse la France et tous les Français !

[01409-03.02] [Texte original: Français]

  TRADUZIONE IN LINGUA ITALIANA

Signor Presidente,
Signore e Signori,
cari amici!

Ponendo piede per la prima volta sul suolo di Francia dopo che la Provvidenza mi ha chiamato alla Sede di Pietro, mi sento commosso e onorato per l’accoglienza calorosa che mi avete riservato. A Lei, Signor Presidente, sono particolarmente grato per il cordiale invito fattomi a visitare il Suo Paese, così come per le gentili parole di benvenuto che mi ha ora rivolto. Come non ricordare la visita che Vostra Eccellenza mi ha reso in Vaticano nove mesi or sono? Attraverso la Sua persona, saluto tutti coloro che abitano questo Paese dalla storia millenaria, dal presente ricco di eventi e dal futuro promettente. Sappiano che la Francia è molto spesso al centro della preghiera del Papa, il quale non può dimenticare tutto ciò che essa ha apportato alla Chiesa nel corso di venti secoli! La ragione principale del mio viaggio è la celebrazione del 150° anniversario delle apparizioni della Vergine Maria a Lourdes. Desidero unirmi alla folla degli innumerevoli pellegrini del mondo intero, che nel corso di quest’anno convergono verso il santuario mariano, animati dalla fede e dall’amore. È una fede, è un amore che vengo a celebrare qui, nel vostro Paese, nel corso delle quattro giornate di grazia che mi sarà dato di passarvi.

Il mio pellegrinaggio a Lourdes doveva prevedere una sosta a Parigi. La vostra capitale mi è familiare e la conosco molto bene. In essa ho sovente sostato e, nel corso degli anni, in ragione dei miei studi e delle mie precedenti mansioni, vi ho intrecciato buone amicizie umane e intellettuali. Vi ritorno quindi con gioia, lieto dell’occasione che mi è così offerta di rendere omaggio all’imponente patrimonio di cultura e di fede che ha plasmato il vostro Paese in modo splendido durante secoli e che ha offerto al mondo grandi figure di servitori della Nazione e della Chiesa, il cui insegnamento ed esempio hanno naturalmente oltrepassato i confini geografici e nazionali per contrassegnare il divenire del mondo. In occasione della Sua visita a Roma, Signor Presidente, Ella ha ricordato che le radici della Francia - come quelle dell’Europa – sono cristiane. Basta la storia a dimostrarlo: fin dalle origini il Suo Paese ha ricevuto il messaggio del Vangelo. Se i documenti fanno a volte difetto, resta comunque il fatto che l’esistenza di comunità cristiane nella Gallia è attestata in data molto antica: non si può ricordare senza emozione che la città di Lione aveva un Vescovo già nella metà del II secolo e che sant’Ireneo, l’autore dell’Adversus haereses, vi rese una testimonianza eloquente del vigore del pensiero cristiano. Ora, sant’Ireneo era venuto da Smirne per predicare la fede nel Cristo risorto. Lione aveva dunque un Vescovo la cui lingua materna era il greco: vi può essere un segno più bello della natura e della destinazione universale del messaggio cristiano? La Chiesa, impiantata in epoca antica nel Suo Paese, vi ha svolto un ruolo civilizzatore al quale mi piace rendere omaggio in questo luogo. Ella stessa vi ha fatto allusione nel Suo discorso al Palazzo del Laterano nel dicembre scorso e di nuovo oggi. Trasmissione della cultura antica attraverso monaci, professori e copisti, formazione dei cuori e degli spiriti all’amore del povero, aiuto ai più sprovveduti mediante la fondazione di numerose Congregazioni religiose, il contributo dei cristiani al consolidarsi delle istituzioni della Gallia, poi della Francia, è troppo conosciuto perché mi ci dilunghi. Le migliaia di cappelle, di chiese, di abbazie, e di cattedrali che adornano il cuore delle città o la solitudine delle campagne dicono abbastanza su come gli antichi padri nella fede hanno voluto onorare Colui che aveva loro donato la vita e che ci conserva nell’esistenza.

Numerose persone, anche qui in Francia, si sono soffermate a riflettere sui rapporti tra Chiesa e Stato. In verità, sul problema delle relazioni tra sfera politica e sfera religiosa Cristo aveva già offerto il criterio di fondo in base al quale trovare una giusta soluzione. Lo fece quando, rispondendo ad una domanda che gli era stata posta, affermò: "Rendete a Cesare ciò che è di Cesare e a Dio ciò che è di Dio" (Mc 12,17). La Chiesa in Francia gode attualmente di un regime di libertà. La diffidenza del passato si è trasformata poco a poco in un dialogo sereno e positivo, che si consolida sempre di più. Un nuovo strumento di dialogo esiste dal 2002 ed io ho grande fiducia nel suo lavoro, perché la buona volontà è reciproca. Sappiamo che restano ancora aperti certi territori di dialogo che dovremo percorrere e bonificare poco a poco con determinazione e pazienza. Lei ha del resto utilizzato, Signor Presidente, la bella espressione di "laicità positiva" per qualificare questa comprensione più aperta. In questo momento storico in cui le culture si incrociano tra loro sempre di più, sono profondamente convinto che una nuova riflessione sul vero significato e sull’importanza della laicità è divenuta necessaria. E’ fondamentale infatti, da una parte, insistere sulla distinzione tra l’ambito politico e quello religioso al fine di tutelare sia la libertà religiosa dei cittadini che la responsabilità dello Stato verso di essi e, dall’altra parte, prendere una più chiara coscienza della funzione insostituibile della religione per la formazione delle coscienze e del contributo che essa può apportare, insieme ad altre istanze, alla creazione di un consenso etico di fondo nella società.

Il Papa, testimone di un Dio che ama e che salva, si sforza di essere un seminatore di carità e di speranza. Ogni umana società ha bisogno di speranza e questa necessità è ancora più forte nel mondo d’oggi che offre poche aspirazioni spirituali e poche certezze materiali. I giovani sono la mia preoccupazione più grande. Alcuni di loro faticano a trovare un orientamento che loro convenga o soffrono di una perdita di riferimenti nella loro famiglia. Altri ancora sperimentano i limiti di un comunitarismo religioso condizionante. Messi a volte ai margini e spesso abbandonati a se stessi, sono fragili e devono affrontare da soli una realtà che li supera. E’ dunque necessario offrire loro un solido quadro educativo e incoraggiarli a rispettare e ad aiutare gli altri, così che arrivino serenamente all’età matura. La Chiesa, in questo campo, può recare il suo contributo specifico. Anche la situazione sociale del mondo occidentale, segnata purtroppo da una tacita progressione della distanza tra ricchi e poveri, mi preoccupa. Sono certo che è possibile trovare soluzioni giuste che, andando oltre l’aiuto immediato necessario, giungano al cuore dei problemi nell’intento di proteggere i deboli e di promuovere la loro dignità. Attraverso le sue numerose istituzioni e iniziative la Chiesa, come del resto numerose associazioni nel Suo Paese, cerca spesso di provvedere alle necessità immediate, ma è allo Stato che spetta di legiferare per sradicare le ingiustizie. In una cornice molto più larga, Signor Presidente, mi dà pensiero anche lo stato del nostro pianeta. Con grande generosità Dio ci ha affidato il mondo da Lui creato. E’ urgente imparare a rispettarlo e a proteggerlo meglio. Mi sembra che sia venuto il momento di fare delle proposte più costruttive per garantire il benessere delle generazioni future.

L’esercizio della Presidenza dell’Unione Europea costituisce per il Suo Paese l’occasione di testimoniare l’attaccamento della Francia, secondo la sua nobile tradizione, ai diritti dell’uomo e alla loro promozione per il bene dell’individuo e della società. Quando il cittadino europeo vedrà e sperimenterà personalmente che i diritti inalienabili della persona umana, dal concepimento fino alla morte naturale, come anche quelli relativi all’educazione libera, alla vita familiare, al lavoro, senza dimenticare naturalmente i diritti religiosi, quando dunque il cittadino europeo si renderà conto che questi diritti, che costituiscono un tutto indissociabile, sono promossi e rispettati, allora comprenderà pienamente la grandezza dell’edificio dell’Unione e ne diverrà un attivo artefice. Il compito che Le incombe, Signor Presidente, non è facile. I tempi sono incerti ed è una impresa ardua trovare la strada buona in mezzo ai meandri del quotidiano sociale ed economico, nazionale e internazionale. In particolare, di fronte al pericolo del riemergere di vecchie diffidenze, tensioni e contrapposizioni tra Nazioni, di cui oggi siamo preoccupati testimoni, la Francia, storicamente sensibile alla riconciliazione tra i popoli, è chiamata ad aiutare l’Europa a costruire la pace dentro i suoi confini e nel mondo intero. E’ importante, a tale riguardo, promuovere un’unità che non può e non vuole divenire uniformità, ma che è capace di garantire il rispetto delle differenze nazionali e delle diverse tradizioni culturali, che costituiscono una ricchezza nella sinfonia europea, rammentando, d’altra parte, che "la stessa identità nazionale non si realizza se non nell’apertura verso gli altri popoli e attraverso la solidarietà con essi" (Esort. Ap. Ecclesia in Europa, n.112). Esprimo la mia fiducia che il Suo Paese contribuirà sempre di più a far progredire questo secolo verso la serenità, l’armonia e la pace.

Signor Presidente, cari amici, desidero ancora una volta esprimervi la mia gratitudine per questo incontro. Vi assicuro che non mancherò di pregare intensamente per la vostra bella Nazione, affinché Dio le conceda pace e prosperità, libertà e unità, uguaglianza e fraternità. Affido questi voti all’intercessione materna della Vergine Maria, Patrona principale della Francia. Che Dio benedica la Francia e tutti i Francesi!

[01409-01.02] [Testo originale: Francese]

  TRADUZIONE IN LINGUA INGLESE

Mr President,
Ladies and Gentlemen,
Dear Friends,

Standing here on French soil for the first time since Providence called me to the See of Peter, I am moved and honoured by the warm reception which you have extended to me. I am particularly grateful to you, Mr President, for the cordial invitation to visit your country and for the courteous words of welcome which you have just offered me. The visit which Your Excellency paid to me in the Vatican nine months ago is still fresh in my memory. Through you I extend my greetings to all the men and women who live in this country, which boasts a history of a thousand years, a present marked by a wealth of activity, and a future of promise. I wish them to know that France is often at the heart of the Pope’s prayers; he cannot forget all that she has contributed to the Church in the course of twenty centuries! The principal reason for my visit is the one hundred and fiftieth anniversary of the apparitions of the Virgin Mary at Lourdes. It is my desire to join the multitude of countless pilgrims from the whole world who during this year are converging on the Marian shrine, filled with faith and love. It is this faith and this love that I will celebrate here in your land during these four days of grace which have been granted to me.

My pilgrimage to Lourdes has included a stop in Paris. Your capital city is familiar to me, and I know it rather well. I have stayed here often and over the years, because of my studies and in my former roles, have developed good personal and intellectual friendships. I return with joy, glad to have this occasion to pay tribute to the impressive heritage of culture and faith that has shaped your country’s outstanding history, and has nurtured great servants of the Nation and the Church, whose teaching and example have naturally reached far beyond the geographical borders of your nation, leaving their mark on the course of world history. During your visit to Rome, Mr President, you called to mind that the roots of France – like those of Europe – are Christian. History itself offers sufficient proof of this: from its origins, your country received the Gospel message. Even though documentary evidence is sometimes lacking, the existence of Christian communities in Gaul is attested from a very early period: it is moving to recall that the city of Lyons already had a Bishop in the mid-second century, and that Saint Irenaeus, the author of Adversus Haereses, gave eloquent witness there to the vigour of Christian thought. Saint Irenaeus came from Smyrna to preach faith in the Risen Christ. This Bishop of Lyons spoke Greek as his mother tongue. Could there be a more beautiful sign of the universal nature and destination of the Christian message? The Church, established at an early stage in your country, played a civilizing role to which I am pleased to pay tribute on this occasion. You yourself made reference to it during your address at the Lateran Palace last December, and again today. The transmission of the culture of antiquity through monks, professors and copyists, the formation of hearts and spirits in love of the poor, the assistance given to the most deprived by the foundation of numerous religious congregations, the contribution of Christians to the establishment of the institutions of Gaul, and later France, all of this is too well known for me to dwell on it. The thousands of chapels, churches, abbeys and cathedrals that grace the heart of your towns or the tranquillity of your countryside speak clearly of how your fathers in faith wished to honour him who had given them life and who sustains us in existence.

Many people, here in France as elsewhere, have reflected on the relations between Church and State. Indeed, Christ had already offered the basic principle for a just solution to the problem of relations between the political sphere and the religious sphere when, in answer to a question, he said: "Render to Caesar the things that are Caesar’s, and to God the things that are God’s" (Mk 12:17). The Church in France currently benefits from a "regime of freedom". Past suspicion has been gradually transformed into a serene and positive dialogue that continues to grow stronger. A new instrument of dialogue has been in place since 2002, and I have much confidence in its work, given the mutual good will. We know that there are still some areas open to dialogue which we will have to pursue and redevelop step by step with determination and patience. You yourself, Mr President, have used the fine expression "laïcité positive" to characterize this more open understanding. At this moment in history when cultures continue to cross paths more frequently, I am firmly convinced that a new reflection on the true meaning and importance of laïcité is now necessary. In fact, it is fundamental, on the one hand, to insist on the distinction between the political realm and that of religion in order to preserve both the religious freedom of citizens and the responsibility of the State towards them; and, on the other hand, to become more aware of the irreplaceable role of religion for the formation of consciences and the contribution which it can bring to – among other things – the creation of a basic ethical consensus in society.

The Pope, as witness of a God who loves and saves, strives to be a sower of charity and hope. All of human society needs hope. This hope is all the more necessary in today’s world which offers few spiritual aspirations and few material certainties. My greatest concern is for young people. Some of them are struggling to find the right direction, or are suffering from a loss of connection with their families. Still others are experiencing the limits of religious communitarianism. Sometimes on the margins and often left to themselves, they are vulnerable and must come to terms on their own with a reality that often overwhelms them. It is necessary to offer them a sound educational environment and to encourage them to respect and assist others if they are to develop serenely towards the age of responsibility. The Church can offer her own specific contribution in this area. I am also concerned by the social situation in the Western world, marked sadly by a surreptitious widening of the distance between rich and poor. I am certain that just solutions can be found that go beyond the necessary immediate assistance and address the heart of the problems, so as to protect the weak and promote their dignity. The Church, through her many institutions and works, together with many other associations in your country, often attempts to deal with immediate needs, but it is the State as such which must enact laws in order to eradicate unjust structures. From a broader perspective, Mr President, I am also concerned about the state of our planet. With great generosity, God has entrusted to us the world that he created. We must learn to respect and protect it more. It seems to me that the time has come for more constructive proposals so as to guarantee the good of future generations.

Your country’s Presidency of the European Union gives France the opportunity to bear witness – in accord with her noble tradition – to human rights and to their promotion for the good of individuals and society. When Europeans see and experience personally that the inalienable rights of the human person from conception to natural death – rights to free education, to family life, to work, and naturally those concerned with religion – when Europeans see that these rights, which form an inseparable unity, are promoted and respected, then they will understand fully the greatness of the enterprise that is the European Union, and will become active artisans of the same. The responsibility entrusted to you, Mr President, is not easy. These are uncertain times, and it is an arduous task to find the right path among the meanderings of day-to-day social, economic, national and international affairs. In particular, as we face the danger of a resurgence of old suspicions, tensions, and conflicts among nations – which we are troubled to be witnessing today – France, which historically has been sensitive to reconciliation between peoples, is called to help Europe build up peace within her boarders and throughout the world. In this regard, it is important to promote a unity that neither can nor desires to become a uniformity, but rather is able to guarantee respect for national differences and different cultural traditions, which amount to an enrichment of the European symphony, remembering at the same time that "national identity itself can only be achieved in openness towards other peoples and through solidarity with them" (Ecclesia in Europa, 112). I express my confidence that your country will contribute increasingly to the progress of this age towards serenity, harmony and peace.

Mr President, dear friends, I wish to express once again my gratitude for this gathering. Be assured of my fervent prayers for your beautiful country, that God may grant her peace and prosperity, freedom and unity, equality and fraternity. I entrust these prayers to the maternal intercession of the Virgin Mary, principal patron of France. May God bless France and all her people!

[01409-02.02] [Original text: French]

  TRADUZIONE IN LINGUA SPAGNOLA

Señor Presidente,
Señoras y Señores,
queridos amigos

Al pisar el suelo de Francia por vez primera desde que la providencia me llamó a la Sede de Pedro, me ha emocionado y honrado la calurosa acogida que me han brindado. Le estoy muy agradecido, Señor Presidente, por la cordial invitación que me hizo para visitar su país, así como por las amables palabras de bienvenida que acaba de dirigirme. ¿Cómo no recordar la visita que Vuestra Excelencia me hizo en el Vaticano hace nueve meses? Por su medio, saludo a todos los habitantes de este país con una historia milenaria, un presente rico de acontecimientos y un porvenir prometedor. Sepan que Francia está a menudo en el corazón de la oración del Papa, que no puede olvidar lo que ella ha aportado a la Iglesia a lo largo de los pasados veinte siglos. La razón primera de mi viaje es la celebración del ciento cincuenta aniversario de las apariciones de la Virgen María, en Lourdes. Deseo unirme a la incontable muchedumbre de peregrinos de todo el mundo que llegan a lo largo de este año al santuario mariano, animados por la fe y el amor. Es una fe, es un amor que deseo celebrar en su país, durante las cuatro jornadas de gracia que podré pasar aquí.

Mi peregrinación a Lourdes debía pasar por París. Su capital me es familiar y la conozco bastante bien. A menudo he estado aquí y, a lo largo de los años, por causa de mis estudios y responsabilidades anteriores, he hecho buenas amistades humanas e intelectuales. Vuelvo con alegría, feliz por la oportunidad que se me presenta de homenajear el imponente patrimonio de cultura y de fe que ha fraguado su país de manera espléndida durante siglos y que ha dado al mundo grandes figuras de servidores de la Nación y de la Iglesia, cuyo magisterio y ejemplo han traspasado vuestras fronteras geográficas y nacionales para dejar su huella en el mundo. Durante su visita a Roma, Señor Presidente, Usted ha recordado que las raíces de Francia, como las de Europa, son cristianas. Basta la historia para demostrarlo: desde sus orígenes, su País ha recibido el mensaje del Evangelio. Aunque a veces carezcamos de documentación, consta fehacientemente la existencia de comunidades cristianas en las Galias desde una fecha muy lejana: ¡cómo no recordar sin emoción que la ciudad de Lión tenía ya obispo a mediados del siglo II y que San Ireneo, autor de Adversus haereses, dio un testimonio elocuente de la robustez del pensamiento cristiano! Ahora bien, san Ireneo vino de Esmirna para predicar la fe en Cristo resucitado. Lión tenía un obispo cuya lengua materna era el griego: ¡qué signo tan hermoso de la naturaleza y destino universales del mensaje cristiano! Implantada en época antigua en vuestro país, la Iglesia ha jugado un papel civilizador que me es grato resaltar en este lugar. Usted mismo hizo alusión a él en su discurso en el Palacio de Letrán el pasado mes de diciembre y hoy nuevamente. Transmisión de la cultura antigua a través de monjes, profesores y amanuenses, formación del corazón y del espíritu en el amor al pobre, ayuda a los más desamparados mediante la fundación de numerosas congregaciones religiosas, la contribución de los cristianos a la organización de instituciones de las Galias, posteriormente de Francia, es sabido más que de sobra para no tener que recordarlo. Los millares de capillas, iglesias, abadías y catedrales que adornan el corazón de vuestras ciudades o la soledad de vuestras tierras son signo elocuente de cómo vuestros padres en la fe quisieron honrar a Aquel que les había dado la vida y que nos mantiene en la existencia.

Numerosas personas, también aquí en Francia, se han detenido para reflexionar acerca de las relaciones de la Iglesia con el Estado. Ciertamente, en torno a las relaciones entre campo político y campo religioso, Cristo ya ofreció el criterio para encontrar una justa solución a este problema al responder a una pregunta que le hicieron afirmando: "Dad al César lo que es del César y a Dios lo que es de Dios" (Mc 12,17). La Iglesia en Francia goza actualmente de un régimen de libertad. La desconfianza del pasado se ha transformado paulatinamente en un diálogo sereno y positivo, que se consolida cada vez más. Un instrumento nuevo de diálogo existe desde el 2002 y tengo gran confianza en su trabajo porque la buena voluntad es recíproca. Sabemos que quedan todavía pendientes ciertos temas de diálogo que hará falta afrontar y afinar poco a poco con determinación y paciencia. Por otra parte, Usted, Señor Presidente, utilizó la bella expresión "laicidad positiva" para designar esta comprensión más abierta. En este momento histórico en el que las culturas se entrecruzan cada vez más entre ellas, estoy profundamente convencido de que una nueva reflexión sobre el significado auténtico y sobre la importancia de la laicidad es cada vez más necesaria. En efecto, es fundamental, por una parte, insistir en la distinción entre el ámbito político y el religioso para tutelar tanto la libertad religiosa de los ciudadanos, como la responsabilidad del Estado hacia ellos y, por otra parte, adquirir una más clara conciencia de las funciones insustituibles de la religión para la formación de las conciencias y de la contribución que puede aportar, junto a otras instancias, para la creación de un consenso ético de fondo en la sociedad.

El Papa, testigo de un Dios que ama y salva, se esfuerza por ser sembrador de caridad y esperanza. Toda sociedad humana tiene necesidad de esperanza, y esta necesidad es todavía más fuerte en el mundo de hoy que ofrece pocas aspiraciones espirituales y pocas certezas materiales. Los jóvenes son mi mayor preocupación. Algunos de ellos tienen dificultad en encontrar una orientación que les convenga o sufren una pérdida de referencia en sus familias. Otros experimentan todavía los límites de un pluralismo religioso que los condiciona. A veces marginados y a menudo abandonados a sí mismos, son frágiles y tienen que hacer frente solos a una realidad que les sobrepasa. Hay, pues, que ofrecerles un buen marco educativo y animarlos a respetar y ayudar a los otros, para que lleguen serenamente a la edad de la responsabilidad. La Iglesia puede aportar en este campo una contribución específica. La situación social de occidente, por desgracia marcada por un avance solapado de la distancia entre ricos y pobres, también me preocupa. Estoy seguro que es posible encontrar soluciones justas que, sobrepasando la inmediata ayuda necesaria, vayan al corazón de los problemas, para proteger a los débiles y fomentar su dignidad. A través de numerosas instituciones y actividades, la Iglesia, igual que numerosas asociaciones en vuestro país, trata con frecuencia de remediar lo inmediato, pero es al Estado al que compete legislar para erradicar las injusticias. En un contexto mucho más amplio, Señor Presidente, me preocupa igualmente el estado de nuestro planeta. Con gran generosidad, Dios nos ha confiado el mundo que Él ha creado. Hay que aprender a respetarlo y protegerlo aún más. Me parece que ha llegado el momento de hacer propuestas más constructivas para garantizar el bien de las generaciones futuras.

El ejercicio de la Presidencia de la Unión Europea es la ocasión para vuestro país de dar testimonio del compromiso de Francia, de acuerdo a su noble tradición, con los derechos humanos y su promoción para el bien de la persona y la sociedad. Cuando el europeo llegue a experimentar personalmente que los derechos inalienables del ser humano, desde su concepción hasta su muerte natural, así como los concernientes a su educación libre, su vida familiar, su trabajo, sin olvidar naturalmente sus derechos religiosos, cuando este europeo, por tanto, entienda que estos derechos, que constituyen una unidad indisociable, están siendo promovidos y respetados, entonces comprenderá plenamente la grandeza de la construcción de la Unión y llegará a ser su artífice activo. Señor Presidente, la tarea que os incumbe no es fácil. Los tiempos son inciertos, y es una empresa ardua vislumbrar la justa vía entre los meandros de la cotidianeidad social y económica, nacional e internacional. En particular, frente al peligro del resurgir de viejos recelos, tensiones y contraposiciones entre las Naciones, de las que hoy somos testigos con preocupación, Francia, históricamente sensible a la reconciliación entre los pueblos, está llamada a ayudar a Europa a construir la paz dentro de sus fronteras y en el mundo entero. A este respecto, es importante promover una unidad que no puede ni quiere transformarse en uniformidad, sino que sea capaz de garantizar el respeto de las diferencias nacionales y de las tradiciones culturales, que constituyen una riqueza en la sinfonía europea, recordando, por otra parte, que "la propia identidad nacional no se realiza sino es en apertura con los demás pueblos y por la solidaridad con ellos" (Exhortación Apostólica Ecclesia in Europa, n. 112). Confío que vuestro país cooperará cada vez más a que este siglo progrese hacia la serenidad, la armonía y la paz.

Señor Presidente, queridos amigos, deseo una vez más manifestar mi agradecimiento por este encuentro. Cuenten con mi plegaria ferviente por su hermosa Nación, para que Dios le conceda paz y prosperidad, libertad y unidad, igualdad y fraternidad. Encomiendo estos deseos a la intercesión maternal de la Virgen María, patrona principal de Francia. ¡Que Dios bendiga a Francia y a todos los franceses!

[01409-04.02] [Texto original: Francés]

  TRADUZIONE IN LINGUA TEDESCA

Sehr geehrter Herr Präsident,
meine Damen und Herren,
liebe Freunde!

Zum ersten Mal, seitdem die Vorsehung mich auf den Stuhl Petri berufen hat, setzte ich nun meinen Fuß auf französischen Boden. Dabei bin ich innerlich bewegt und fühle mich durch den warmherzigen Empfang, den Sie mir bereitet haben, geehrt. Ihnen, Herr Präsident, bin ich besonders dankbar für Ihre herzliche Einladung, Ihr Land zu besuchen, sowie für die freundlichen Begrüßungsworte, die Sie an mich gerichtet haben. Unvergeßlich ist mir der Besuch, den Eure Exzellenz mir vor neun Monaten im Vatikan abgestattet haben. Durch Sie grüße ich alle Bewohnerinnen und Bewohner dieses Landes mit einer Jahrtausende alten Geschichte, einer ereignisreichen Gegenwart und einer hoffnungsvollen Zukunft. Sie sollen wissen, daß Frankreich sehr oft im Mittelpunkt des Gebetes des Papstes steht, der all das, was dieses Land im Laufe von zwanzig Jahrhunderten der Kirche gegeben hat, nicht vergessen kann. Der Hauptgrund meiner Reise ist die Feier des 150. Jahrestags der Erscheinungen der Jungfrau Maria in Lourdes. Ich möchte mich der Schar der unzähligen Pilger aus aller Welt anschließen, die im Laufe dieses Jahres, von Glaube und Liebe bewegt, in diesem Marienwallfahrtsort zusammenströmen. Es ist ein Glaube, es ist eine Liebe, die ich in Ihrem Land während der vier gnadenreichen Tage, die ich hier verbringen darf, feiern werde.

Meine Pilgerfahrt nach Lourdes sollte über Paris führen. Ihre Hauptstadt ist mir vertraut, und ich kenne sie ganz gut. Ich bin oft hier gewesen und habe in ihr im Laufe der Jahre anläßlich meiner Studien und meiner vorigen Aufgaben gute menschliche und geistige Freundschaften geschlossen. Mit Freude komme ich wieder und bin glücklich über die Gelegenheit, die sich mir so geboten hat, das reiche Erbe an Kultur und Glauben zu würdigen, das über Jahrhunderte hin Ihr Land in strahlender Weise geformt und der Welt große Gestalten von Dienern der Nation und der Kirche geschenkt hat. Ihre Lehre und ihr Beispiel haben auf ganz natürliche Weise die geographischen und nationalen Grenzen überschritten, um den Lauf der Welt zu prägen. Bei Ihrem Besuch in Rom haben Sie, Herr Präsident, daran erinnert, daß die Wurzeln Frankreichs – wie die Europas – christlich sind. Es genügt die Geschichte, um das zu zeigen: Seit seinen Anfängen hat Ihr Land die Botschaft des Evangeliums empfangen. Wenn auch manchmal die Dokumente fehlen, kann doch zumindest der Bestand christlicher Gemeinden in Gallien zu einem sehr frühen Zeitpunkt nachgewiesen werden: Es ist ergreifend, wenn man bedenkt, daß die Stadt Lyon bereits in der Mitte des zweiten Jahrhunderts einen Bischof hatte und daß der heilige Irenäus, der Verfasser von Adversus haereses, darin ein beredtes Zeugnis für die Kraft des christlichen Denkens gibt. Nun, der heilige Irenäus war aus Smyrne gekommen, um den Glauben an den auferstandenen Christus zu verkünden. Lyon hatte also einen Bischof, dessen Muttersprache Griechisch war: Gibt es ein schöneres Zeichen für die universale Natur und Bestimmung der christlichen Botschaft? Bereits seit alter Zeit ist die Kirche in Ihr Land eingepflanzt und hat eine kulturstiftende Rolle gespielt, der ich an diesem Ort gerne meine Anerkennung zolle. Sie haben in Ihrer Rede im Lateranpalast im vergangenen Dezember und heute erneut selbst darauf angespielt. Die Weitergabe der antiken Kultur durch die Mönche – die Lehrmeister und Kopisten waren –, die Erziehung von Herz und Geist zur Liebe gegenüber dem Armen, die Hilfe für die Bedürftigen durch die Gründung zahlreicher Ordensgemeinschaften, der Beitrag der Christen zur Festigung der Institutionen Galliens und dann Frankreichs sind allzu bekannt, als daß ich darauf länger eingehen müßte. Die Tausenden Kapellen, Kirchen, Abteien und Kathedralen, welche die Zentren Ihrer Städte oder abgeschiedene Gegenden zieren, besagen zu genüge, wie sehr Ihre Väter im Glauben den ehren wollten, der ihnen das Leben geschenkt hatte und der uns im Sein erhält.

Viele Menschen, auch hier in Frankreich, haben ausführlich über die Beziehungen zwischen Kirche und Staat nachgedacht. In Wirklichkeit hatte zum Problem der Beziehung zwischen dem politischen und dem religiöse Bereich bereits Christus den Grundsatz für die Findung einer gerechten Lösung geliefert, als er auf eine ihm gestellte Frage antwortete: „Gebt dem Kaiser, was dem Kaiser gehört, und Gott, was Gott gehört!“ (Mk 12,17). Gegenwärtig erfreut sich die Kirche in Frankreich einer Ordnung der Freiheit. Das Mißtrauen der Vergangenheit hat sich allmählich in einen sachlichen und positiven Dialog verwandelt, der sich zunehmend festigt. Seit dem Jahr 2002 besteht ein neues Organ für den Dialog, und ich bin sehr zuversichtlich hinsichtlich seiner Arbeit, denn auf beiden Seiten ist guter Wille vorhanden. Wir wissen, daß einige Bereiche des Dialogs noch offen sind, die wir mit Entschiedenheit und Geduld nach und nach in Angriff nehmen und bereinigen müssen. Sie, Herr Präsident, haben im übrigen den schönen Ausdruck der „positiven Laizität“ benutzt, um dieses offenere Verständnis zu bezeichnen. Ich bin überzeugt, daß in dieser geschichtlichen Zeit, in der die Kulturen sich immer mehr verflechten, ein neues Nachdenken über den wahren Sinn und die Bedeutung der Laizität notwendig geworden ist. In der Tat ist es grundlegend, einerseits auf die Unterscheidung zwischen politischem und religiösem Bereich zu bestehen, um sowohl die Religionsfreiheit der Bürger als auch die Verantwortung des Staates, die er ihnen gegenüber hat, zu gewährleisten, und sich andererseits deutlicher der unersetzlichen Funktion der Religion für die Gewissensbildung bewußt zu werden und des Beitrags, den die Religion gemeinsam mit anderen zur Bildung eines ethischen Grundkonsenses innerhalb der Gesellschaft erbringen kann,.

Der Papst bemüht sich als Zeuge eines liebenden und rettenden Gottes, ein Sämann der Liebe und der Hoffnung zu sein. Jede menschliche Gesellschaft braucht Hoffnung, und dieses Bedürfnis ist in der heutigen Welt, die wenig geistliche Bestrebungen aufweist und wenig materielle Sicherheiten bietet, noch stärker. Die jungen Menschen sind meine größte Sorge. Einige von ihnen haben Mühe, eine ihnen angemessene Orientierung zu finden, oder leiden unter dem Verlust von Bezugspunkten in ihrer Familie. Andere wieder erfahren die Grenzen von religiösen Gemeinden und Gruppen. Bisweilen an den Rand der Gesellschaft gedrängt und häufig sich selbst überlassen, sind sie anfällig und müssen sich allein mit einer Wirklichkeit auseinandersetzen, die sie überfordert. Darum ist es notwendig, ihnen gute Rahmenbedingungen für die Erziehung zu bieten und sie zu gegenseitiger Achtung und Hilfe zu ermutigen, damit sie unbeschwert das Erwachsenenalter erreichen. Die Kirche kann auf diesem Gebiet ihren spezifischen Beitrag leisten. Ebenfalls besorgt bin ich über die soziale Situation der westlichen Welt, die leider durch eine schleichend wachsende Distanz zwischen Reichen und Armen gekennzeichnet ist. Ich bin sicher, daß es möglich ist, gerechte Lösungen zu finden, die über die notwendige unmittelbare Hilfe hinaus zum Kern des Problems vordringen, um die Schwachen zu schützen und ihre Würde zu fördern. Durch ihre zahlreichen Institutionen und Aktivitäten versucht die Kirche – ebenso wie viele Vereinigungen in Ihrem Land – häufig, unmittelbar Abhilfe zu schaffen, aber es ist Sache des Staates, Gesetze zu erlassen, um die Ungerechtigkeiten zu beseitigen. In einem wesentlich weiteren Rahmen, Herr Präsident, beunruhigt mich auch der Zustand unseres Planeten. In enormer Großzügigkeit hat Gott uns die von ihm erschaffene Welt anvertraut. Wir müssen lernen, sie besser zu bewahren und zu schützen. Mir scheint der Moment gekommen, konstruktivere Vorschläge zu machen, um das Wohl der kommenden Generationen zu gewährleisten.

Die Präsidentschaft der Europäischen Gemeinschaft stellt für Ihr Land eine Gelegenheit dar, die Bedeutung, die Frankreich gemäß seiner edlen Tradition den Menschenrechten und ihrer Förderung zum Wohl der einzelnen wie der Gesellschaft zumißt, zu bezeugen. Wenn der Europäer sieht und persönlich erfährt, daß die unveräußerlichen Rechte des Menschen von seiner Zeugung bis zu seinem natürlichen Tod sowie jene, die seine Erziehungsfreiheit, sein Familienleben, seine Arbeit und, selbstverständlich nicht zu vergessen, seine religiösen Rechte betreffen – wenn also der Europäer begreift, daß seine Rechte, die ein unteilbares Ganzes bilden, gefördert und respektiert werden, dann wird er vollends die Größe des Bauwerks der Union verstehen und aktiv daran mitbauen. Die Aufgabe, die Ihnen, Herr Präsident, zukommt, ist nicht leicht. Die Zeiten sind ungewiß, und es ist ein schwieriges Unterfangen, im Gewirr des sozialen und wirtschaftlichen, nationalen und internationalen Alltags den rechten Weg zu finden. Insbesondere angesichts der Gefahr eines Wiedererstehens alten Mißtrauens, von Spannungen und Gegensätzen zwischen den Nationen, was wir heute mit Sorge beobachten, ist Frankreich, das von seiner Geschichte her ein feines Gespür für die Versöhnung der Völker hat, dazu berufen, Europa zu helfen, innerhalb seiner Grenzen und auf der ganzen Welt den Frieden aufzubauen. In dieser Hinsicht ist es wichtig, eine Einheit zu fördern, die weder Einförmigkeit sein kann noch sein will, sondern die imstande ist, die Achtung vor den nationalen Unterschieden und den verschiedenen kulturellen Traditionen zu gewährleisten, die einen Reichtum innerhalb der europäischen Symphonie darstellen. Dabei ist andererseits daran zu erinnern, daß „die nationale Identität selbst nur durch die Öffnung zu anderen Völkern und durch die Solidarität mit ihnen verwirklicht werden kann“ (Nachsynodales Schreiben Ecclesia in Europa, Nr. 112). Ich äußere meine Zuversicht, daß Ihr Land immer mehr dazu beitragen wird, daß dieses Jahrhundert sich auf Ruhe, Harmonie und Frieden hin entwickelt.

Herr Präsident, liebe Freunde, noch einmal möchte ich Ihnen meinen Dank für diese Begegnung zum Ausdruck bringen. Ich versichere Sie meines inständigen Gebetes für Ihre schöne Nation, auf daß Gott ihr Frieden und Wohlergehen, Freiheit und Einheit, Gleichheit und Brüderlichkeit gewähre. Diese Wünsche vertraue ich der mütterlichen Fürsprache der Jungfrau Maria, der Hauptpatronin Frankreichs, an. Gott segne Frankreich und alle Franzosen!

[01409-05.02] [Originalsprache: Französisch]

Al termine dell’incontro, il Santo Padre lascia l’Eliseo e rientra alla Nunziatura Apostolica di Parigi.

[B0562-XX.01]